Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Pierre Morhange)’

LA PLUIE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



LA PLUIE

La pluie et moi marchions
Bons camarades
Elle courait devant et derrière moi
Et je serrais notre trésor dans mon coeur
Elle chantait pour nous cacher
Elle chantait pour endormir mon coeur

Elle passait sur mon front sa peau mouillée
Et humaine ma chère pluie
Elle tendait l’oreille
Pour savoir si mon chant silencieux était anéanti

Elle me met les mains sur les épaules
Et court tant haut dans la plaine du ciel
Et tant me montre les diamants du soleil
Et tant toujours me caresse la peau
Et tant toujours me chante dans les os
Que je deviens un bon camarade

J’entonne une grande chanson
Qu’on entend et les cabarets et les oiseaux
Disent à notre passage Maintenant
Ils chantent tous les deux

(Pierre Morhange)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

NOUS NOUS ENLEVAMES (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2019



Nous nous enlevâmes
Religion nouvelle
Corridor des rues
Pour la saison de terre
Comme deux oiseaux

Hardi l’heure grave
Nous nous enlevâmes
Les bras au large
Comme une clameur

Génial sourire
Qu’est-ce qui est tombé ?

Guéris de tous les morts
Deux bons corps qui s’aiment
Voisinent et le savent.

(Pierre Morhange)


Illustration: Gilbert Garcin

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



CHANSON

Prendrai-je le train
Le train de l’abîme
II ne revient jamais
Nul ne le revoit.

Mais chaque jour un train
Un train pour l’abîme
Part avec des voyageurs.
Le prendrai-je ce soir?

Le prendrai-je un jour?
Je vais à la gare, je suis habillé
Une brève valise
Un regard ordinaire.

Ceux qui montent
Seuls savent où le train va.
Ceux qui nous accompagnent
Ne le savent pas.

Mais où vas-tu donc,?
Quand reviens-tu, papa?
Mon cher amour, écris
Jusqu’à ton retour je ne vis.

Un sifflet dans le hall
Nous déchire de vous
Et c’est être partis.
Une poignée de mains pourtant.

Et dès que les amis ne voient plus qu’eux-mêmes
Et retournent chez eux un peu amaigris
Le train de l’abîme s’enfuit comme un diable
Nous sommes entre nous dans la nuit noire.

(Pierre Morhange)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce n’était plus le même qui revenait le soir (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Je croyais les avoir perdus,
Hagard, ne pouvant plus courir,
Entendant, dernière alarme,
La cloche de mon moi dans le manteau de ma poitrine.

Et soudain je les vis
Dans la paix et heureux,
Le soleil était une casserole de cuivre,
Les arbres des buffets
Et l’herbe un doux tapis
Où des brindilles
Finissaient un ménage familier.

Alors l’angoisse, grave draperie
Descendit au-dessous
De mon théâtre affreux.
Peut-être je disparus
Ce n’était plus le même
Qui revenait le soir
Avec eux
Et pour eux.

(Pierre Morhange)


Illustration: Caspar David Friedrich

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES MAINS (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Nos deux mains
Se serraient bien
Dans ma poche de manteau

Nos deux paumes
S’aimaient bien
Le dessus de chaque main
Ressentait la laine

Que nos mains se connaissaient bien
Dans la nuit de ma poche
Bien ensemble à l’abri
Avec de petites farces

Les passants se doutaient bien
Que nos mains s’aimaient bien
Se cachaient se touchaient
Et eux rien

Ils voyaient à nos yeux à nos nez
Ce que faisaient nos mains
Et nos mains s’enroulaient
S’endormaient
Et nos corps marchaient

On se touchait
Tout à fait
Et c’était parfait
Nos mains nous suffisaient
On pouvait s’y retirer
S’y savoir s’abreuver
L’essentiel c’est se toucher

Quand nos corps se promenaient
Nos deux mains se tenaient
Nos deux corps séparés
Par nos mains se touchaient

(Pierre Morhange)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

Je sais que tu me vois (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Je sais que tu me vois
De ton train sur le pont
Ma chère voyageuse.

(Pierre Morhange)


Illustration: Paul Delvaux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

AS-TU BIEN REFLECHI ? (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



As-tu bien réfléchi ?
Tu quittes ce toit étalé,
La fumée, les fenêtres,
Les rues, les autos,
Les gueules, les faces,
Les garces, les vieilles,
Les hommes, les droits,
Les devoirs, les pensées,
Les chances, l’avenir,
Les livres, le cinéma,
La nourriture, le riz,
La viande, la loi,
Les vaches, les cibles,
Les coups, les lois,
Les pavés, les nez,
Les rats, les trots,
La lumière, la nuit,
La vie, la mort.

(Pierre Morhange)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES BLÉS (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



LES BLÉS

Elle chantait
Devant le mur d’une grosse ferme
Des chants de bonne.

C’était un jour de ses vacances,
Demain elle ira à la pêche aux grenouilles,
Tout à l’heure en partant dîner
Elle arrachera des fleurs au sentier,
Mardi on mangera le poulet qui encore
Tout à l’heure se sauvait
Par l’échelle dans le grenier,
Et mercredi s’il ne pleut pas
On ira en carriole
Chez des voisins très riches
Prendre un autre bon repas.

Elle chante de plus en plus belle
Et tricote en avançant parfois ses bras,
Sa vie se trouve dans mon air
Devant le mur d’une ferme.

(Pierre Morhange)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DANS LA FORET (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



DANS LA FORET

Simulant un amour humain,
Tendrement de la gorge un oiseau m’appelle.

Un oiseau criard de toutes ses forces
Rit tout seul dans la forêt.

Les langues d’herbe sont molles
Et les pas des chevaux
Sèchent aux bords des marais.

La menace lointaine
Court dans le cri lointain des chiens
Et dans le chant des mouches.

Une fleur jaune se balance,
Seule jaune de la clairière ombragée,
Et le vent en bas crie et s’enfuit
De la rade du vent.

(Pierre Morhange)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MAUVAIS ABRI (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



MAUVAIS ABRI

Dans tout ce lieu
Le grand air comme un oiseau
Heurte les murs et l’eau.

Me traîne
L’ornière
Aux oreilles de lièvre,
Je suis un peu sauvage et roux.

Et comme des tombereaux
Avec des gouttes à leurs roues,
Les hommes tracent leurs vies eux-mêmes.

Et près d’une lessive, dans un îlot
D’arbres aux vertes flammes de tristesse
Une femme plutôt blême
Travaille et songe,
Soupirant à peine,
Plus active que le temps.

(Pierre Morhange)


Illustration: Josiane Couret

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :