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LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE

Une île entre tempête et bonace,
et pas autre chose, j’ai débarqué sur ta face
au premier sommeil : dorment les volcans
de noire lave, le son des narines
touchait à peine sur les côtes, antique
va-et-vient, un bruissement de marées.

Tu me tiens dans ton sommeil, et je ne puis
te mener trop longtemps, les enchantements
qui me font m’arrêter sont larves
ou signaux : qu’est-ce qui là-bas apparut
qui déjà disparaît. Est-ce moi Ariel
ou bien est-ce le vent qui brouille ton rire

dans les baies lointaines. Si tu te tournes
dans le rêve et te retournes, quel est ce besoin
maintenant du naufragé de monter
ou de descendre là où la caresse
est rixe entre deux instants, la même
que tu ne contiens pas et que tu livres à la brise.

Ainsi je me fatigue au long de tes sentiers
ardus : partout, vois, c’est une mer
maintenant d’yeux ouverts, mais c’est moi
qui t’ai vue te lever, insomnieuse, de la côte,
ce n’était pas un feu follet : les coquillages
résonnaient à ta marche marine.

***

IL SONNO DI EVANASCENTE

Un’isola tra tempesta e bonaccia,
e non altro, sbarcai sulla tua faccia
nel primo sonno : dormono i vulcani
di vera lava, il suono delle nari
toccava appena sulle coste, antico
andirivieni, un fruscio di maree.

Mi tieni nel tuo sonno, e io non posso
andarti troppo a lungo, gli incantesimi
che mi fanno fermare sono larve
o segnali : che cosa laggiù apparve
che già scompare. Sono io Ariele
o è il vento che scompiglia ora il tuo riso

nelle baie lontane. Se ti volti
nel sogno e ti rivolti, che bisogno
è questo ora del naufrago di salire
o scendere là dove la carezza
è rissa tra due attimi, la stessa
che non contieni e che doni alla brezza.

Cosi io mi stanco lungo i tuoi sentieri
impervi : dappertutto vedi è mare
ora d’occhi dischiusi, ma fui io
che vidi alzarti insonne dalla costola,
non era un fuoco fatuo : le conchiglie
risuonavano al tuo passo marino.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

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C’est l’instant qui est éternel (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Jeanie Tomanek summoningthestorm

C’est l’instant qui est éternel

C’est l’instant qui est éternel : il n’a de fin
qu’hors de lui ; et en lui explosent
et les signes et les songes, de ce qui n’est pas
le temps dont l’auréole déjà s’atténue.

Le vent qui s’est fait impétueux
fond et le feu et la cendre, il tisse
dans son contre-instant le plus sec
son repos désormais impossible.

Je suis là, lui hurles-tu, je suis là
les nids sont pleins de déplumés
qui guettent leurs ailes à l’éclair
des tempêtes. C’est ce qui reste de moi

de ces instants fatals d’une fête
renfermé dans ses immortels numéros.
Le pied déjà, ne foule plus les traces
de sa dernière mue.

Tout est sommeil, jusqu’au bonheur
Dans cette métamorphose des formes
dans leur ultime réalité — qui sait ?

(Piero Bigongiari)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Ambiguïté du témoin (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

Jeanie Tomanek scepter

Ambiguïté du témoin

Quelle est cette souffrance qui s’étale,
comme sur une tranche de ce pain doux amer
que l’enfant approche de ses lèvres,
sur l’indolence que l’âme atteint
entre bonheur et douleur?
L’absence ? Non. Entre les pôles qui s’opposent,
magique, une alliance naît,
une tension, en équilibre peut-être.
Ou est-ce la mort lente des illusions,
la risée des sons suggérés
au sein des faux pardons des hypocrites ?
Ou alors est-ce la présence du tiers
qui se reforme, de celui qui assista
plus pressé peut-être que distrait
à notre conversation qui
se perdait entre les silences
jonchés déjà de consensus suspendus
et le sourire des sens déjà en éveil.

Avant de s’éloigner, il mêla
le plus ambigu des sourires à ses regards
qu’allumait le désir. S’il est resté
quelque chose de ce feu, tandis qu’il
s’éloignait, dans une étrange mélancolie,
un tison crépitait dans les cendres.

