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Poésie

Posts Tagged ‘(Pierre Della Faille)’

Le temps viendra (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017




    
Le temps viendra où nous aurons vu éclater
le temps, les distances et la vitesse

— l’absolu de la vitesse étant l’immobilité,
puisqu’on serait arrivé avant que d’être parti

(Pierre Della Faille)

 

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Problème du vent (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Problème du vent

Je suis celui qui demande aux enfants :
D’où vient le vent ?
À qui les enfants répondent :
Mais, tu vois bien, il souffle de l’ouest.

Je suis celui qui demande à l’ouest :
D’où vient le vent ?
À qui l’ouest répond :
Mais, tu vois bien, il vient de Dieu.

Je suis celui qui demande à Dieu :
D’où vient le vent ?
À qui Dieu n’a jamais répondu.

C’est à cause de cela
que je joue du trombone à coulisse.

Pour remplir ce silence.

(Pierre Della Faille)

 

Recueil: L’homme inhabitable

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L’ESPÉRANCE (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    

L’ESPÉRANCE

est morte
à Auschwitz.

(Pierre Della Faille)

 

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Char conduit (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Char conduit

Épures.
Épure d’un char conduit.
Épure d’un char lancé.
Épure du fouet.
Tracé sur la course au-delà de parois.

Une caverne où se voit à travers le corps
et les astres hagards d’une nébuleuse.

Trajectoire du poète en lambeaux.

Quête de ce qui est après avoir été au seuil d’éclairs
encore lointains
– très lointains
– qui déchirent la robe de l’instant et du désir aux yeux éteints.

Voir à travers
– voir loin
– voir à travers des lueurs encore interdites
– encore interdites même à la femme déjà vieille qui sourit.

Poésie et danse fondent l’homme imaginal
– poésie jaillie du corps total, énergie et pensée
– danse relais de la pensée dans l’harmonie des corps.

Joie et rire : reconquérir joie et rire
– ô poète qui veut voir à travers son corps
avec des yeux éteints.

(Pierre Della Faille)

 

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Ma tête est un écrou (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Ma tête est un écrou, ma main une clé anglaise.
Elsa vient d’accoucher d’un transistor.

Son cerveau est un écran, son œil un commutateur.
Elle m’offre au dîner un steak de mazout surgelé.
Où sont nos piscines d’antan ?

Le soleil nous est vendu
dans un suaire en cellophane

(Pierre Della Faille)

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Sirmione (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Sirmione

Il faisait un soleil du tonnerre
– et je pensais croiser Catulle avec des filles.

Je n’ai trouvé personne,
hors mon ombre courte dans les ruines.

Alors, je suis descendu contre le lac, pour y faire mon poème,
et j’ai jeté dans l’eau des pierres qui ont fait des ronds.

Mais je ne sais pas s’ils ont atteint, ces ronds,
le pied de la montagne, en face.

Alleluia.
Quand même.

(Pierre Della Faille)

 

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Babel (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Maarten van Heemskerck
    
Babel

Sur le chemin de la ville,
que mes électriciens avaient envahie
pour lui donner les yeux de la prochaine nuit,
je vis un homme assis qui jouait avec un bœuf d’ébène,
plus petit que mon rêve et plus grand qu’un château.

Je lui dis : «Père, as-tu froid?», car il était nu.
Il me regarda sans réponse.
Je criai : «Père, es-tu sourd? ».
Mais il ne dit rien non plus.

Quand je fus à l’auberge
où je voulais passer la nuit,
l’hôte me conduisit à l’écurie.

Dans cet étrange pays,
les gens prétendent que je suis un cheval.
C’est vrai, sans doute,
et l’homme ne peut m’avoir compris si je hennis.

Dans mon pays, pourtant,
je suis ingénieur nucléaire.

(Pierre Della Faille)

 

Recueil: L’homme inhabitable
Editions: La Fenêtre Ardente

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L’hippanthrope (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



 


    
Dans son masque à gaz, pour la science et le confort,
chacun emporte son picotin
et peut le brouter sans quitter le travail.

Qu’importe si cela tue la parole!
Tout le monde sait qu’elle n’est que source de discorde,
et seul le chef a le droit de hennir électroniquement.

(Pierre Della Faille)

 

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Le vrai poète (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Gilbert Garcin
    
Le vrai poète doit être
un déplaceur de bornes

(Pierre Della Faille)

 

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Sur l’autre rive de l’étang (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Sur l’autre rive de l’étang,
Belle en robe rouge
voltige sur son reflet
sans savoir que je l’adore,
ainsi, la tête en bas
plus belle qu’elle-même
sur le vertige de l’eau.

(Pierre Della Faille)

 

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