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Poésie

Posts Tagged ‘pipeau’

Le Berger (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




Le Berger

Le berger écoute le vent
Le berger compte les étoiles
Le berger regarde le temps
grisailler son manteau de toile

Le berger confie son troupeau
à l’épaule de la montagne
Le berger joue de son pipeau
La voix du torrent l’accompagne

Mais par les longues nuits d’été
couché seul sur le dos dans l’herbe
compagnon de l’éternité
le berger …
le berger …
s’emmerde…

(Francis Blanche)

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BRUNETTE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



BRUNETTE

Qu’il est doux d’aller sous l’Ormeau,
Danser au son du Pipeau,
Et de la Musette !
Mais il est cent fois plus charmant
D’être seulette
Dessus l’herbette,
Avec son Amant.

(Anonyme)

Illustration: William Bouguereau

 

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Épisode (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Épisode

Un soir favorisé de colombes sublimes,
La pucelle doucement se peigne au soleil.
Aux nénuphars de l’onde elle donne un orteil
Ultime, et pour tiédir ses froides mains errantes
Parfois trempe au couchant leurs roses transparentes.
Tantôt, si d’une ondée innocente, sa peau
Frissonne, c’est le dire absurde d’un pipeau,
Flûte dont le coupable aux dents de pierrerie
Tire un futile vent d’ombre et de rêverie
Par l’occulte baiser qu’il risque sous les fleurs.

Mais presque indifférente aux feintes de ces pleurs,
Ni se se divinisant par aucune parole
De rose, elle démêle une lourde auréole ;
Et tirant de sa nuque un plaisir qui la tord,
Ses poings délicieux pressent la touffe d’or
Dont la lumière coule entre ses doigts limpides !
… Une feuille meurt sur ses épaules humides,
Une goutte tombe de la flûte sur l’eau,
Et le pied pur s’épeure comme un bel oiseau
Ivre d’ombre…

(Paul Valéry)

Illustration: Max Szoc Leuven

 

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La Madone aux Lys (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



La Madone aux Lys

J’AI bu, tel un poison, vos souffles éplorés,
Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés

Dédiez au matin votre rose sourire,
Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.

Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,
Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.

Lys purs qui fleurissez les mystiques images,
Sanctifiez les pelouses et les feuillages.

Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,
Exhalez froidement vos souvenirs de mort.

Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,
Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.

Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,
O muguets, lys de la vallée et des grands bois.

O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,
Anémones, lys roux des champs israélites,

Soyez la floraison des douleurs de jadis
Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.

(Renée Vivien)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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Impuissant à équilibrer la lune (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2018



La montagne avance ses bajoues
jusqu’à ce pâtre obèse
qui hurle sur un pipeau
impuissant à équilibrer la lune.

(René Char)

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Vois l’aurore… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Vois l’aurore…

Vois l’aurore tremper les feuilles des mélisses,
La libellule errer au bord frais des calices,
Mêlant aux iris d’or son vol phosphorescent.
La grive a retrouvé ses pipeaux idylliques,
L’écho confusément lui donne la réplique,
Le jour s’effeuille ainsi qu’un églantier naissant.

Comme il est éphémère et suave de vivre!
Est-ce ta bouche encor dont la langueur m’ennivre,
Est-ce ton regard vert aux moires de l’étang?
Mais rien ne peut mourir des baisers que l’on donne
Et quand le temps cruel et faux nous abandonne,
Ils fleurissent en nous comme un divin printemps.

(Marie Dauguet)

 

 

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ANYTA DE MYTILÈNE (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



ANYTA DE MYTILÈNE

D’INVISIBLES pipeaux charment ma solitude.
Le soir voit défleurir le mélilot des prés.
O nymphes aux yeux verts, et toi, Pan au poil rude,
Je vous offre ces fruits que l’automne a dorés.

Lorsque j’ai convoité la fraîcheur des fontaines,
Etendu sur la roche et las des longs chemins,
Vous m’avez apporté l’eau des sources lointaines,
O nymphes ! dans le creux frissonnant de vos mains.

Je n’ai plus redouté l’aridité des sables,
Bouclier d’or où se double l’airain du ciel,
Car j’ai bu longuement, dans vos mains pitoyables,
L’eau claire qui me fut plus douce que le miel.

(Renée Vivien)

Illustration: Julius LeBlanc Stewart

 

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La flûte (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2016



Voici le soir. Au ciel passe un vol de pigeons.
Rien ne vaut pour charmer une amoureuse fièvre,
Ô chevrier, le son d’un pipeau sur la lèvre
Qu’accompagne un bruit frais de source entre les joncs.

A l’ombre du platane où nous nous allongeons
L’herbe est plus molle. Laisse, ami, l’errante chèvre,
Sourde aux chevrotements du chevreau qu’elle sèvre,
Escalader la roche et brouter les bourgeons.

Ma flûte, faite avec sept tiges de ciguë
Inégales que joint un peu de cire, aiguë
Ou grave, pleure, chante ou gémit à mon gré.

Viens. Nous t’enseignerons l’art divin du Silène,
Et tes soupirs d’amour, de ce tuyau sacré,
S’envoleront parmi l’harmonieuse haleine.

(José-Maria de Hérédia)


Illustration

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L’amour C’est Du Pipeau (Brigitte Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



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L’amour C’est Du Pipeau

L’amour, l’amour, l’amour
toujours le vieux discours
soit divin soit humain
idem le baratin
jusque dans les vécés
j’en peux plus par pitié
faudrait changer de disque
entreprise à hauts risques
Les curés en chaleur
idoles en pleurs
les mémés les plus louches
n’ont que ça à la bouche
oh de grâce arrêtez de vous badigeonner
de cette pub idiote
j’en ai plein la culotte

L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos
L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos

Bardes dégoulinants
scribouillards pleurnichants
délicats militaires
épargnez nous vos glaires
Vénus ô statue creuse
mets la donc en veilleuse
vas t’faire voir chez les Grecs,
les anthropopithèques

L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos

L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos
L’amour, l’amour, l’amour
toujours le vieux discours
soit divin soit humain
idem le baratin
Vénus ô statue creuse
mets la donc en veilleuse
vas t’faire voir chez les Grecs,
les anthropopithèques

L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos
L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos

(Brigitte Fontaine)

 

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LE CHANTEUR (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015




LE CHANTEUR

Avez-vous entendu aux bois la voix nocturne
du poète d’amour chantant son infortune ?
Lorsque les champs au matin se taisaient,
ce chant pur et traînant du pipeau,
l’avez-vous entendu ?

L’avez-vous rencontré au plus sombre des bois,
le poète d’amour chantant son infortune ?
Avez-vous reconnu la trace de ses larmes,
son sourire, ses yeux, voilés par la langueur ?
L’avez-vous rencontré ?

Avez-vous soupiré, oyant la douce voix
du poète d’amour chantant son infortune ?
Voyant l’adolescent errer dans la forêt
et croisant le regard de ses yeux embués,
avez-vous soupiré ?

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: David Jay Spyker

 

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