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Poésie

Posts Tagged ‘piéger’

Formes (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Josephine Wall
    
Formes

Pourquoi sommes-nous une forme ?

Et les objets —
sont-ils piégés
dans une forme
à jamais ?

Ou voguent-ils
dans plusieurs dimensions

selon le regard

selon le moment

selon les vagues de matière
qui les ont composés ?

Pourquoi sommes-nous une forme
passagère ?

Un cri de la matière
ou le souvenir
de la première lueur du vivant ?

Étincelle et miracle

feu et brûlure
forme en dérive

sur l’océan des univers ?

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Tu crois piéger (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: René Magritte
    
Tu crois piéger le temps dans les plis de ta toge,
et la parole en toi comme un oiseau en cage.

Comme les poètes et les accoucheurs, contente-toi
d’aider ce qui vient tout seul.
Dors quand tu dors,
danse quand tu danses.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme la fable aux reflets de tendresse (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Gertrude Abercrombie
    
Comme la fable aux reflets de tendresse vous
Laisse un goût d’angoisse où vous étiez piégé,
Née du passé une ombre vient assiéger
Votre âme et passe et vous quitte défait.

Ombre ou fable vous noie dans son sillage
Car vous n’étiez allé soucieux en ce mirage
Qu’à pas de peur comme va un coupable.
Née du futur une ombre envahit tout miroir.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Lenteur des choses (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



Lenteur des choses

L’automne sait-il qu’il n’est pas le printemps
Dans la merveilleuse lenteur des choses avant la chute
Quand l’herbe est très verte et la lumière poudrée d’or
et les champs inondés piègent les oiseaux du ciel

Vivre entre les bords du temps comme dans une coupe
où la feuille sèche et courbée comme une voile
Est le fragile bateau d’une fleur de mai
Qui sait en quelle direction souffle le vent

(Heather Dohollau)

 

 

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Lenteur des choses (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



L’automne sait-il qu’il n’est pas le printemps
Dans la merveilleuse lenteur des choses avant la chute
Quand l’herbe est très verte et la lumière poudrée d’or
et les champs inondés piègent les oiseaux du ciel

Vivre entre les bords du temps comme dans une coupe
où la feuille sèche et courbée comme une voile
Est le fragile bateau d’une fleur de mai
Qui sait en quelle direction souffle le vent

(Heather Dohollau)

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César Vallejo (Miguel Espejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



poeta_vallejo

César Vallejo

Si je pouvais disposer d’un jour
– ou du moins de quelques heures –
pour courir derrière les morts
j’aurais la force et l’illusion
d’écrire enfin un vrai poème :
du pain dans la bouche de l’affamé
une béquille pour le boiteux désemparé
et le tambourinement incessant des pas
sur les ruelles désertes et graves,
où pas un ivrogne ne profère des imprécations en vain
ne lance ses insultes comme des crachats vers le ciel
vers son visage léché d’étoiles
semblable aux bâtiments désolés
et aux villes abandonnées
aux chemins insondables qui piègent les rêves,
les larmes, les espoirs et l’ombre des corps,
et les entraînent vers un éblouissant trou noir.

(Miguel Espejo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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LE POÈTE S’ACCUSE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015



LE POÈTE S’ACCUSE

Celles qui battent le linge
Et ceux qui creusent les tombeaux,
Ceux qui travaillent de la méninge
— Et ce ne sont pas les plus beaux —
Ceux qui dressent les singes
Ou piègent les corbeaux
Ils font oeuvre, tonnerre !
Ils font oeuvre, vanvole !
Mais moi ? Que puis-je faire ?
J’entends le vent qui vole,
Les grillons, les fougères
Ou les tambours d’Arcole,
Je place mon espoir
En coeurs à fonds perdus,
En araignées du soir,
En cordes de pendus…
Ne me disputez pas
Les cris de la rosée
Qui brille sous mes pas,
Les fontaines éteintes,
Les étoiles du vent,
Les mélodieuses plaintes
Que je prête aux vivants,
Laissez-moi disposer
Ma part de lune et d’aube,
Jouer, souffrir, oser
A l’écart du grand nombre,
Et puis me reposer
Sous les lourds cyprès d’ombre.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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Sauras-tu lire le manuscrit de feuilles et de silences (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



Sauras-tu lire
Le manuscrit
De feuilles et de silences
Que le temps dépose
Dans ta nuit
Pour mieux piéger
L’attente ?

Ecoute
A l’automne
La rose rouge
Poussera son dernier cri
Qu’on entendra
Jusqu’à la mer.

(Hélène Cadou)

 

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L’OREILLE (Gabrielle Marquet)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2015



Anna Karin 7386

L’OREILLE

L’oreille aux poteaux télégraphiques écorchés
j’entends le ciel frire
Le vent se piège
à ma hanche qui tremble
Ce qui se module à mes genoux
n’a pas le goût de l’archet
nettoyé à ma tempe
ni celui de l’abeille
qui veut s’envoler de ma langue

Le soleil devient os
et la plaine goudron
Par les mots fouettée
je deviens nue
guitare.

(Gabrielle Marquet)

Illustration: Anna Karin

 

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