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Poésie

Posts Tagged ‘piquer’

L’AUBE (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018




    
L’AUBE

Il y a un loup près de ton lit
C’est vrai qu’il pique le matin
Un loup gentil aux cheveux gris
Sa joue c’est comme du poil de chien
Qui pour toi donnerait sa vie
Mais il est doux à l’intérieur
Il veille, tu dors, c’est la nuit
Et si tu le repousses, il pleure.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral
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CHEZ MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



CHEZ MOI

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mère a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-père a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

Chez moi, dit la petite fille
il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois côtés.

Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouillé de suie.

Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessé.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois ! dit la petite fille,
Tu veux te moquer de moi!
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt!

Ce que c’est d’être une fille
Répond le petit garçon.
Tu es bête comme une anguille
Bête comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais à une telle quille
Je n’en dirai pas plus long!

(René de Obaldia)

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Comme une chose (Gerrit Kouwenaar)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    

Comme une chose

Un poème comme une chose
une porte de verre à tambour et le garçon chinois
qui toujours repasse avec d’autres plats

un gardien de parc qui lime ses ongles
parmi des enfants sibériens du maine

une vénus du temps passé ensemble avec
une araignée sur l’autoroute

un verre de lait maternel, un jaune
smoking empesé

une abeille, un petit couteau
qui piquent l’un et l’autre, un avion
qui disparaît dans la pluie d’un village

un poème comme une chose

(Gerrit Kouwenaar)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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CONTRETEMPS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
CONTRETEMPS

Pureté aimée, dont les yeux jamais
ne parvinrent à jouir. Pureté absurde!

Je sais qu’un jour tu bougeais dans la chair.
alors que j’en étais encore à filer mon embryon de vie.

Pureté en jupe neutre de collège
et lait azur dans le blé tendre

d’une après-midi pluvieuse, lorsque l’âme
a battu son poignard en retraite,

lorsqu’en je ne sais quelle éprouvette
sans contenu s’est figée une pierre insolente:

lorsqu’il se trouve des gens pour être satisfaits; lorsque des
paupières aveugles
pleurent, sur des bordages purpurins.

Ô, pureté qui ne me laissas
pas même un message, en délaissant la triste boue

ni une miette de ta voix ; ni mémo le plus petit nerf
de ton héroïque banquet d’artifices.

Eloignez-vous de moi, bonnes méchancetés,
bouches douces et piquantes.

Je l’en souviens en vous voyant, ô femmes!
Car, si très peu naissent dans l’éternelle
après-midi de la vie, beaucoup en meurent!

***

DESHORA

Pureza amada, que mis ojos nunca
llegaron a gozar. Pureza absurda!

Yo sé que estabas en la carne un día,
cuando yo hilaba aùn mi embrión de vida.

Pureza en falda neutra de colegio;
y leche azul dentro del trigo tierno

a la tarde de lluvia, cuando el alma
ha roto su puñal en retirada,

cuando ha cuajado en no sé qué probeta
sin contenido una insolente piedra.

Cuando hay gente contenta; y cuando lloran
pàrpados ciegos en purpùreas bordas.

Oh, pureza que nunca ni un recado
me dejaste, al partir del triste barro

ni una migaja de tu voz; ni un nervio
de tu convite heroico de luceros.

Alejàos de mi, buenas maldades,
dulces bocas picantes…

Yo la recuerdo al veros oh, mujeres!
Pues de la vida en la perenne tarde,
nació muy poco pero mucho muere!

(César Vallejo)

 

 

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Les fées envahirent la maison (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
Les fées envahirent la maison ;
nous reçûmes tous leurs baisers !
Mais elles nous piquèrent la langue
et nous perdîmes paroles.
Déserte, la demeure.
Et tant de bleu envahit
chambres et miroirs !

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le feu d’amour encore en mon coeur s’irradie (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




Sur les monts géorgiens s’étend la nuit placide;
L’Aragva mugit devant moi.
Je suis triste et léger; ma tristesse est limpide:
Ma tristesse est pleine de toi,
De toi, et de toi seule, et ma mélancolie,
Nul ne la pique ou ne l’émeut.
Le feu d’amour encore en mon coeur s’irradie:
Ne pas aimer il ne le peut

(Alexandre Pouchkine)

 

 

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Tu ne m’as pas encore eu cette fois, la vieille (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018


La mort

Tu ne m’as pas encore eu cette fois, la vieille.
Je t’avais vue venir avec tes gros souliers.
A force de me voir faire la sourde oreille
Tu t’es aventurée jusque sur mon palier,
J’ai su que c’était toi, alors j’ai pris la fuite.
J’avais quelques amis comme gardes du corps,
Tu m’as suivi de loin pour attendre la suite,
Tu as perdu ma trace et moi je cours encore.

Des gens que tu fréquentes assidûment, la vieille,
Mais qui ne t’aiment pas, qui te craignent surtout,
Qui se méfient de toi, la nuit, qui te surveillent.
Je les ai vus venir et j’en ai vu beaucoup,
Ils ont des blouses blanches et parlent à voix basse,
Employant à dessein des termes inconnus.
J’ai cru mon temps venu de partir à la casse,
Toi aussi, j’en suis sûr, mais j’en suis revenu.

Tout au long des couloirs, je voyais ta figure
Toujours en transparence, sur des masques éteints
De vieillards jaunâtres sous les couvertures,
Et je reconnaissais ton rictus de catin.
Tu as raté ton coup cette fois-ci, la vieille,
Je sais que ta patience est au-dessus de tout,
Que tu voles partout comme une grosse abeille,
Et tu me piqueras, peut-être au prochain coup.

(Bernard Dimey)

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Le houx (Bruno Grégoire)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Illustration    
    
Le houx est rouge, heureux, on dirait.
Mais ça pique de partout,
ça fait du mal à la peau,
ça entre.

(Bruno Grégoire)

 

Recueil: L’épingle du jeu suivi de Sans
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Le Hérisson (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




Le Hérisson

Bien que je sois très pacifique
Ce que je pique et pique et pique,
Se lamentait le hérisson.
Je n’ai pas un seul compagnon.
Je suis pareil à un buisson,
Un tout petit buisson d’épines
Qui marcherait sur des chaussons.
J’envie la taupe, ma cousine,
Douce comme un gant de velours
Emergeant soudain des labours.
Il faut toujours que tu te plaignes,
Me reproche la musaraigne.
Certes, je sais me mettre en boule
Ainsi qu’une grosse châtaigne,
Mais c’est surtout lorsque je roule
Plein de piquants, sous un buisson,
Que je pique, et pique et repique,
Moi qui suis si, si pacifique,
Se lamentait le hérisson.

(Maurice Carême)

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Les choses que je préfère (Richard Rodgers)(Oscar Hammerstein)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2018



 

Les choses que je préfère

Les roses mouillées par la pluie et les moustaches des chatons
Les bouilloires en cuivre brillant et les chaudes mitaines en laine
Les paquets emballés qu’attachent des ficelles
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Les poneys couleur crème et les streudels aux pommes bien croustillantes
Les sonnettes et les clochettes et du snitzels avec des nouilles
Le vol des oies sauvages, le reflet de la lune sur leurs ailes
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Les jeunes filles en robe blanche, leurs écharpes de satin bleu
Les flocons de neige s’accrochant à mon nez et à mes cils
L’hiver d’un blanc argenté qui devient printemps
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Quand le chien mord
Quand l’abeille pique
Si je me sens triste
Je n’ai qu’à penser aux choses que je préfère
Et alors, tout va bien

Les roses mouillées par la pluie et les moustaches des chatons
Les bouilloires en cuivre brillant et les chaudes mitaines en laine
Les paquets emballés qu’attachent des ficelles
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Les poneys couleur crème et les streudels aux pommes bien croustillantes
Les sonnettes et les clochettes et du snitzels avec des nouilles
Le vol des oies sauvages, le reflet de la lune sur leurs ailes
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Les jeunes filles en robe blanche, leurs écharpes de satin bleu
Les flocons de neige s’accrochant à mon nez et à mes cils
L’hiver d’un blanc argenté qui devient printemps
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Quand le chien mord
Quand l’abeille pique
Si je me sens triste
Je n’ai qu’à penser aux choses que je préfère
Et alors, tout va bien

***

My Favorite Things

Raindrops on roses and whiskers on kittens
Bright copper kettles and warm woollen mittens
Brown paper packages tied up with strings
These are a few of my favorite things2

Cream colored ponies and crisp apple strudels
Doorbells and sleigh bells and schnitzel with noodles
Wild geese that fly with the moon on their wings
These are a few of my favorite things.

Girls in white dresses with blue satin sashes
Snowflakes that stay on my nose and eyelashes
Silver white winters that melt into springs
These are a few of my favorite things

When the dog bites, when the bee stings
When I’m feeling sad
I simply remember my favorite things
And then I don’t feel so bad

Raindrops on roses and whiskers on kittens
Bright copper kettles and warm woolen mittens
Brown paper packages tied up with strings
These are a few of my favorite things

Cream colored ponies and crisp apple strudels
Doorbells and sleigh bells and schnitzel with noodles
Wild geese that fly with the moon on their wings
These are a few of my favorite things

Girls in white dresses with blue satin sashes
Snowflakes that stay on my nose and eyelashes
Silver white winters that melt into springs
These are a few of my favorite things

When the dog bites, when the bee stings
When I’m feeling sad
I simply remember my favorite things
And then I don’t feel so bad.

Découvert ici: https://misstakeontheropeblog.wordpress.com (Dans une Reprise par Björk)
Illustration: ArbreaPhotos

 

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