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Poésie

Posts Tagged ‘piment’

La mer est blanche ce matin (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



    

La mer est blanche ce matin
vapeur dénuée de bleu
où se découpe la montagne

Un reste de lune encore
infuse dans le lait du jour
avec un piment Jamaïque

Les rares clients du café
regardent l’eau en attendant
qu’on apporte leur commande

L’excitation du départ
se communique à ceux qui restent
Un bateau a quitté le port

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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La salive de tes baisers (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



La salive de tes baisers sent la dragée
Avec je ne sais quoi d’une épice enragée,
Et la double saveur se confond tellement
Que j’y mange à la fois du sucre et du piment.
C’est dans le même instant l’eau courante et la braise;
C’est plus chaud qu’un alcool et plus frais qu’une fraise;
Et ton souffle s’y mêle et me monte au cerveau
Comme le vent du soir grisé de foin nouveau.

(Jean Richepin)

 

 

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Olives et piment (Guy Créquie)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



pizza-sourire-pepperoni-et-fromage

olives et piment
placés en sourires
mini-pizza

(Guy Créquie)

 

 

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Dans ma maison (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



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Dans ma maison

Dans ma maison vous viendrez
D’ailleurs ce n’est pas ma maison
Je ne sais pas à qui elle est
Je suis entré comme ça un jour
Il n’y avait personne
Seulement des piments accrochés au mur blanc
Je suis resté longtemps dans cette maison
Personne n’est venu
mais tous les jours et tous les jours
Je vous ai attendu

Je ne faisais rien
C’est à dire rien de sérieux
Quelquefois le matin
Je poussais des cris d’animaux
Je gueulais comme un âne
De toutes mes forces
Et cela me faisait plaisir
Et puis je jouais avec mes pieds
C’est très intelligents les pieds
Ils vous emmènent très loin
Quand vous voulez aller très loin
Et puis quand vous ne voulez pas sortir
Ils restent là ils vous tiennent compagnie

Et quand il y a de la musique ils dansent
On ne peut pas danser sans eux
Faut être bête comme l’homme l’est si souvent
Pour dire des choses aussi bête
Que bête comme ses pieds gai comme un pinson
Le pinson n’est pas gai
Il est seulement gai quand il est gai
Et triste quand il est triste ou ni gai ni triste
Est-ce qu’on sait ce qu’est un pinson
D’ailleurs il ne s’appelle pas réellement comme ça
C’est l’homme qui a appelé cet oiseau comme ça
Pinson pinson pinson pinson

(Jacques Prévert)

 Illustration

 

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J’aime les arbres bleus (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2016



 

arbre bleu

J’aime les arbres bleus
j’aime les âmes blanches
les têtes qui se penchent
noyées dans les cheveux

Un et un qui font deux
les matins des dimanches
les demoiselles blanches
avec des rubans bleus

La morsure du feu
à l’écorce des branches
le ciel de nos nuits blanches
et la mort peu à peu

J’aime le vert brumeux de ses yeux à piment

(Louis Calaferte)

Illustration

 

 

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Titre pour So Yong (Yi Sang)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2016



Titre pour So Yong

1

Devant ton visage dans le clair de lune,
le mien se couvre d’une mince feuille de fatigue ;
mon discours de louanges envers toi ne se prononce pas ;
ces louanges pénètrent en rampant
dans tes cheveux au parfum d’un jardin de camélias,
telles un soupir qui chatouille la porte coulissante,
et replantent ma tristesse comme des pousses,
une à une.

2

Alors que tu flânes sur le champ de terre glaise,
les empreintes profondes laissées par les talons de tes chaussures se remplissent d’eau de pluie ;
est-ce mon verre souffrant d’injustice renversé dans le ciel,
avant que ma tristesse fatiguée par tes mensonges et tes plaisanteries ne commence à sangloter,
mon verre bouleversé par tes empreintes errantes sur le champ de terre glaise ?

3

Quand le clair de lune s’assied sur mon dos, sur les taches qui couvrent mes haillons,
alors dans mon ombre des traces de sang apparaissent comme des piments émincés,
et de l’eau froide surprise par le clair de lune, goutte à goutte, imprègne mes veines ;
lorsque tu regardes le coeur en tissu, torturé injustement par la faim, qui a mâché et avalé ma brique,
le considères-tu comme un bocal de poissons ?

(Yi Sang)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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