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Retour à Nouakchott (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



20 April 2004

20 April 2004

 

Retour à Nouakchott

Je te retrouve dans le souffle du vent
Exsangue brûlé par le sable sans relâche
Tant de dunes impatientes le long de ma route
Surgissent des limbes de l’inconsolé mirage

Les caravanes portées par la distance d’antan
Immobiles et langoureuses l’ombre aussi rare
Que l’acacia sec et endurci sous le soleil de plomb
Mon chant comme prière implorant le firmament

J’ai de toi désert la soif affranchie des frontières
Le rêve qui s’enlise ensablé habillé de lumière
Tout l’océan aimant chargé de lourdes pirogues
Butin d’arc-en-ciel pour des frères noirs et blancs

Où as-tu égaré fleuve ton limon pour nourrir la terre ?

(Tahar Bekri)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Tout homme est tiraillé entre deux besoins (Mythe mélanésien de l’île de Vanuatu)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2018



Tout homme est tiraillé entre deux besoins.
Le besoin de la Pirogue, autrement dit du voyage, de l’arrachement à lui même,
et puis le besoin de l’Arbre, celui de l’enracinement, de l’identité.
Les hommes errent donc constamment entre ces deux besoins,
cédant tantôt à l’un tantôt à l’autre
jusqu’à ce qu’ils comprennent
que c’est avec l’Arbre que l’on fait la Pirogue.

(Mythe mélanésien de l’île de Vanuatu)

Illustration: Jean Clos

 

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PASSAGES (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

PASSAGES

I
Océan violet voile de toile
étal où se joue
l’invisible commerce du vent.
*
Pirogue, arbre couché
privé de sève
qui rêve l’immobilité.
*

Ailleurs compliqué d’îles, de songes
où n’aborde jamais
qu’une ombre
l’homme

II
Habille-les, toi
les nervures de la feuille.
La chenille t’aimera
nu dans sa fourrure.
*
Assoiffé ô coeur aveugle
suis l’oiseau rapace
épiant pas à pas
la trace de sel des larmes.
*
Tu seras si lent
à parfaire ton silence.
Même au temps éteint opaque
quand l’os craque dans ta cendre
et trouble un passant.

III
Sable
ni vent ni pierre
Comme le temps
entre hier et peut-être.
*
Sable où tout s’efface
la grâce du feu te fond
dans la transparente idée.
*
Pierre opaque
naissance de l’immobilité
seul te change
un acte de la pensée.

IV
Temple, chambre
songe d’adobe ou refuge
autre corps nu habitable
un temps mesuré.
*
Pur, invisible coupure
le cristal sépare
la soif de l’eau.

(Claude Michel Cluny)

 

 

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Les Marquises (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017





    Les Marquises

Ils parlent de la mort comme tu parles d’un fruit
Ils regardent la mer comme tu regardes un puits
Les femmes sont lascives au soleil redouté
Et s’il n’y a pas d’hiver, cela n’est pas l’été
La pluie est traversière, elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise, le temps s’immobilise
Aux Marquises

Du soir, montent des feux et des points de silence
Qui vont s’élargissant, et la lune s’avance
Et la mer se déchire, infiniment brisée
Par des rochers qui prirent des prénoms affolés
Et puis, plus loin, des chiens, des chants de repentance
Et quelques pas de deux et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise et l’alizé se brise
Aux Marquises

Le rire est dans le cœur, le mot dans le regard
Le cœur est voyageur, l’avenir est au hasard
Et passent des cocotiers qui écrivent des chants d’amour
Que les sœurs d’alentour ignorent d’ignorer
Les pirogues s’en vont, les pirogues s’en viennent
Et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font
Veux-tu que je te dise : gémir n’est pas de mise
Aux Marquises

(Jacques Brel)

 

 

 

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As-tu vu (Charles Nodier)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



bateau-a-la-noix- 2

As-tu vu, quelquefois, sur le ruisseau de notre village,
une valve de noix sèche qui fuit comme une pirogue, emportée par le courant ;
tantôt pirouettant sur un petit flot qui tourbillonne,
tantôt échouée sur un récif, entre deux pieds de flambe ou deux feuilles de nymphaea ;
délaissée comme une vieille carcasse de vaisseau à la suite d’une sécheresse,
remise à flot par une averse, et voguant sans mât, sans rames et sans pavillon,
au gré de la pluie et du vent ?

C’est la voiture nautique avec laquelle je parcours les immenses replis de la ceinture du globe !

Je descends le long cours des fleuves, à travers des rivages qu’enrichit une pompeuse végétation,
je vois les villes répéter leurs panoramas magnifiques
dans le cristal immense que je laboure de ma quille assurée.
J’arrive aux mers, sur mon tillac humecté par l’écume d’argent d’une marée favorable,
ou par les gouttes d’eau qui tombent en perles des ailes frémissantes du cormoran.
Bientôt les oiseaux disparaissent.
À peine je vois encore quelque poisson volant refermer ses nageoires membraneuses,
desséchées par un rayon de soleil, et tombant de haut dans la mer ;
ou bondir quelque bonite égarée.

L’Océan m’est ouvert avec ses îles et ses mondes…

(Charles Nodier)

 Illustration

 

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