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Poésie

Posts Tagged ‘pied nu’

Rosée sur la fleur (Sylvie Lavoie)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2018



 

fleur-et-rosee

Rosée sur la fleur
Pieds nus dans l’herbe mouillée
Fraîcheur sur ma joue

(Sylvie Lavoie)

Illustration

 

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J’arrive où je suis étranger (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Louis Aragon
    
J’arrive où je suis étranger
Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger

Un jour tu passes la frontière
D’où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu’importe et qu’importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon

Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l’enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C’est le grand jour qui se fait vieux

Les arbres sont beaux en automne
Mais l’enfant qu’est-il devenu
Je me regarde et je m’étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus

Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d’antan
Tomber la poussière du temps

C’est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C’est comme une eau froide qui monte
C’est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu’on corroie

C’est long d’être un homme une chose
C’est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux

O mer amère ô mer profonde
Quelle est l’heure de tes marées
Combien faut-il d’années-secondes
A l’homme pour l’homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées

Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger

(Louis Aragon)

 

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Tu n’entendras jamais un murmure de fatigue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018




Au dortoir des ressemblances
les feuilles ont leurs pensées
Les pierres savent le bruit
doré que font les abeilles
Le jour est intimement lié
à leur désespoir à leur oreille
Pour l’air l’eau du temps
la nature danse
L’herbe dans la terre a
un pied nu qui avance
Mais tu n’entendras jamais
un murmure de fatigue

***

O ESPELHO

No dormitório das semelhanças
as folhas têm seus pensamentos
as pedras sabem o rumor
dourado que fazem as abelhas
O dia está intimamente ligado
ao seus desesperos às suas orelhas
Para o ar a água do tempo
a natureza dança
A relva na terra tem
um pé nu que avança
Mas tu não ouvirás jamais
um murmúrio de fadiga.

(Edmond Jabès)

 

 

 

 

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Il y a un monde créé par le souffle des sensations (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



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Il y a un monde créé par le souffle des sensations, de parfums et de lueurs
trouvés au bout de longs couloirs raccourcis dans l’instant.

Un monde où nous nous éveillons autres en nous-mêmes,
la certitude d’un rêve arraché colorant encore nos yeux de jour.

Un pays sans profondeur où les choses déversent
sur nous comme des vagues, nous laissant un corps d’écume.

Ce sont les oiseaux qui gardent l’accès,
le ciel est un bruit d’ailes,
la terre, un pied nu dans l’herbe.
Nous connaissons le proche d’un lointain infini.

(Heather Dohollau)

Illustration: Edward Alfred Cucuel

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LES PAS (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2015




LES PAS

Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu’ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !… tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l’apaiser,
À l’habitant de mes pensées
La nourriture d’un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d’être et de n’être pas,
Car j’ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n’était que vos pas.

(Paul Valéry)

Illustration

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