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Acceptez-vous quelques piquants? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Acceptez-vous quelques piquants?
a-t-on demandé au rosier.

(Pablo Neruda)

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Que la route est longue (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



    

Que la route est longue
du dernier soupir
à l’éternité la plus proche

Et lourdes sont les épines de la rose, le long du chemin tracé :

Saint Ignace
blanc et flamboyant
passant près d’une rose
se jeta sur le buisson
et meurtrit sa chair

avec la cloche de son habit noir
il voulait assourdir
la beauté du monde
jaillissant de la terre comme d’une blessure

gisant au fond
du berceau de piquants
il vit
le sang couler de son front
se figer sur ses cils
en forme de rose

et sa main aveugle
cherchant les épines
fut percée
du doux toucher des pétales

le saint dupé pleurait
au milieu des moqueries des fleurs

épines et roses
roses et épines
nous cherchons le bonheur

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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Le trésor (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Alexander Sigov
    
Le trésor

Tu sers à mes désirs un éternel repas.
Tu peux donner toujours, tu ne t’appauvris pas.

Pour rajeunir la fleur de tes roses caresses,
Il suffit qu’après une absence tu paraisses.

Quand sans voir tes yeux bleus je reste plus d’un jour,
Je trouve un renouveau piquant dans ton amour.

Ta bouche a conservé la fraîcheur d’une aurore.
Comme avant de t’avoir, je veux t’avoir encore.

Tes charmes sont pareils au laurier toujours vert
Qui garde son printemps même au cœur de l’hiver.

Ton corps plein de secrets connaît l’art de renaître.
Je ne verrai jamais le fin fond de ton être.

Ton corps voluptueux ressemble à ce trésor
Où les Nibelungen accumulaient leur or.

On peut le disperser comme on jette du sable,
Il en reste toujours. Il est inépuisable.

(Jean Richepin)

 

 

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DEUX VARIATIONS SUR UN THÈME DE J.-L.G. (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



 

Illustration: Kajan
    
DEUX VARIATIONS SUR UN THÈME DE J.-L.G.

—Et mon bec, tu l’aimes ?
—Oui.
—Et ma peau écailleuse, tu l’aimes ?
Oui.
—Et mes plaques dorsales, tu les aimes ?
—Oui.
—Et mon piquant caudal, mon piquant caudal,
tu l’aimes aussi ?
—Oui.
—Tu m’aimes complètement, alors ?

L’iguanodon

—Et mon basitarse, tu l’aimes ?
—Oui.—
Et ma filière, tu l’aimes ?
—Oui.
—Et mes pédipalpes, tu les aimes ?
—Oui.
—Et mon trochanter, mon trochanter,tu l’aimes
aussi ?
Oui.——
Tu m’aimes complètement, alors ?

La tarentule

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Courante (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

 

Illustration: Pierre Corratgé
    
Courante

Mon coeur est lourd comme un caillou;
Le vent souffle on ne sait d’où
Piquant comme un buisson de houx;
Au bord de l’étang qui frissonne,
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Soleil couchant sur un champ d’orge,
Il est rouge autant qu’une forge
Mon coeur brûlant dedans ma gorge
Et qui, telle une enclume, sonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Fleurant la mousse et la bourdaine,
J’ai mis ma jupe de futaine
Et chaussé mes sabots d’ébène.
Au vent âpre qui tourbillonne
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Mon coeur est lourd! Ma gorgerette
Est de fin chanvre, ma cornette
D’indienne, mon épinette
Du Val d’Ajol vibre et résonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Las, mé! mon corps est en lambeaux
Aussi pantelant que l’agneau
Qu’un loup déchire en son liteau,
Car mon bon ami m’abandonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

(Marie Dauguet)

 

 

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Chant des oiseaux à midi (Dalia Ravikovitch)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017




    
Chant des oiseaux à midi
Ce pépiement
N’est certes pas méchant.
Ils chantent sans penser à nous
Et ils sont aussi nombreux que la semence d’Abraham.
Ils ont leur propre vie
Et voler est pour eux chose normale.
Certains sont oiseaux rares et d’autres vulgaires
Mais toute aile est grâce.
Leur coeur n’est jamais lourd
Même en piquant un ver.
Peut-être sont-ils simplement insouciants.
Les cieux sont leur royaume
De jour et de nuit.
Et lorsqu’ils touchent une branche
Elle est leur aussi.
Ce pépiement est dénué de malice
Et avec le temps il paraît même
Plein de compassion.

(Dalia Ravikovitch)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: J. Milbauer
Editions: Gallimard

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Hérissé oursin humain (Jacques Jouet)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



Un corps parmi les pins
plié tout blanc dans la paume des sables
couché comme incapable
d’agiter autre terme que la main
et piqué de piquants
le hérissé oursin humain s’étire
il se casse de rire
avant que de rouler demande quand
revient le sentiment.

(Jacques Jouet)

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LE TRÉSOR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



LE TRÉSOR

Tu sers à mes désirs un éternel repas.
Tu peux donner toujours, tu ne t’appauvris pas.
Pour rajeunir la fleur de tes roses caresses,
Il suffit qu’après une absence tu paraisses.

Quand sans voir tes yeux bleus je reste plus d’un jour,
Je trouve un renouveau piquant dans ton amour.
Ta bouche a conservé la fraîcheur d’une aurore.
Comme avant de t’avoir, je veux l’avoir encore.

Tes charmes sont pareils au laurier toujours vert
Qui garde son printemps même au cœur de l’hiver.
Ton corps plein de secrets connaît l’art de renaître.
Je ne verrai jamais le fin fond de ton être.

Ton corps voluptueux ressemble à ce trésor
Où les Nibelungen accumulaient leur or.
On peut le dissiper comme on jette du sable,
Il en reste toujours. II est inépuisable.

(Jean Richepin)

Illustration: Carole Cousseau

 

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Le bourru (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016




Le bourru

Dans ma bogue de piquants
Luit sourdement la châtaigne:
Ma douceur est en dedans.

– Se peut-il que l’oeil atteigne
La promesse du luisant?
L’automne passe: il est temps.

– Il est temps, et mon coeur saigne.
– Moins que les doigts du passant.

(Pierre Menanteau)

 

 

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