Tel témoignage est alors une erreur
dans la tendre incohérence de Vénus
si l’espace objectif de ce « lui »
trop vite enfui alors, vide,
se remplit des ombres de ce jeu faussé
de celui qui, entre le « moi » et le « toi » triche sur l’oubli.
Étrange clapotis des ondes amères
ce colloque confond et le toi et le moi
où l’éloquence de l’être est un adieu.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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ECUME SPORE POLLEN (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016




ECUME SPORE POLLEN

Avec ses yeux ultramarins la mer regarde
se défaire le vent, les îles instaurer
une plainte d’écumes dans les baies
de tes jours heureux et malheureux.

Toute pensée a sa plainte, la lâcheté
de la terre crépite en élément
— spore, monade — ocellé, la lâcheté
sans regard regardée, fixée

dans l’éternelle défaite, plume dans l’air
ton sourire que le pétrel
répand et ne défend pas, les accalmies,
fleurs de lumière, sont, les tiennes, mes

espérances désolées, intraitables
vers un large de mains qui se serrent
sur le message des vents : déjà il dissout
les horizons en d’autres événements cachés.

***

SPUMA SPORA POLLINE

Guarda con occhi oltremarini il mare
disfarsi il venta, le isole accampare
un lamento di spume nelle baie
dei tuoi giorni felici e infelici.

Ogni pensiero ha il suo lamento, crepita
la viltà della terra in elemento
– spora, monade – occhiuto, la viltà
che non guarda ed è guardata, fissa

nell’eterno disfarsi, piuma all’aria
il tuo sorriso che la procellaria
diffonde e non difende, le accalmie,
fiori di luce, sono, tue, le mie

desolate, intrattabili speranze
in un largo di mani che si stringono
sul messaggio dei venti : già discioglie
gli orizzonti in altri oscuri eventi.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Waldemar Nobre

 

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EPIPHANIE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016


 

EPIPHANIE

Fumées, songes, un signe sur l’eau :
c’est la ligne du pêcheur, le soleil,
un reflet qui ne navigue pas, qui n’appareille pas ;
un regard qui ne parvient pas à voir, le coeur.

Sur ces extrêmes ramifications du déluge
les feux ne s’allument pas, ils fument longtemps
longtemps ; en levant la tête les rescapés
veulent-ils replacer le soleil dans le ciel ?

On dit que s’il y a un esprit il ne peut oublier,
une lumière part de la mémoire, divise la mémoire
la trouble, mais déjà sur ces frêles clartés
le soleil — ou l’hameçon, ou l’appât — trouve le bond de la proie.

***

EPIFANIA

Fumi, sogni, un segno sull’acqua :
è la lenza del pescatore, il sole,
un riflesso che non naviga, che non si stacca;
uno sguardo che non arriva a vedere, il cuore.

Su queste estreme propaggini del diluvio
i faló non si accendono, fumano a lungo
a lungo, alzando it viso gli scampati
vogliono riportare it sole in cielo ?

Dicono che se c’è una mente non puô dimenticare,
una luce parte dalla memoria, divide la memoria
la confonde, ma già su queste fragili chiarie
trova il sole — o l’amo, o l’esca — il guizzo della preda.

(Piero Bigongiari)

Illustration: René Magritte

 

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NON L’ETRE MAIS LES ETRES (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



NON L’ETRE MAIS LES ETRES

Ombre d’une ombre mais elle te désigne
elle désigne le soleil, ombre d’une ombre, des violettes
rapides attendrissent la terre, violent
l’ombre d’une ombre d’un soleil : il reste
des traces, la terre se reforme en nouveaux
modèles, ombre d’une ombre les violettes tremblent
dans le doigt dessiné sur la pierre
qui désignait quelque chose à Hiroshima.

Et toi qui penses, candide pensée, ombre
d’une ombre sur la pierre, laisse
que te ramasse, fondue, provisoire,
liquide entre les doigts, celui qui ne sait pas,
l’enfant qui regarde l’ombre et rit.
Déjà elle est à demi vide la besace, ils s’accroissent
les détritus, et l’ordre désordonne davantage
en profondeur : les pierres sourient

elles ne rient pas les lèvres déjà détachées
de l’amour, entrouvertes, prêtes
á la parole, le geste se repose
encore un peu dans le sang et déjà
se dégage pensif : mais qui,
qui donc reconnaît l’un dans l’autre
l’objet aimé et le désaimé, qui
sépare l’origine de la fin…

***

NON L’ESSERE MA GLI ESSERI

Ombra di un’ombra ma quella ti addita
addita il sole, ombra di un’ombra, viole
rapide inteneriscono la terra, violan
l’ombra di un’ombra di un sole : restano
tracce, la terra si riplasma in nuovi
modelli ombra di un’ombra le viole tremano
nel dito disegnato sulla pietra
che additava qualcosa a Hiroscima.

E tu che pensi, candido pensiero, ombra
di un’ombra sulla pietra, lascia
che ti raccatti, fuso, provvisorio,
liquido tra le dita, chi non sa,
il bambino che guarda l’ombra e ride.
Già semivuota è la bisaccia, crescono
i detriti, e più l’ordine disordina
nel profondo : sorridono le pietre

non ridono le labbra già staccate
dall’amore, semiaperte, pronte
alla parola, il gesto si riposa
ancora per poco riel sangue e già
si divincola pensieroso : chi
chi riconosce l’uno dentro l’altro
l’oggetto amato il disamato, chi
il principio separa dalla fine…

(Piero Bigongiari)

Illustration: Bernadette Mercier

 

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ENTRE URBINO ET URBANIA ET AU-DELA (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



ENTRE URBINO ET URBANIA ET AU-DELA

Entre Urbino et Urbania et au-delà
des rochers rosés te disent de ne pas penser,
des routes qui montent au sommet de la colline, de ne pas descendre,
de la vieille ferraille résonne dans les vallées
dans le colimaçon bleu de l’esprit
mains qui voletez sans aucun son.

Elle s’enroule dans l’esprit et dans le coeur
lumière qui ne sait donner d’autre amour
qu’elle-même : l’amour, une Voie Lactée un peu plus loin
que la lumière, une écharpe pour l’esprit que le coeur irrigue
de couleurs indélébiles et fait rougir jusqu’à la honte,
l’arbre violet seul là sur le pla-
teau parmi les schistes bleus de l’air.
Mais plus loin, plus haut, comme au sommet
d’un colimaçon iridescent
lumière pétrifiée qui entend autre chose
et répond à autre chose, dans son tourbillon
solide est le rien qui se ride de larmes.

Des routes tactiles, des sentiers enflammés,
les eaux tranquilles du Métaure accueillent
lacrimas rerum : toi, ne pleure pas, tu sais
que là où tu parles, s’ouvrent les angéliques
tombes : tout est à son comble si toi, tu n’as rien,
tout touche surpris ton bruissement.

***

TRA URBINO E URBANIA E OLTRE

Tra Urbino e Urbania e oltre
sassi rosati ti dicono di non pensare,
strade che salgono in cima al colle, di non scendere,
vecchi ferri suonano nelle vallate
o nella coclea azzurra della mente
maní che svolazzate senza suono.

S’arrotola nella mente e nel cuore
la luce che non sa dare altro amore
che se stessa : l’amore, una Via Lattea un po’ più in là
della luce, una sciarpa per la mente che it cuore irrora
di colon indelebili e fa arrossire fino alla vergogna,
l’albero viola solo là sul piano-
ro tra gli schisti azzurri dell’aria.
Ma più in là, più in su, come al sommo
d’una chiocciola iridescente
luce petrificata ch’altro sente
e ad altro risponde, nel suo vortice
solido è it niente che si riga di lacrime.

Strade tattili, viottoli infiammati,
onde tranquille del Metauro accolgono
lacrimas rerum : tu non piangere, sai
che ove parli, ivi s’aprono le angeliche
tombe : tutto è al colmo se tu, niente hai,
tutto tocca sorpreso il tua stormire.

(Piero Bigongiari)

Illustration

 

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Un dieu a versé des larmes (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2014



 

Toshiyuki Enoki

Un dieu a versé des larmes

Etait-ce une souffrance insensée
qui t’avait valu l’offrande
de ses larmes ? C’était comme une rosée
que la nuit aurait déposée sur les fleurs
le long de la route endolorie
des pensées les plus secrètes.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Toshiyuki Enoki

 

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J’eusse aimé que tu me suives (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2014



 

feu-rouge

J’eusse aimé que tu me suives

Voulais-je que tu me suives, ou
que tu délaisses mes traces ? Au moment où
le feu est passé au rouge
j’ai traversé, voleur que pourchassaient
ses remords. J’ai laissé derrière moi
les grandes rues, j’ai filé par les sentiers
sans issue. Je me suis retrouvé
sur des ravins de soleil, et là, sur des pics
vertigineux, j’ai attendu
que les digues eussent calmé les eaux
troublées du coeur.

(Piero Bigongiari)

 

 

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