Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pinède’

Pâle la lune (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018




Debout sur la lande boisée
Au soir, fatigué du chemin,
Là où fleurit l’oeillet rouge
Et la rose.

Sombre et reclus,
Entouré par la pinède nocturne,
Une sauvage et haute vision
Passe devant moi en glissant.

Un doux tintement de cloches
S’élève de la vallée ;
Est-ce un moine qui mélancoliquement
Tire la corde pour sonner ?

Est-ce avec nostalgie qu’il regarde
Le voyageur fatigué
Qui dans le crépuscule
Rougeoie comme un saint ?

Je me suis assis sur un rocher
Des heures durant
M’efforçant d’entendre dans mon souvenir
Une pleine volée de cloches.

Suis-je le moine, ou le voyageur,
Jamais plus je ne l’ai su.
Sur les cimes passait en glissant
Pâle la lune.

(Friedrich Nietsche)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

COIN DE CIEL (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration
    
COIN DE CIEL

L’étoile
ancienne
ferme ses yeux brouillés.

L’étoile
nouvelle
veut bleuir
l’ombre.

(Dans la pinède brillent
des vers luisants.)

(Federico Garcia Lorca)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A perte de sens (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018




    
A perte de sens
L’odeur brûlée des pinèdes
Une faiblesse superficielle
S’est chargée de mes bras
Je me voudrais encore
Sous l’écorce du premier jour.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

HORIZON VIDE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



HORIZON VIDE

Horizon vide où rien ne reste
De cette fabuleuse fête
Qui un jour t’illumina.

Tes lignes, jadis profondes et vastes,
Sont aujourd’hui vides et usées,
Et ce fut mon désir qui les usa.

De la pinède verte descendait
La nuit dansante aux pas silencieux,
Et dans ce morceau de mer au loin brûlait
L’appel infini des espaces.

La clarté chantait sur la grève,
Et chaque pin contenait
Dans l’irrépressible montée de ses lignes
L’explication même de l’héroïsme.

Horizon vide, squelette de mon rêve,
Arbre mort sans fruit,
Devant toi je dépose
La solitude, le chaos et le deuil.

***

HORIZONTE VAZIO

Horizonte vazio em que nada resta
Dessa fabulosa festa
Que um dia te iluminou.

As tuas linhas outrora foram fundas e vastas,
Mas hoje estilo vazias e gastas
E foi o meu desejo que as gastou.

Era do pinhal verde que descia
A noite bailando em silenciosos passos,
E naquele pedaço de mar ao longe ardia
O chamamento infinito dos espaços.

Nos areais cantava a claridade,
E cada pinheiro continha
No irreprimível subir da sua linha
A explicatão de toda a heroicidade.

Horizonte vazio, esqueleto do meu sonho,
Árvore morta sem fruto,
Em teu redor deponho
A solidão, o caos e o luto.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Max Mitenkov

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un violon infime au fond du ciel (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017




    
Un violon infime au fond du ciel
joue si doucement
qu’on ne l’entend pas
Suspendus à ce fil inaudible
les moineaux dans la pinède
le bruit du vélomoteur
et les blancs du poème
sont du même monde

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Le Pays derrière les larmes
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PHOTOGRAPHIES (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2017



photo-de-famillepg

LES PHOTOGRAPHIES

C’était presque en hiver ce jour-là
Le temps des grandes promenades
Qu’on se rappelle aujourd’hui confusément —
La route traversait le milieu de la montagne
Et la main glissait sur de rugueux murs de pierre et de
mousse —
Le temps des portraits photographiés
Les yeux plissés par le soleil en face
Les portraits qui gardent à jamais
Le parfum de pinède des après-midi
Et le parfum de bois et de moût des villages

***

AS FOTOGRAFIAS

Era quase no inverno aquele dia
Tempo de grandes passeios
Confusamente agora recordados —
A estrada atravessava a serra pelo meio
Em rugosos muros de pedra e musgo a máo deslizava —
Tempo de retratos tirados
De olhos franzidos sob urn sol de frente
Retratos que guardam para sempre
O perfume de pinhal das tardes
E o perfume de lenha e mosto das aldeias

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ELOGE D’ISEULT (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015




ELOGE D’ISEULT

[…]
Mots blancs, flocons de neige qui seraient froids
Mots mousse, mots bouche, mots qui coulent lentement.

En vain ai-je tenté
D’apprendre à mon âme à s’incliner,
En vain ai-je plaidé :
« Âmes plus belles que la tienne existent. »

Car à l’aube de ma vie une femme s’est arrêtée
Comme un appel du clair de lune,
Comme la lune appelle les marées :
« Chante, un chant. »

Alors je l’ai chantée et de moi s’est éloignée
Comme la lune s’éloigne de la mer,
Mais sont arrivés les mots feuilles, petits mots magiques et bruns

Qui disent : « l’âme nous a créés »
« Un chant, un chant! »
En vain leur ai-je dit : « Je n’ai pas de chant
Car celle que j’ai chantée de moi s’est éloignée. »

Pourtant mon âme créa une femme, femme de légende
Femme semblable au feu sur les pinèdes;
Elle implora : « Chante, un chant! »
Comme la flamme implore la sève.
Elle enflamma mon chant, s’éloigna de moi
Comme la flamme quitte la braise, gagna des forêts nouvelles.
Et les mots en moi
Imploraient sans cesse : « Chante, un chant! »

Et je répétai : « Je n’ai pas de chant. »
Puis mon âme un jour créa une femme, soleil vivant,
Oui! soleil sur la semence
Printemps sur une branche,
Voici que vint la mère du chant,
Celle dont les yeux portent ces mots merveilleux,
Les mots, petits mots magiques
Qui sans cesse me supplient :
« Chante, un chant. »

En vain ai-je tenté mon âme
De t’apprendre â t’incliner;
Quelle âme peut s’incliner
Si le coeur est tout plein de Toi?

(Ezra Pound)

Illustration: John William Waterhouse

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Se lève la lune (anonyme Corée)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2015


lune

Le chemin du retour semble long
Ma maison est derrière la colline
Sur le sentier étroit dans la pinède se lève la lune
Aucune raison de presser mon âne hâve

(anonyme Corée)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CE N’EST PAS TOI (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015



 

Karst_Dent-de-Crolle-8 [1280x768]

CE N’EST PAS TOI

Ce n’est pas toi qui materas le monde
Et t’enfonceras muet en un avec le temps,
Lézardé, tu seras le désir,
Calciné, à vif, la voix rauque.

Comme le Karst, quand le vent encore chaud
Embrase les pinèdes,
Incendie l’obscur — et ton pas
En vain va chercher la paix dans les ténèbres.

Ce n’est pas toi qui l’étreindras
Quand la noire nuit tombera sur elle,
Tu rêveras et tu convoiteras
Et la mort t’arrachera le rêve.

(Srecko Kosovel)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :