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Poésie

Posts Tagged ‘plafond’

LA PLACE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
LA PLACE

On entend sur la place les cris d’une femme
au soir de l’existence
seule avec sa chevelure
son dédain âpre et pur.
Des pâtres, des vachers
l’ont dans sa jeunesse embrassée.
Demeurent des plafonds noirs
des balcons historiés
faisant le tour de la place
et l’heureux conducteur
d’une voiture vide.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard
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Retouche à un dimanche de Juillet (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Retouche à un dimanche de Juillet

Dans l’escalier d’un poème
la femme ravaude les jours de l’après-midi

le quartier de pastèque sur la table
assombri par l’orage
le ciel souple y plante ses griffes

l’homme chante à mots couverts
plus amer qu’un feu d’herbe

et l’enfant regarde au plafond
des mondes
sortir d’une fente
et se défaire

(Daniel Boulanger)

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DÉLABREMENT (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Octave Tassaert La Bohème

DÉLABREMENT

Comme un appartement vide aux sales plafonds,
Aux murs nus, écorchés par les clous des peintures,
D’où sont déménagés les meubles, les tentures,
Où le sol est jonché de paille et de chiffons,

Ainsi, dévasté par les destins, noirs bouffons,
Mon esprit s’est rempli d’échos, de clartés dures.
Les tableaux, rêves bleus et douces aventures.
N’ont laissé que leur trace écrite en trous profonds.

Que la pluie et le vent par la fenêtre ouverte
Couvrent de moisissure acre et de mousse verte
Tous ces débris, horreur des souvenirs aimés!

Qu’en ce délabrement, une nouvelle hôtesse

Ne revienne jamais traîner avec paresse,

Sur de nouveaux tapis, ses peignoirs parfumés

(Charles Cros)

llustration: Octave Tassaert

 

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Final (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



 


    
Final

De même quand la vie laissée derrière
revient légère, à peine dans le pas
fugace de l’air, du nuage, du verre
qui au soleil irise son vide courbe,

de même, grissaille au lever du jour
ou ombre d’un oiseau sur le plafond,
et moins qu’image, que souvenir, survol
du baiser sur la bouche déjà oubliée,

j’assiste à ta naissance de l’absence,
auréole des jeux d’eau où tu t’amuses
avec l’enfance souple des reflets,

et à nouveau se hisse dans ce désert
ta dure essence qui me livre, amour,
à la vaine espérance du miroir.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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LE COEUR AU BOND (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    
LE COEUR AU BOND

Rien n’a changé
Les fleurs du paravent montent jusqu’au plafond
La serrure secrète retrouve sa chanson
La fenêtre est ouverte
Je regarde courir la Loire jument verte
L’écume des corbeaux qui flotte au bord du toit

C’est toujours toi qui m’accueilles
Au bas de l’escalier
Des algues de lumière enchaînent tes épaules
Et le serpent de ciel aurait pu t’étouffer

Quand tes mains voleront sous les prèles
Quand la terre baignera tes paupières fossiles
Je reprendrai la vie où tu l’auras laissée.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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RETOUR À L’AUBE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




Illustration

    
RETOUR À L’AUBE

Un bouquet de soleil danse dans la serrure
Les tables sont fleuries
On glisse les parures
Une main cache encore les écluses dorées

Tout ce qui dort a son secret
Le village enfoui sous la lampe
Les oiseaux perchés sur la rampe
La feuille blanche du plafond

J’ai reconnu ton pas
La voix-fée de la porte
Le cri désespéré d’un homme qu’on abat
La chambre sous le toit
Et la petite morte.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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MONTS ET MERVEILLES (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



    

MONTS ET MERVEILLES

Soleil dont le plateau fait pencher la balance
Le vent dans les barreaux
Le premier pas de danse
Et la neige qui fond
Les liens qui se défont
La pensée qui descend lentement du plafond
Le sourire attendu qui lézarde la face

Seigneur il fait si beau
Comment rester en place
Je vais te réclamant sur les toits bohémiens
Pour t’appeler les mots ne viennent pas très bien
Niais de mes yeux tu vois j’apprivoise les anges
Les arbres et mes bras font un curieux mélange
Toujours plus près de toi
Conseillé par les fleurs
Ta main pressant la pomme acide de mon coeur

Je t’attends
Tu n’attends jamais laissé un homme attendre
Pour t’aimer
Tu diras comment il faut s’y prendre
J’ai tant besoin d’amour
Mon Dieu, tu ne peux pas me rayer de ton cours

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Mon âme a tant d’âges (Joséphine Bacon)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




Illustration: Stéphanie Roux
    
Mon âme a tant d’âges
Je me baigne dans une eau où je ne suis pas
Un plafond éclaire ma vie

(Joséphine Bacon)

 

Recueil: Un thé dans la toundra – Nipishapui nete mushuat
Traduction:
Editions: Mémoire d’encrier

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LE LABOUREUR ET SES ENFANTS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
LE LABOUREUR ET SES ENFANTS

Pas de trésor caché dedans
Pas plus que dans mon poing qui meurt
De source claire
Rien sur le dos ni sous la paume de la terre
Rien à gratter sur l’oeuf en plâtre de la terre
Plus de petits poussins tremblants dans les sentiers
Plus de femme en peignoir à fleurs sur le palier
Plus de foule au balcon pour voir passer la foule
Plus de mousse qui perle et de pierre qui roule
Plus de chalands à quai
Plus de lustres au plafond
Plus de zéro de conduite et de leçons
Plus rien qui vaille encor la peine de distraire
Ce temps de nous
A la veille de la misère.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Nous dormions ensemble (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Nous dormions ensemble

Nous dormions ensemble… comme tu étais fatigué…
Comme la chambre était tiède, et longues les flammes
Sur le plafond, les murs et le grand lit blanc.
Nous parlions par chuchotements comme font les enfants,
Chacun à son tour. Tantôt c’était moi, puis c’était toi,
Un instant endormis, qui nous éveillions. «Tu vois,
Disait l’un de nous, je n’ai pas du tout sommeil…»

Etait-ce il y a mille ans?
Je me suis réveillée dans tes bras ? tu dormais profondément
Et j’ai entendu les pas précipités des moutons.
Doucement je me suis glissée à terre et j’ai rampé
Jusqu’à la fenêtre aux rideaux tirés.
Puis, tandis que tu dormais encore, j’ai regardé les moutons
Passer dans la neige.

O troupeau de pensées, frissonnantes, désolées,
Dehors dans le froid avec la Peur pour berger,
Qui dans mon cœur es rentré au bercail!
Mille ans… Est-ce hier que dans l’obscurité,
L’un contre l’autre serrés,
Enfants de très loin nous étions couchés
Et dormions ensemble? Comme tu étais fatigué…

***

Sleeping together

Sleeping together… how tired you were!…
How warm our room… how the firelight spread
On walls and ceiling and great white bed!
We spoke in whispers as children do,
And now it was I — and then it was you
Slept a moment, to wake — « My dear,
I’m not at all sleepy », one of us said…

Was it a thousand years ago?
I woke in your arms — you were sound asleep ?
And heard the pattering sound of sheep.
Softly I slipped to the floor and crept
To the curtained window, then, while you slept,
I watched the sheep pass by in the snow.

O flock of thoughts with their shepherd Fear
Shivering, desolate, out in the cold,
That entered into my heart to fold!
A thousand years… was it yesterday
When we, two children of far away,
Clinging close in the darkness, lay
Sleeping together ? … How tired you were ! …

(Katherine Mansfield)


Illustration: Henri Toulouse Lautrec

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