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Posts Tagged ‘(Pierre Gamarra)’

La pluie (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2016



La pluie

Les cent mille doigts de la pluie
tambourinent sur mon toit gris,
la pluie, la pluie, la pluie, la pluie,
berce ma grise songerie.

Elle est petite, elle est tranquille,
la pluie qui caresse la ville,
elle s’étire, elle s’effile,
chantant des romances faciles.

J’écoute ses légers ruisseaux
et je vois ses patients fuseaux
tisser les plus subtils réseaux
de dentelles d’argent et d’eau.

Pluie menue, ô pluie passagère,
tendre pluie, onde potagère,
tu t’enfuis sans plus de manières
et tu vas rêver sous la terre…

Là-bas, dans la nuit et le vent,
les vagues s’en vont déferlant
avec de sombres hurlements
et ton dos se gonfle, Océan !

(Pierre Gamarra)

 

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Visite à une maison vide (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2016



Visite à une maison vide

Je suis entré. Des songes m’attendaient,
Poussières et caramel, dans le vestibule,
Et des fantômes gris,
Et des fantômes perles.
La rampe de l’escalier me chuchotait
Milles mains.
Une portes a gémi, gémi
pour me raconter les soupirs
D’une fiancée d’autrefois,
Organdi, libellule, argent,
Bougie rose, valse défunte,
Un cheval noir devant la porte,
Une épée dans les iris noirs.

Je suis entré. Dans cette chambre
Naquirent des enfants légers,
Par des aurores de jasmin,
Par des crépuscules de menthe
Je les vois glisser sur la rampe,
Je les vois danser au matin
Et cueillir des fleurs fraternelles
Et battre des ailes, des ailes
Dans la patience de l’été.

Je suis entré. Les planchers murmuraient
Des sandales et des cothurnes
Le cuir, le cygne, le vair,
Des empreintes d’or et de feu,
Et puis, j’ai vu ces pieds nus,
Cette trace incertaine et certaine,
La poudre infime d’une peine,
Le sillage d’un désespoir,
La caresse d’une espérance
Et quelqu’un s’est mis à chanter
Du haut en bas de la maison.

(Pierre Gamarra)

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La pomme (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



ver pomme

La pomme

Une pomme rubiconde
Se pavanait, proclamant
Qu’elle était le plus beau
de tous les fruits du monde,
Le plus tendre, le plus charmant,
Le plus sucré, le plus suave,
Ni la mangue, ni l’agave,
Le melon délicieux,
Ni l’ananas, ni l’orange,
Aucun des fruits que l’on mange
Sous l’un ou l’autre des cieux,
Ni la rouge sapotille,
La fraise, ni la myrtille
N’avait sa chair exquise et sa vive couleur.
On ne pourrait jamais lui trouver une soeur.
La brise répandait alentour son arôme
Et sa pourpre éclatait sur le feuillage vert.
– « Oui, c’est vrai, c’est bien vrai! »
dit un tout petit ver
Blotti dans le creux de la pomme.

(Pierre Gamarra)

 

 

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Le cosmonaute et son hôte (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



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Le cosmonaute et son hôte

Sur une planète inconnue,
un cosmonaute rencontra
un étrange animal;
il avait le poil ras,
une tête trois fois cornue,
trois yeux, trois pattes et trois bras !
« Est il vilain! pensa le cosmonaute
en s’approchant prudemment de son hôte.
Son teint a la couleur d’une vieille échalote,
son nez a l’air d’une carotte.
Est ce un ruminant? Un rongeur? »
Soudain, une vive rougeur
colora plus encor le visage tricorne.
Une surprise sans bornes
fit chavirer ses trois yeux.
<< Quoi! Rêvé je? dit il. D’où nous vient, justes cieux,
ce personnage si bizarre sans crier gare !
Il n’a que deux mains et deux pieds,
il n’est pas tout à fait entier.
Regardez comme. il a l’air bête,
il n’a que deux yeux dans la tête !
Sans cornes, comme il a l’air sot ! »
C’était du voyageur arrivé de la Terre
que parlait l’être planétaire.
Se croyant seul parfait et digne du pinceau,
il trouvait au Terrien un bien vilain museau.
Nous croyons trop souvent que, seule, notre tête
est de toutes la plus parfaite!

