Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘piailler’

Etrange métier (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020



 

dans ton sommeil, tu dresses parfois
un petit poing revendicateur

tu cognes
à la porte de l’infini

elle s’ouvre aussitôt

impossible de refuser
à celui qui ordonne
à celui qui exige

en rêvant

***

tu joues à la marelle
sur le dos des torrents

broutes l’herbe des prés
l’héllébore et le bluet
la bourrache et l’esparcette

te lances dans de grandes conversations
avec une poignée de gravier
une gomme usée
une vieille paire de tongs

voles au-dessus de ma tête en piaillant

étrange métier
que celui de bébé

(Thierry Cazals)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

N’importe quoi (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



N’importe quoi, bien-sûr, même un rocher,
Une rose, pourra suffire à mon coeur,
Et la musique ininterrompue des étrilles
Que l’on manie à l’écurie. Ce matin
Les oiseaux piaillent comme des souris, la poule
S’épouille sur un balcon de la vallée.

(Leonardo Sinisgalli)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TU CROIS QUE ÇA VA DURER ? (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
TU CROIS QUE ÇA VA DURER ?

Et un merle qui n’en finissait pas
de piailler dans l’arbre du voisin.

Et la douceur de cette soirée exceptionnelle —
tout le monde le disait — pour la saison.

Et la rumeur particulière de la ville
(les cloches à un moment
puis les voitures une ambulance).

Tout cela avait fait
que je n’avais rien fait d’autre
que de prêter l’oreille
à toutes ces choses qui passent
comme du jour à la nuit
sans qu’on s’en aperçoive.

« Tu crois que ça va durer ? »
avais-tu dit alors
de la pièce d’à côté.

Et tes mots étaient simples
qui posaient la question
de l’évidence qui passe
dans le langage aussi
sans qu’on s’en aperçoive.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Maintenant j’écris des oiseaux (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018




    
Maintenant j’écris des oiseaux.
Je ne les vois pas venir, ne les choisis pas,
d’un coup ils sont là, sont ceci,
une nuée de mots
se posant
un
par
un

sur les fils de fer de la page,
piaillant, picotant, pluie d’ailes
et moi sans pain à leur donner, les laissant
seulement venir. Peut-être
est-ce cela un arbre

ou peut-être
l’amour.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

APAISEMENT (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



Kamisaka Sekka-1866-1942papillon

APAISEMENT

Les parfums du printemps et les rayons obliques du soleil traversent mes stores.
C’est l’heure où les bateliers commencent de faire bouillir le riz pour le repas du soir.
Des moineaux piaillent.
Un char grince.

Je bois, et mes soucis vont rejoindre les insectes ailés
qui bourdonnent dans le poudroiement vermeil du jardin.

(La Flûte de Jade)

 Illustration: Kamisaka Sekka

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Romance (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




Romance

Le bleu matin
Fait pâlir les étoiles.
Dans l’air lointain
La brume a mis ses voiles.
C’est l’heure où vont,
Au bruit clair des cascades,
Danser en rond,
Sur le pré, les Dryades.

Matin moqueur,
Au dehors tout est rose.
Mais dans mon coeur
Règne l’ennui morose.
Car j’ai parfois
A son bras, à cette heure,
Couru ce bois.
Seule à présent j’y pleure.

Le jour paraît,
La brume est déchirée,
Et la forêt
Se voit pourpre et dorée.
Mais, pour railler
La peine qui m’oppresse,
J’entends piailler
Les oiseaux en liesse.

(Charles Cros)

Illustration: Antoine Calbet

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

TRES TARD (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2015



 

TRES TARD

Piaillant â la lumière, l’oiseau s’élève
jusqu’aux cimes dorées ;
son pépiement résonne
dans l’ombre tout en bas,
comme en un puits profond
de verdure et silence.

— Il s’évanouit en sa haute chimère,
à travers de magiques lumières.
Mon coeur est l’ombre
de la profondeur qui résonne. —

***

MUY TARDE

Piando a la luz, asciende el pájaro
por las doradas copas;
y su pío resuena
en la sombra de abajo,
como en un pozo hondo
de verdor y silencio.

—Él se sume en su sueño alto,
atravesando luces medicas.
Mi corazón es sombra
del fondo resonante.—

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :