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Posts Tagged ‘(Pierre-Jean Jouve)’

O Vierge noire (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



O Vierge noire

O Vierge noire dans un temple de vent clair
Étoile de la mer sur les lieux desséchés
Rire sous les piliers de marbre du coeur mort
Princesse du matin à la nuit désolée

Tu m’as connu à l’abandon sur un banc sombre
Ton fils et recevant ta tribulation
Pleurant, et depuis là les misères en nombre
M’ont retranché de la douceur de ton rayon.

O Vierge noire dans un temple de vent clair
Je te retrouve aux mains croisées de la mémoire
Chaque nuit je me trouve au banc comme une chair
Avant que le soleil ne soulève ses moires.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

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La messagère d’un amour futur (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



La messagère d’un amour futur
S’est avancée : elle ouvre un gouffre noir
De la très noire porte et elle entend
Venir et revenir les oiseaux destructeurs

L’ennemi est partout dans l’espace et le coeur
Quel âpre ennemi celui du voyageur,
Cette nuit, errant dont les pieds désespèrent
Du sol de la lumière et de la terre !

C’est dans l’effort de plus intime nuit
Que je concentre un pas limpide et m’affranchis
Dans l’horreur et vers les animaux très clairs.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

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DRAGON (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: William Blake
    
DRAGON

L’angoisse ne me quitte avec ses bouts dorés
Ses lignes ses terrasses
La peur de ce néant que j’ai toujours couché
Dans les cheveux des mortes fastes

un cauchemar géant déploie ses replis verts
Dans sa gueule le feu des pays sous les voiles
De l’amour — et l’inutile ardeur des bleus divers
Fume vers le ciel gouffre où le jour tue l’étoile

Ô midi! c’est ici dame que tu mourus
Digne mémoire et méditation des formes
Que je n’eus point sinon par nostalgies énormes.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉCLAIREMENT (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
ÉCLAIREMENT

J’émerge alors de l’angoisse quand le soleil
Perce en se souvenant de sa droite les brumes
A la saison vieillie par les glaives du ciel
Bleu profond qui réchauffe encor les amertumes

Et me souviens : vous êtes amoureusement
Tout amoureusement à toute heure de vie
Si je sais vous aimer dès le souffle aspirant
Seulement vous aimer où votre sein supplie

la plaie! Seulement uniquement aimer
Par souffle et par poil frémissant et par penser
Votre être; et votre éternité claire et ravie.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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A SOI-МÊМЕ (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
A SOI-МÊМЕ

Écris maintenant pour le ciel
Écris pour la courbe du ciel
Ét que nul plomb de lettre noire
N’enveloppe ton écriture

Écris pour l’odeur et le vent
Écris pour la feuille d’argent
Que nulle laide face humaine
N’ait regard connaissance haleine

Écris pour le dieu et le feu
Écris pour un amour de lieu
Et que rien de l’homme n’ait place
Au vide qu’une flamme glace.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHOSES (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
CHOSES

I
Les objets ont l’immortelle tranquillité
Et l’immortel amour quand les relient les nombres
Entre l’antique ton la belle majesté
Du temps et le lieu pur l’espace en clair et sombre

Quand les formes sont nues ainsi la pleine chair
Consentante aux frissons, quand ressortent les songes
Des ornements secrets, quand un rayon d’éclair
Pressant chaque mémoire entre eux les fait répondre

Quand leur calme sortant pareil à l’oraison
Ils donnent au coeur d’homme avant qu’il ne les perde
Tout à coup sécurité consolation

Chacun est au plus haut dans les êtres qui sont
L’achèvement de leur mariage est leur superbe
Où Dieu pose la main sur la condition.