(Pierre Gamarra)

 

 

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Mon cartable (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2016



Mon cartable a mille odeurs,
mon cartable sent la pomme,
le livre, l’encre, la gomme
et les crayons de couleurs.

Mon cartable sent l’orange,
le bison et le nougat,
il sent tout ce que l’on mange
et ce qu’on ne mange pas.

La figue et la mandarine,
le papier d’argent ou d’or,
et la coquille marine,
les bateaux sortant du port.

Les cow-boys et les noisettes,
la craie et le caramel,
les confettis de la fête,
les billes remplies de ciel.

Les longs cheveux de ma mère
et les joues de mon papa,
les matins dans la lumière,
la rose et le chocolat.

(Pierre Gamarra)

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Le moqueur moqué (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016



Un escargot
se croyant beau, se croyant gros,
se moquait d’une coccinelle.
Elle était mince, elle était frêle
Vraiment, avait-on jamais vu
Un insecte aussi menu!
Vint à passer une hirondelle
qui s’esbaudit du limaçon.
– Quel brimborion! s’écria-t-elle,
C’est le plus maigre du canton
Vint à passer un caneton.
– Cette hirondelle est minuscule,
voyez sa taille ridicule
dit-il d’un ton méprisant.
Or, un faisan aperçut le canard et secoua la tête:
– Quelle est cette minime bête?
au corps si drôlement bâti?
On n’a jamais vu plus petit
Un aigle qui planait, leur jeta ces paroles
– Êtes-vous fous? Êtes-vous folles?
Qui se moque du précédent
sera moqué par le suivant.
Celui qui d’un autre se moque
à propos de son bec, à propos de sa coque,
de sa taille ou de son caquet,
risque à son tour d’être moqué.

(Pierre Gamarra)

Illustration

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Maman (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



Maman

Je te souhaite…
Je te souhaite un jour de velours,
d’iris, de lis et de pervenches,
un jour de feuilles et de branches,
un jour et puis un autre jour,

un jour de blés, un jour de vignes,
un jour de figues, de muscats,
un jour de raisins délicats,
un jour de colombes, de cygnes.

Je te souhaite un jour de diamant,
de saphir et de porcelaine,
un jour de lilas et de laine,
un jour de soie, ô ma maman

et puis un autre jour encore,
léger, léger, un autre jour
jusqu’à la fin de mon amour,
une aurore et puis une aurore,

car mon amour pour toi, ma mère,
ne pourra se finir jamais
comme le frisson des ramées
comme le ciel, comme la mer…

(Pierre Gamarra)


Illustration: Dominique Delouche

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La pendule (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2016



La pendule

Je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !
On dirait que je mastique
du mastic et des moustiques
quand je sonne et quand je craque,
je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !
J’avance ou bien je recule,
tic-tac, je suis la pendule,
je brille quand on m’astique,
je ne suis pas fantastique
mais je sais l’arithmétique,
j’ai plus d’un tour dans mon sac,
je suis la pendule, tic !
je suis la pendule, tac !

(Pierre Gamarra)

 

 

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OÙ DONC EST PASSE LE FEU (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2015



Où donc est passé le feu ?
Je n’ai pas de cheminée !
Quand l’hiver au gros nez bleu
Vient à la fin de l’année,

Quand décembre blanc et noir
vient siffler devant ma porte
et quand la tempête emporte
les arbres au fond du soir,

je m’en vais à ma croisée,
je suis triste un petit peu,
je n’ai pas de cheminée.
Où donc est passé le feu ?

(Pierre Gamarra)

 

 

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