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Poésie

Posts Tagged ‘pierres’

Couleur de ma chanson (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



 

djian-sculptures-web

Je chante une chanson
Que les branches connaissent,
Que les pierres ont oubliée.
Surprend-elle les hommes ?
Le rouge une fois sang,
Le vert une fois eau,
Souffle-moi, vieux mendiant,
Les mots de ma chanson.

(Edmond Jabès)


Illustration

 

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Tu n’entendras jamais un murmure de fatigue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018




Au dortoir des ressemblances
les feuilles ont leurs pensées
Les pierres savent le bruit
doré que font les abeilles
Le jour est intimement lié
à leur désespoir à leur oreille
Pour l’air l’eau du temps
la nature danse
L’herbe dans la terre a
un pied nu qui avance
Mais tu n’entendras jamais
un murmure de fatigue

***

O ESPELHO

No dormitório das semelhanças
as folhas têm seus pensamentos
as pedras sabem o rumor
dourado que fazem as abelhas
O dia está intimamente ligado
ao seus desesperos às suas orelhas
Para o ar a água do tempo
a natureza dança
A relva na terra tem
um pé nu que avança
Mas tu não ouvirás jamais
um murmúrio de fadiga.

(Edmond Jabès)

 

 

 

 

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Cogite un murmure (Bertrand Delporte)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Félix Vallotton   Le Rayon

Se recherche un repos
dans la lumière;
Invisible brebis
pour Marie.
Les pierres pleuvent.

Elles hurlent
L’Absence.

La boue s’ennuie. Les bois s’ébrouent.
Les herbes sont gentilles.

Cogite
un murmure.

(Bertrand Delporte)

Illustration: Félix Vallotton

 

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J’ai poussé les murs de la pluie (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2016



J’ai poussé les murs de la pluie
Sur un chemin d’herbes fragiles

J’ai trouvé dans le sable clair
Les pas d’un enfant d’autrefois

J’ai compté des pierres de sang
Dans le sentier des contes bleus

J’ai retrouvé sous les tilleuls
Des étés bruissants d’abeilles

J’ai tenu dans mes mains avides
Les seins tendus de l’aventure

J’ai senti sous mes genoux durs
Le doux pubis d’une amoureuse

J’ai plongé dans l’eau du matin
Pour ouvrir l’aube à mes vertiges

J’ai marché vers d’anciens villages
Où les chats caressaient la nuit

J’ai creusé des couloirs de neige
Sous des masques de pierre noire

J’ai traversé des landes mornes
Avec des fleurs de tragédie

J’ai déchiré des brouillards blancs
Pour serrer des ombres vivantes

J’ai tenté d’atteindre l’espace
Vesr les vagues de l’horizon

J’ai tenu le visage obscur
Qui parle aux portes du miroir

J’ai poussé les murs de la pluie
Pour entendre d’autres paroles.

(Georges Jean)


Illustration

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Par un jour excessivement clair (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2015




Par un jour excessivement clair,
Jour où perçait l’envie d’avoir beaucoup travaillé
Afin de ne pas travailler du tout en ce jour,
J’ai entrevu, comme une route entre les arbres,
Ce qui est peut-être le Grand Secret,
Le fameux grand Mystère dont les faux poètes parlent.

J’ai vu qu’il n’y a pas de Nature,
Que Nature n’existe pas,
Qu’il y a collines, vallées, plaines,
Qu’il y a arbres, fleurs, herbages,
Qu’il y a rivières et pierres,
Mais qu’il n’y a pas un tout à quoi tout ça appartiendrait,
Qu’un ensemble réel et véritable
Est une maladie de nos idées.

La Nature est parties sans un tout.
Voilà peut-être le mystère en question dont ils parlent.

Voilà ce que sans penser, en passant,
J’ai mis ma main au feu que ça devait être la vérité
Que tous se mettent en peine de trouver et qu’ils ne trouvent pas,
Et que moi seul, pour ne pas être allé la chercher, ai trouvée.

(Fernando Pessoa)

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