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Posts Tagged ‘pillage’

Parole-Soleil (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    

Parole-Soleil

Broyés par la violence
Minés par la haine
Les corps se rompent
L’âme déserte
Le coeur se râpe

Pourtant d’éclipses en éclipses
rendant arme
Rendant grâce
Les hommes retracent parole d’amour

Parole d’héritage et d’avenir
Qu’aucune redite n’érode
Qu’aucun pillage ne décime

Fraîche parole
parmi nos loques
Parmi nos ombres :
Parole-Soleil !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Poèmes pour un texte 1970-1991
Traduction:
Editions: Flammarion

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HELAS QUE ME FAUT-IL FAIRE (Girard de Beaulieu)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




    
HELAS QUE ME FAUT-IL FAIRE

Hélas que me faut-il faire
Pour adoucir la rigueur.
D’un tyran d’un adversaire,
Qui tient fort dedans mon cœur ?

Il me brûle, il me saccage,
Il me perce en mille parts,
Et puis me donne au pillage
De mille inhumains soldats.

L’un se loge en ma poitrine,
L’autre me suce le sang,
Et l’autre qui se mutine,
De traits me pique le flanc.

L’un a ma raison troublée,
L’autre a volé mes esprits,
Et tout mon âme comblée,
De feux, d’horreur et de cris.

En vains je répands des larmes,
Pour les pensers émouvoir,
Et n’y puis venir par armes :
Car ils ont trop de pouvoir.

Mais ce qui me réconforte
En ce douloureux émoi,
C’est que le mal que je porte
Lui est commun comme à moi.

***

Alas what must I do
To soften the severity
Of a tyrant, an adversary
Who stands powerfully in my heart?

He burns me, he pillages me,
He pierces me in a thousand parts
And then gives me over to the plundering
Of a thousand outrageous soldiers.

One lodges in my breast,
Another sucks my blood,
Yet another revolts and
Pricks my side with arrows.

One has clouded my reason,
Another has stolen my mind
And flled my whole soul
With fres, horror and cries.

In vain do I shed tears
Thinking to move them,
And I am unable to succeed by arms
For they are too powerful.

But what comforts me
In this painful emotion,
Is that the ill I bear
Is common to him as to me.

***

Ach! Was muss ich tun,
Zu mildern diese Strenge
Eines Tyrannen und auch Gegners,
Der tief in meinem Herzen sitzt?

Er brennet mich, er verheeret mich,
Er durchbohret mich an tausend Stellen
Und liefert mich dem Plündern
Von tausend Kriegern ohne Herz.

Der eine nistet in meinem Busen,
Der andre sauget mir das Blut,
Und noch ein andrer meutert,
Und mit seinen Pfeilen durchbohret mir die Seit‘.

Der eine hat mein‘ Sinn verwirret,
Der andre mir den Verstand gestohlen,
Und das Gemüt mir gefüllet
Mit Feuer, Horror und auch Schrei‘n.

Vergebens vergieße ich die Zähren,
Um zu erweichen sie damit.
Und kann‘s doch mit den Waffen nit‘,
Denn ihre Macht ist allzu groß.

Aber was mich tröstet
In der Trauer,
Ist, dass das Elend, das ich trage,
Ihm auch wie mir gemeinsam ist.

(Girard de Beaulieu)

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Eloge du loin (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Eloge du loin

Dans la source de tes yeux
Vivent les filets des pêcheurs des mers devenues folles
Dans la source de tes yeux
la mer tient sa promesse
J’y précipite
cœur ayant vécu parmi les humains
les vêtements que j’ai portés
l’éclat d’un serment
Plus noir que dans le noir, je suis encore plus nu
Je suis toi, quand moi je suis moi
Dans la source de tes yeux
j’erre et je rêve de pillage
Dans la source de tes yeux
Un pendu étrangle la corde

(Paul Celan)

Illustration: Victoria Denim

 

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A. R. (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016



Lors du pillage
D’une caravane d’Ethiopie
On a trouvé
Deux malles en fer
Pour le bateau de Marseille
Qui part de Djibouti

Dedans il n’y avait
Que des carnets griffonnés
Et des bouts de papier
Beaucoup
Dont l’encre semblait pâle

On s’en servit
Parce qu’ici le bois est rare
Pour allumer le feu
Du bivouac
C’était mieux que la crotte
De chamelle

Quelqu’un a reconnu écrite
En français
Et en arabe l’en-tête
De lettre
Du marchand d’armes A. R.

(Werner Lambersy)

 

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Eloge du loin (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Eloge du loin

Dans la source de tes yeux
Vivent les filets des pêcheurs des mers devenues folles
Dans la source de tes yeux
la mer tient sa promesse
J’y précipite
cœur ayant vécu parmi les humains
les vêtements que j’ai portés
l’éclat d’un serment
Plus noir que dans le noir, je suis encore plus nu
Je suis toi, quand moi je suis moi
Dans la source de tes yeux
j’erre et je rêve de pillage
Dans la source de tes yeux
Un pendu étrangle la corde

(Paul Celan)

 

 

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