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Posts Tagged ‘piquer’

LA PUCE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



 

puce

LA PUCE

La puce a de l’astuce
Papa n’en a pas
C’est pour quoi
C’est pour quoi
Papa est piqué
La puce pas

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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Le pic épeiche (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2021



Illustration
    
Le pic épeiche

La tête barrée de rouge les
plumes couvertes de vert
le ventre gonflé de gris
l’oeil noir

l’oiseau pique et pêche
des vers dans l’herbe mouillée

son nom
lui va comme un gant

comme les noms que j’espère trouver en
marchant
au bord de mes poèmes.

(Yvon Le Men)

 

Recueil: Les mains de ma mère
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LA CHANSON DE L’OUVRIÈRE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2020



LA CHANSON DE L’OUVRIÈRE

Les heurs crèvent comme une bombe ;
À l’espoir notre jour qui tombe
Se mêle avec le confiant.

Pique aiguille! assez piqué, piquant!
Les heurs crèvent comme une bombe.

Ici-bas tout geint, casse ou pleure ;
Rien de possible ne demeure
À ce qui demeurait avant.

Pique aiguille ! assez piqué, piquant !
Ici-bas tout geint, casse ou pleure.

Je suis lasse de cette vie,
Je veux dormir, ô bonne amie,
Laisse-moi reposer, assez !

Non, pique aiguille ! assez piquant, piqué !
Je suis lasse de cette vie.

Hâve par ma forte journée
Je blasphème ma destinée,
Feuille livide au mauvais vent;
Un peu de sang sur mes doigts coule,
L’heure râle, pleure et s’écoule.
Ah ! mon pain me rend suffocant.

N’importe, pique aiguille! piqué, piquant !
L’heure râle, pleure et s’écoule.

Pourquoi donc Dieu me rend-il malheureuse?
Je suis très pauvre et je vis presque en gueuse.
Hélas ! la peine est un fardeau pesant.

N’importe, pique aiguille ! piqué, piquant !
Pourquoi donc Dieu me rend-il malheureuse?

Tout dans l’abandon je le passe
Mon gagne-pain passe et repasse
Dans un seul même tournement.

N’importe, pique aiguille ! piqué, piquant !
Tout dans l’abandon je le passe.

(Emile Nelligan)


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RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration
    
RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE

Toujours ce poids qui t’attache à la terre,
Ce pied de plomb tirant sur le genou,
Et cette tête à ton tronc peu légère,
Mal emmanchée à ton douloureux cou;
Toujours le fiel dans cette bouche amère,
Des yeux piquants l’âcre larme qui sourd,
La cire épaisse au creux du tympan sourd;
Du gros cerveau que la tempe resserre
Toujours ce poids!

Toujours ces dents dont l’ivoire s’altère,
Ce crin hirsute en guerre avec le pou,
Toujours ce ventre enflant en demi-sphère
La pommaison de son grotesque chou.
A sa grinçante et peineuse charnière
Toujours ce bras qui pend débile et gourd,
Cette main moite où toute crasse accourt;
Du sang, de l’os, du muscle et du viscère
Toujours ce poids!

Nul réconfort au fond de ta misère
Que de presser un être encor plus mou,
Encor plus creux : tel lard en souricière,
Offrant l’appât de son funeste trou.
Lors sans bonnet sur ton occiput glabre,
Sans gant le carpe et le fémur sans bas,
En toute paix par les luneux sabbats
Tu branleras le tarse au bal macabre.
Courage encor!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Le mendiant (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020




    
Le mendiant

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre ; il s’arrêta devant
Ma porte, que j’ouvris d’une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C’était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l’homme et les joignant pour Dieu.
je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.
Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l’entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre ,
Devant la cheminée. » Il s’approcha du feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
Etalé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l’âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu’il séchait ce haillon désolé
D’où ruisselait la pluie et l’eau des fondrières,
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure où je voyais des constellations.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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LES CHATAIGNES (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

LES CHATAIGNES

Comme on pique aux vertes châtaignes
Des doigts d’enfant trop tendres,
A ton rire j’ai piqué mon coeur qui saigne :
Laisse-moi cuire la châtaigne en la cendre.

J’ai mordu l’écorce amère de la noix
Avant de savoir la saveur du fruit si doux :
Laisse-toi prendre d’amour, laisse-toi,
Laisse mûrir ton coeur avec la noisette d’août.

Les châtaignes que nous n’éplucherons pas de nos doigts
Et les noix qu’on ne mettra pas sécher au cellier,
Cet hiver, vois-tu, pourriront au bois,
Et comme elles flétries, tu serais vite oubliée…

(Tristan Klingsor)

 

 

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Rondeau des autruches (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2020




    
Rondeau des autruches

Les autruches du Minervois
Qui habitent dans la garrigue
Se gavent de pâté de foie
Et de confiture de figues
Ça vous surprend ? pas tant que moi

Quand le vent donne de la voix
Pour commencer ça les intrigue
Les autruches du Minervois

Mais quand il hurle c’est l’effroi
C’est la peur et c’est la panique
Où cacher sa tête on ne voit
Pas de sable, et des rocs qui piquent
Pauv’zautruches du Minervois

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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Des roses sauvages (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2019




    
Des roses sauvages
Pour piquer dans mes cheveux
Et faire un bouquet ;
Seule dans cette prairie,
Un long jour je t’attendis

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Les taches brunes (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2019




    
Les taches brunes,
sur les mains, on
les nomme fleurs

de cimetière — ne
les redoute pas. Ces
ombres chaque jour

plus présentes, vois-les
comme des petites
feuilles que les
automnes, tendrement,

posent peu à peu sur
ta peau, rappelle-toi
la femme paisible

qui laissait filer
sa laine, entre ses doigts
piqués des mêmes
taches brunes.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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