II
Chacun soucieux d’être tant
Ne prit sa fonction sa forme
Que de ce lieu où le présent
Le plaça le soumet l’informe

Sa valeur en Dieu est ce fruit
Qu’il est ici et non point la
Ne rayonnant là mais ici.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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MANDALA (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Fabrice Vacherot
    
MANDALA

Dans une contrée étrangère
Entretien sur ce qui n’est pas :
Recherche du Nom sans personne
Et de la Personne sans nom

Recherches des routes sans pont
Et de lacs où nulle eau ne sonne
Des temples bâtis sans lumière
Nuit où le soleil ruissela

Désir du membre sans moteur
De l’action sans corps de bête
De l’éternité sans pâleur

Et par le silence des fêtes
Faim du Souverain qui là-bas
Se dérobe dedans l’état.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Louons les douceurs (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
Louons les douceurs durant abandonnées à elles-mêmes
Respirant de leur peau lente afin de baiser leur objet
Louons la chose de beauté magicienne de lenteur
Et la chose de durée aussi belle à faire l’amour,
L’éternel est une main sur le haut vitrail de matière
Оù l’étincelle fut fixée avec les plus sombres des plombs
L’éternеl est le pli du sein d’une femme grande azurée
Qui ne fait point mouvement sous la caresse des anges,
Ou c’est la voix de l’ouragan dessus le toit du poète,
Alors qu’il gémit doucement du sabot de fer d’un songe.
La beauté du coeur éternel est celle que tu désires
Et la croix du coeur éternеl est cela que tu aspires.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE FEMME PARLE (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Alex Alemany
    
UNE FEMME PARLE

obélisque de la douceur
sachez que je ne vous ai
point aimé sans que je perdisse
Le sens et sans qu’un pleur de larme
De terreur eût disjoint en deux
Le mаl joint de mon coeur ouvert

Sachez que je ne vous vis point
sans perdre mon nom et ma trace
Et que ce ruisseau de désir

Dans la fosse de jeune cuisse
Je le sentis comme la mort
Incapable d’avoir un Nom

Et puis ivre de clarté fausse
Écrasée aussi de jeunesse
Qui marche comme l’éléphant
J’ai rendu les armes — gardé
Dans le moule de ma beauté
L’obélisque de la douceur.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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JEUNE FILLE (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Antoine Wiertz 
    
JEUNE FILLE

I
Amour de jeune taille
Cheveux bleus ou bien blonds dents fraîches seins mouvants
Jambes de guêpes assassines portant l’entaille
Fraîcheur de coeur insensé dans le vent!
Que vous fait un visage austère de larmes sèches, que vous fait ce visage entrevu et errant?
Enfant de jeune amant qui déjà savez tout ce qu’il faudra savoir.
Qui allez retrouver le dieu dans ses hauts langes,
Que vous donne le visage intense et d’expérience,
où se sont arrondis autant de ciels chanteurs, que la douleur acquit aux formes d’un lit noir?
Amour de volupté que vous fait la tristesse
Vous n’êtes point la femme morte ô jeune taille :
Le vent du soir, flatté d’ironie et promesse, ah! qu’il frappe pour vous le visage du chant
Et fuyez! jambes de guêpes portant l’entaille.

II
Votre grâce, ah la naissance de vos yeux
Le cri subtil silencieux de l’ensemble de votre corps quand il se pose sur l’espace qu’il charge de ses fleurs amères
La paresse de votre main entièrement pareille dans les jeux
A la servante du temple quand elle annonce les mystères;
Le désir de votre fraîcheur lorsque votre âme de raison arrive aux portes rosées
De votre bouche pour parler sinueusement parmi nos murs
De forêts encombrées et de dragons barbus avant l’orée du soir
Dont vous avez rêvé nue en les songes de votre nuit par mille essoufflements obscurs;
La caresse de votre jour étant simplement assise
Par la présence irréfutable et quand vos pointes de seins se lèvent
A chaque communion avec l’air souple de la vie où l’enfance vous est promise :
Le vague occupant votre amour et l’innocence vos chagrins.

III
Suprême dissonance géante dans la consonance de l’ог
Dans la constance d’un orchestre amour du jugement immense
Dans le déchirement d’enfance double requiem des morts
La forme du son par la mort, le sein inconnu de la mort, et le jeune ange par la mort et l’artiste entier vers la mort;
Chantant l’insouciance des seins
Chantant la promesse du règne et la valse du sourire,
Chantant le fond noir du tonnerre! alors rébellion dans les chutes, et toutes murailles de l’amer,
Chantant l’atome explorant l’horreur et l’épouvante de finir, avec impossible boussole au souffle marin du délire;

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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