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Posts Tagged ‘pic-vert’

Qui rêve à qui? (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Qui rêve à qui?

Si je dors longtemps à l’ombre
du grand saule droit au bord de l’étang
le rêve de l’arbre entrera dans mon rêve
Mon corps feuillu frémira pour chasser
un pic-vert en train de marteler mon écorce
pendant que je retourne à l’école
en tablier noir afin d’apprendre à lire
et que la maîtresse ressemble à l’infirmière
dont je ne vois que les yeux
derrière le masque bleu
Est-ce le saule qui se rêve écolier dans la classe enfantine?
Est-ce moi qui me fais tronc branches feuilles agitées?
Ou bien la vie vivante qui mélange nos rêves?

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pas même le pic-vert (Ваshô)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Manda
    
Pas même le pic-vert
Ne toque à cette porte
Bosquet d’été

***

kitsutsuki mo
io wayaburazu
natsu kodachi

(Ваshô)

 

Recueil: Haïkus еt Notes de voyage sur le chemin étroit du nord profond
Traduction: Manda
Editions: Synchronique

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REPAS DU PIC-VERT (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    

REPAS DU PIC-VERT

Ayant disposition
à l’aigreur de la langue
elles ne disaient pourtant plus rien
des graines infimes
tombaient sur leur peau rafraîchie
et leurs lainages pauvres
elles écoutaient
le bec du pic-vert
frapper sur une écorce drue
de haut sapin
en faisant sortir les insectes
pour son repas du soir.
Mais arrivèrent d’autres oiseaux
elles en sourirent ensemble
puis se reprirent à parler fort.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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La maison d’Hélène (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




    

La maison d’Hélène

II a suffi du liseron du lierre
Pour que soit la maison d’Hélène sur la terre
Les blés montent plus haut dans la glaise du toit
Un arbre vient brouter les vitres et l’on voit
Des agneaux étendus calmement sur les marches
Comme s’ils attendaient l’ouverture de l’arche
Une lampe éparpille au loin son mimosa

Très tard les grands chemins passent sous la fenêtre
II y a tant d’amis qu’on ne sait plus où mettre
Le pain frais le soleil et les bouquets de fleurs
Le sang comme un pic-vert frappe longtemps les cœurs
Ramiers faites parler la maison buissonnière
Enneigez ses rameaux froments de la lumière
Que l’amour soit donné aux bêtes qui ont froid
À ceux qui n’ont connu que la douceur des pierres

Sous la porte d’entrée s’engouffre le bon vent
On entend gazouiller les fleurs du paravent
Le cœur de la forêt qui roule sous la table
Et l’horloge qui bat comme une main d’enfant

Je vivrai là parmi les roses du village
Avec les chiens bergers pareils à mon visage
Avec tous les sarments rejetés sur mon front
Et la belle écolière au pied du paysage.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Jeunes mortes (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




Illustration: Lionel Valot
    
Jeunes mortes

Par-delà la tiédeur enivrante des choses
il y a le doux froid, vois la ville des girouettes
les lits caressés de jeunesse fleurante dorment dans l’aube,
l’acier de l’innocence perce les coeurs adolescents
le pic-vert d’amour veille les nénuphars et tremble
les chevelures étranges montent des puits lourdes de songe,

Dans l’aube sonne et dans le sang le premier son des cloches
dans l’aube et dans le sang des cloches de vos gorges
soeurs mes sources solitaires prisonnières de toiles
l’ombre du rossignol pleure sur vos quinze ans
mortes givreuses mortes de satin blanc
mais la pierre est moins rude que l’étreinte de l’homme.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Le pic-vert (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Le pic-vert est très délicat.
Il frappe quatre coups de bec.
Le ver répond qu’il n’est pas là.
Le pic s’entête et d’un coup sec
gobe le ver qui n’est pas là.

(Claude Roy)


Illustration

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