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Posts Tagged ‘pierre tombale’

Aujourd’hui est un jour mauvais (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018


 


Aujourd’hui est un jour mauvais,
Et le chœur des grillons sommeille
Et l’abri des roches obscures
Est plus sombre que les pierres tombales.

Le cri des corbeaux prophétiques,
Le bourdon des flèches qui volent…
Je fais un rêve, un cauchemar,
Après l’instant l’instant s’enfuit.

Écarte les bornes des phénomènes,
Jette à bas la cage terrestre,
Fais retentir l’hymne sauvage,
Le cuivre des mystères rebelles !

Ô ! des âmes l’austère pendule
Se balance, vertical et sourd,
Et le destin passionnément
Frappe à notre porte interdite…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Odilon Redon

 

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Pierre tombale, Athènes (Vincent O’Sullivan)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Le petit poing sur les genoux de la mère,
la main du mari sur son épaule
les longues lignes tombantes
des vêtements à l’ancienne.

Jambes croisées
l’enfant se penche vers elle.
Les mains du mari l’apaisent.
Assise et figée comme saisie
par la joie et les regrets.
Elle est la présence devenue absence.

Depuis quand les a-t-elle quittés ?
Depuis cet après-midi.

(Vincent O’Sullivan)

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Sans toi (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016



Mon oreiller me dévisage dans la nuit
Exsangue comme une pierre tombale
Jamais je n’envisageais qu’il serait si cruel
D’être seul
Sans pouvoir me blottir contre ta chevelure

J’habite seul dans une demeure silencieuse
La lampe suspendue dans la pénombre
Et mes mains s’entrouvrent délicatement
Pour y cueillir les vôtres
Et mes lèvres chaudes se posent tendrement
Sur toi ombre invisible, fatigué et affaibli
Je me réveille en sursaut
Enveloppé par une nuit froide qui me glace
L’étoile luit et brille à travers la fenêtre
Où s’est envolée ta chevelure dorée?
Où s’est envolée ta bouche adorée?

Maintenant je bois au chagrin de chaque instant de bonheur
Et au venin de chaque vin
Jamais je n’envisageais qu’il serait si cruel
D’être seul
Seul sans toi!

**************

Ohne dich

Mein Kissen schaut mich an zur Nacht
leer wie ein Totenstein;
So bitter hatt ich’s nie gedacht,
Allein zu sein
Und nicht in deinem Haar gebettet sein!

Ich lieg allein im stillen Haus,
die Ampel ausgetan,
Und strecke sacht die Hände aus,
die deinen zu umfahn,
Und dränge leis den heißen Mund
Nach Dir und küss mich matt und wund-
und plötzlich bin ich aufgewacht
und ringsum schweigt die kalte Nacht,
der Stern im Fenster schimmert klar-
o du, wo ist dein blondes Haar,
wo ist dein süßer Mund??

Nun trink ich Weh in jeder Lust
Und Gift in jedem Wein;
So bitter hat ich’s nie gewußt,
allein zu sein,
allein und ohne dich zu sein!!

(Hermann Hesse)

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