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Posts Tagged ‘pichet’

A ceux qui sont hagards (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018




    
A ceux qui sont hagards
Dans les salles d’auberge
Et qui devant les murs
Se défont en passant
Comme autant de nuages

On essaierait en vain
De leur poser les doigts
Sur un pichet d’eau froide.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE ROULIER (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




Illustration    
    
LE ROULIER

La route va, sans espoir,
Droit entre bise et galerne :
Coteaux plus bas que les soirs
De grands vents et de lanternes.

Le roulier suit cette route
Sous les cabans étoilés,
Épie l’ombre, ruse, écoute
L’acide vent vert des blés.

Bise en proue, galerne en poupe,
Il fonce au coeur des forêts,
Mais là-bas l’attend la soupe
Et le pichet de vin frais.

Délivré des peurs mortelles,
Il claque d’un fouet vainqueur,
Et le vent ferme ses ailes
Puis se couche dans son coeur.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Versions (Eliséo Diego)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



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Versions

La mort est ce petit pichet, orné de fleurs peintes à la main,
qu’on trouve dans toutes les maisons, et qu’on ne voit jamais.
La mort est ce petit animal qui est passé dans la cour,
et dont l’illusion nous berce, dans un serrement de cœur,
qu’il n’est que le chat de la maison, le chat de d’habitude,
le chat qui est passé et que nous ne reverrons plus.

La mort est cet ami qui apparaît sur les photographies de famille,
discrètement sur un côté, et que personne jamais n’est parvenu à reconnaître.
La mort, enfin, est cette tache sur le mur
qu’un soir nous avons regardée,
sans le savoir, un peu terrifiés

(Eliséo Diego)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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Buvant seul sous la lune (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Illustration: Hiramatsu Reiji
    
Buvant seul sous la lune

Parmi les fleurs un pichet de vin
Seul à boire sans un compagnon
Levant ma coupe, je salue la lune :
Avec mon ombre, nous sommes trois
La lune pourtant ne sait point boire
C’est en vain que l’ombre me suit
Honorons cependant ombre et lune :
La joie ne dure qu’un printemps!
Je chante et la lune musarde
Je danse et mon ombre s’ébat
Éveillés, nous jouissons l’un de l’autre
Et ivres, chacun va son chemin…
Retrouvailles sur la Voie lactée :
A jamais, randonnée sans attaches !

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Eté Carioca 73 (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Eté Carioca 73

Le char du soleil promène ses roues d’incendie
sur les corps et les esprits, et les foudroie.
Restent, sous le massacre, des esquilles de conscience,
implorant, sans espoir, un pichet d’ombre.

Les arbres décolletés, allées sans arbres.
L’air est neutre, fixe, et refuse le passage
aux véhicules de la brise. Le bourdonnement de hannetons klaxons
résonne à l’intérieur de la cellule blessée.

Du sol noir mielleux éparpillé monte
le souffre des enfers en langues de feu.
La vie, ce lézard invisible dans son trou,
ou bien ce rocher brûlant où rit la verdure?

La mer s’ouvre en éventail à quelques milliers de visiteurs,
mais, courbés sous le poids de cette charge de flammes,
prenant mille formes d’effort et de pauvreté et de routine, par millions
ils se délectent de la malédiction de ce splendide été.

(Carlos Drummond de Andrade)


Nada Herman-Witkamp

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Le plus humble pichet (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016


cruche


Le plus humble pichet
sur une table d’auberge
peut devenir objet sacré:
il suffit que je m’étonne
de sa présence,
et le voilà parti,
bercé par des flots absolus

(Jean Tardieu)

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Dans la salle en bas (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2015



 

Cidre1

Dans la salle en bas
Une guêpe rôde
Autour d’un pichet de cidre entamé,
Nous n’étions plus là — et tombe ta robe
Et passe le temps où tu m’as aimé.

Qu’il brûle l’été
Aux épaules nues !
Ma soif est pareille et mon impatience
Les belles s’en vont, s’en vont inconnues
Vers Bagneux, le sable et vers ce silence
Qui clôt la chanson de ta bienvenue.

(André Hardellet)

 

 

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La neige blanche, blanche mange les yeux à faire mal (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2015



Si l’hiver, c’est l’arak et le punch aux yeux bleus,
Pour d’autres c’est le vin parfumé de cannelle,
Et d’autres vont porter dans le gîte fumeux
L’âcre commandement des étoiles cruelles.

Un peu de la chaleur naïve des brebis,
D’une basse-cour un peu de fiente chaude.
Je donnerai tout pour la vie — tant me chaut ce souci
Qu’une allumette sulfureuse me réchauffe.

Regarde : je ne tiens dans la main qu’un pichet,
Mais un froissement d’astres flatte l’ouïe fragile.
Comment ne pas aimer sous cet humble duvet
Le jaune de l’herbe et la chaleur de l’argile ?

Remuer la paille, lisser la laine sans bruit,
Avoir faim, comme un pommier l’hiver sous la bâche,
Sans but et tendrement se tendre vers autrui,
Regarder dans le vide, attendre sans relâche.

Ah ! que les conjurés en troupeau de brebis
Se hâtent dans la neige et que grince le gel !
L’hiver – absinthe et âcre fumée – vers l’abri!
L’hiver – le sel épais des affronts solennels.

Au bout d’un long bâton suspendre le falot,
Partir avec un chien sous le sel des étoiles.
Offrir à la sibylle un coq au fond d’un pot.
La neige blanche, blanche mange les yeux à faire mal.

(Ossip Mandelstam)

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