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Poésie

Posts Tagged ‘pieds nus’

Je marche pieds nus sur le sable chaud (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Je marche pieds nus
Sur le sable chaud
Sous les yeux des passants
Je brûle de la tête aux pieds

(Abbas Kiarostami)

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Les dômes de l’église à Chersonèse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Je vois sur la douane un drapeau déteint,
Une brume jaune sur la ville.
Et voici que mon coeur se serre
Avec plus de prudence ; les soupirs font mal.

Je voudrais redevenir la fille de la mer,
Les pieds nus dans ses chaussures,
Disposer mes nattes en couronne,
Chanter d’une voix qui tremble d’émotion.

Regarder encore du haut du perron
Les dômes de l’église à Chersonèse,
Et ne pas savoir que bonheur et gloire
Font sans retour se déliter les âmes.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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La petite Anne, quand elle dort (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



Les corridors où dort Anne qu’on adore
La petite Anne, quand elle dort,
Où s’en va-t-elle ?
Est-elle dedans, est-elle dehors,
Et que fait-elle ?
Pendant la récré du sommeil,
A pas de loup,
Entre la Terre et le soleil,
Anne est partout.
Les pieds nus et à tire-d’aile
Anne va faire
Les quatre cent coups dans le ciel
Anne s’affaire.
La petite Anne, quand elle dort,
Qui donc est-elle ?
Qui dort ? Qui court par-dessus bord ?
Une autre, et elle.
L’autre dort et a des ailes,
Anne dans son lit, Anne dans le ciel.

(Claude Roy)

Illustration: Michael Hiep

 

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Je n’appelle, ni ne pleure (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Jacques Muller
    
Je n’appelle, ni ne pleure, ni ne regrette rien,
tout passe comme brume de pommiers en fleurs.
Miné désormais par l’or de défloraison
je ne connaîtrai plus la jeunesse.

Tu ne battras plus comme avant
désormais, coeur transi,
plus ne t’incitera à flâner pieds nus
la terre du bouleau et du calicot.

Esprit follet qui attisa mes lèvres
comme tu te fais rare, rare aujourd’hui.
Flots d’émotion, pétulance du regard,
ô ma fraîcheur d’âme perdue.

De désirs même je deviens avare.
Ma vie ! Ou ne fut-ce qu’un songe ?
Comme si par un bruissant matin de printemps
j’eusse passé au galop sur un destrier rose.

Tous en ce monde, tous sont périssables,
lentement s’écoule le cuivre de l’érable…
Béni sois-tu néanmoins dans les siècles
toi qui es venu éclore et mourir.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Les corridors où dort Anne qu’on adore (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



Marie-Noëlle Dérobert  petite fille dort 75

Les corridors où dort Anne qu’on adore

La petite Anne, quand elle dort,
Où s’en va-t-elle ?
Est-elle dedans, est-elle dehors,
Et que fait-elle ?

Pendant la récré du sommeil,
A pas de loup,
Entre la Terre et le soleil,
Anne est partout.

Les pieds nus et à tire-d’aile
Anne va faire
Les quatre cent coups dans le ciel
Anne s’affaire.

La petite Anne, quand elle dort,
Qui donc est-elle ?
Qui dort ? Qui court par-dessus bord ?
Une autre, et elle.

L’autre dort et a des ailes,
Anne dans son lit, Anne dans le ciel.

(Claude Roy)

Illustration: Marie-Noëlle Dérobert

 

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À l’ombre d’une barque (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2017



 

À l’ombre d’une barque
hors de l’eau, endormi.

Pieds nus. Le torse au vent.
Épaules contre sable.

Contre sable, rêvant,
à l’ombre d’une barque,
hors de l’eau, et sans rames.

(Rafael Alberti)

Illustration

 

 

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Le Jardin matinal (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



Le Jardin matinal

VIENS, les heures d’amour sont furtives et rares…
Le jardin matinal est plein d’oiseaux bizarres.

Chère, je te convie à ce royal festin.
Je ne veux pas jouir seule de ce matin.

L’aube heurte le ciel comme une porte close.
Viens boire la rosée au coeur blond de la rose.

Bois la rosée ainsi qu’une fraîche liqueur.
Mon coeur est une rose et je t’offre mon coeur…

L’aube a des tons de nacre et des reflets de perle.
La joie est simple et rien n’est aussi beau qu’un merle.

Savourons cette ardeur un peu triste et pleurons
De sentir la clarté première sur nos fronts.

Viens, ma très chère… A l’est le ciel fardé chatoie,
L’herbe est douce aux pieds nus comme un tapis de soie…

Sans nous préoccuper de l’hostile destin,
Rendons grâces au ciel clément pour ce matin.

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandre de Riquer

 

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Ca existe (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



un morceau de chocolat
un quartier d’orange
et l’odeur du velours

la goût des choses
dire C’EST BON

se lécher les doigts
caresser le bois verni
plonger le bras dans l’eau glacée d’un ruisseau

ça existe

la crème à la vanille
trois notes d’accordéon
marcher pieds nus sur le sable
étonnant

la vie a envie qu’on l’aime
on dirait

(Bernard Friot)

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Pieds nus dans le liseron vert (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2016



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Pieds nus dans le liseron vert
Le héron et moi
Disputons un match d’immobilité

(Thierry Cazals)

Illustration: ArbreaPhotos

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Les poèmes que j’ai vécus dans ton corps (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2016



Les poèmes que j’ai vécus dans ton corps en silence
me redemanderont leur voix un jour, quand tu partiras.

Mais je n’aurai plus de voix pour les dire.
Parce que toi, tu avais toujours l’habitude
de marcher pieds nus dans les chambres,
puis tu te pelotonnais dans le lit,
petite boule de plumes, de soie et de flamme sauvage.

Tu croisais les mains autour de tes genoux,
laissant en évidence, par provocation,
tes plantes de pied roses et poussiéreuses.

Il faut que tu te souviennes de moi comme ça — me disais-tu;
il faut que tu te souviennes de moi comme ça avec mes pieds sales;
avec mes cheveux tombant dans les yeux
— parce que comme ça je te vois plus profondément.

Alors comment ne pas rester sans voix.
Jamais la Poésie n’a marché ainsi
sous les pommiers en fleur immaculés d’aucun paradis.

(Yannis Ritsos)

Illustration: Jacques Muller

 

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