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Poésie

Posts Tagged ‘piqûre’

LA PUCE (Robert Clausard)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



LA PUCE

Une puce prit le chien
pour aller de la ville
au hameau voisin
à la station du marronnier
elle descendit
vos papiers dit l’âne
coiffé d’un képi
je n’en ai pas
alors que faites-vous ici
je suis infirmière
et fais des piqûres
à domicile.

(Robert Clausard)

Illustration

 

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Tous mes sens sont dardés (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



Illustration: Renaud Baltzinger
    
Tous mes sens
sont dardés
et sonores comme
une lentille de microphone.

Je ressens la pesanteur
graduelle
du crépuscule en dépression.

Je capte les piqûres sucrées
de ces parfums
à la pointe de mes doigts,
au tranchant ouvert de mes nerfs.

Il est vrai aussi que je t’aime.

(Norge)

 

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TOI (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Marcio Melo
    
TOI

Mon livre doré sur tranches que je veux lire de bout en bout.
Mon gâteau d’anniversaire qui n’a pas besoin de bougies pour être illuminé.
Mon alcool qui enivre sans nausée ni mal de tête.
Mon établi pour une espèce immatérielle de menuiserie.
Mon bateau de plaisance toujours prêt à prendre la mer.
Mon violon qui se fait mélodie dès que ma main effleure ses cordes.
Mon arme de précision que ne salit aucune piqûre de rouille.
Mon aube sur les jardins verts et sur les tas de charbon.
Mon sentier de forêt tout jalonné de cailloux blancs.
Ma fable trop merveilleuse pour comporter le post-scriptum d’une moralité.
Mon château à multiples tourelles, évanoui alors que son pont-levis vient à peine de s’abaisser.
Mon unité, dans la présence et dans l’absence.
Mon alphabet — d’arc-en-ciel à zodiaque — aux vignettes peintes des tons les plus acides et, aussi bien, les plus doux.
Ma déchirure et ce qui la recoud.
Ma preuve par neuf.
Ma partie et mon tout.
Ma panacée.
Ma chance.
Ma raison et ma déraison.
Ma fraîcheur et ma fièvre.

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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Femme (Fernand Ouellette)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Femme au sang obscur qu’un germe habite
comme une élégie de laine:

Ta pure extase est passeport des étoiles.

Quand dans ton corps les forêts courent
et les archipels de muguet.

Aucune piqûre de vent, ni l’audace ténébreuse
de l’homme ne sonderont la clairière
de ton ange.

Vive est la matrice de longs rêves arctiques.
Et fraîche de galaxies-fougères.

Aux muscles humides de boisson blanche
s’alimente le mal de vivre.

(Fernand Ouellette)


Illustration: Fabienne Contat

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Histoire d’une abeille (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

Histoire d’une abeille

Abeille bruissante des matins d’été,
Abeille qui bourdonnes dans la tasse,
Abeille où es-tu allée ?
Abeille bruissante et jamais lasse.

J’ai construit ma ruche
Dans la cervelle d’un enfant
Mais tant va l’abeille à la cruche
Que la fleur fleurit dedans.

Ce furent d’abord les yeux étonnés
Et le miel, et la cire bien construite,
Le sourire et le rire et le mot chantonné
Et la question jamais détruite.

Tant qu’à force de bourdonner
Dans la cervelle de l’enfant
Il finit par s’en étonner
Et par inquiéter ses parents.

Quand il fut approvisionné
De miel et de cire bien mûrs
Alors je l’ai abandonné
Dans le baiser d’une piqûre.

Mais nul jamais ne fera sortir de sa mémoire
Mon bourdonnement à moi, l’abeille,

(Robert Desnos)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Si d’aventure tu venais à passer (Claire Genoux)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



    

Si d’aventure tu venais à passer
à portée de mes pattes
je te saisirai en une seule fois
te roulerai sous mes dents
puis je tannerai ta peau comme un cuir
prendrai ta place dans les jardins sur les terrasses
partout là où tu respires
veillant à ce que rien n’efface
la piqûre de tes seins sur mes seins
les lanceurs de couteau tenir haut leur manche ?
ce n’est pas la crainte qui me fait presser le pas
plutôt l’envie de retrouver mes outils
la corde pour jouer sous la lune noire
et les fouets qui ne suffiront pas pour affronter la mort

(Claire Genoux)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Cette piqûre que tu fuis … (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Cette piqûre que tu fuis
Te sauverait peut-être de la vie
Mais les paroles lénitives de la mort
N’ont pas raison de ta terreur
Toi qui te veux pourtant sans relâche apposté
Dans les coulisses du néant
Comme le rouge-gorge dans tes pas.

(Jean Rousselot)

 

 

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AU THÉÂTRE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



AU THÉÂTRE

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure.
Mais en pleine avant-scène.. Oh! j’ai mal conservé
Dans ma mémoire si l’on jouait de l’Hervé
Ou du Donizelti : je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
Du désir s’enfoncer dans mon cœur énervé;
Et le désir croissait, de se voir observé.
Oh! l’âpre volupté que le danger procurât

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous,
Où j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux
Pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou! Tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
Et ce baiser valait toute une nuit d’amour.

(Jean Richepin)

Illustration: Eva Gonzalès

 

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Célébrer la rose (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Célébrer la rose
et périr
d’une piqûre d’épine.

(Edmond Jabès)

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Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2017



 

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure,
mais en pleine avant-scène. Oh ! j’ai mal conservé
dans ma mémoire si l’on jouait de l’Heré
ou du Donizetti : Je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
du désir s’enfoncer dans mon coeur énervé
et le désir croissait, de se voir observé.
Oh ! l’âpre volupté que le danger procure !

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous
ou j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux,
pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou ! tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
et ce baiser valait toute une nuit d’amour !

(Jean Richepin)

Illustration: Antoine Picard

 

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