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Posts Tagged ‘piqûre’

Cette piqûre que tu fuis … (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Cette piqûre que tu fuis
Te sauverait peut-être de la vie
Mais les paroles lénitives de la mort
N’ont pas raison de ta terreur
Toi qui te veux pourtant sans relâche apposté
Dans les coulisses du néant
Comme le rouge-gorge dans tes pas.

(Jean Rousselot)

 

 

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AU THÉÂTRE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



AU THÉÂTRE

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure.
Mais en pleine avant-scène.. Oh! j’ai mal conservé
Dans ma mémoire si l’on jouait de l’Hervé
Ou du Donizelti : je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
Du désir s’enfoncer dans mon cœur énervé;
Et le désir croissait, de se voir observé.
Oh! l’âpre volupté que le danger procurât

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous,
Où j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux
Pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou! Tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
Et ce baiser valait toute une nuit d’amour.

(Jean Richepin)

Illustration: Eva Gonzalès

 

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Célébrer la rose (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Célébrer la rose
et périr
d’une piqûre d’épine.

(Edmond Jabès)

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Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2017



 

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure,
mais en pleine avant-scène. Oh ! j’ai mal conservé
dans ma mémoire si l’on jouait de l’Heré
ou du Donizetti : Je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
du désir s’enfoncer dans mon coeur énervé
et le désir croissait, de se voir observé.
Oh ! l’âpre volupté que le danger procure !

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous
ou j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux,
pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou ! tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
et ce baiser valait toute une nuit d’amour !

(Jean Richepin)

Illustration: Antoine Picard

 

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La puce (Robert Clausard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



La puce

Une puce prit le chien
Pour aller de la ville
Au hameau voisin
A la station du marronnier
Elle descendit
Vos papiers dit l’âne
Coiffé d’un képi
Je n’en ai pas
Alors que faites-vous ici ?
Je suis infirmière
Et fais des piqûres
A domicile.

(Robert Clausard)

Illustration

 

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L’HORLOGE (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2016



L’HORLOGE

Au centre d’un pignon dans la cour taciturne,
Un cadran blasonnait la tristesse des murs
Et les Heures tombaient, à coups rythmés et sûrs,
Comme des gouttes d’eau qui tomberaient d’une urne.

Comme des gouttes d’eau, s’égrenant par instant
Sur un homme perdu dans une grotte obscure.
Pleurs du rocher qui font une humide piqûre
Et par une douleur marquent le cours du Temps.

Et toujours et toujours, au printemps, en automne,
A l’heure où tout s’éveille, à l’heure où tout se tait,
On entendait la voix du cadran qui chantait,
Inoubliablement plaintive et monotone.

Les sons tristes, épars, dans le silence noir
Semblaient répercutés au fond de cette cloche :
Appels de cor pleurant au loin sur une roche
Et bruits intermittents des forges dans le soir.

Et toujours et toujours dans la calme demeure
L’horloge diligente éparpillait son chant
Et les aiguilles d’or, se fuyant, se cherchant,
Semblaient s’ouvrir en croix surie tombeau de l’Heure !

Impassible cadran où tout le long du jour
Dans son arène vide allaient tourner nos rêves,
Cependant que la cloche en quelques notes brèves
Parlait de l’heure enfuie aux échos de la cour !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Laetitia Méral

 

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J’aime l’araignée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2016



J’aime l’araignée

J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,
Parce qu’on les hait ;
Et que rien n’exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;

Parce qu’elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu’elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu’elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! fatals noeuds !
Parce que l’ortie est une couleuvre,
L’araignée un gueux;

Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,
Parce qu’on les fuit,
Parce qu’elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit…

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie
De les écraser,

Pour peu qu’on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

(Victor Hugo)

Illustration

 

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