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DERNIER COULOIR (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


Ettore Aldo Del Vigo -   (29)

 

DERNIER COULOIR

Avant tout : joie de servir
et de chanter si tu l’aimes,
avant tout : le seul désir
d’être pareil à toi-même
aux plages de ton poème
et d’éterniser l’instant.
Etre, avant tout, du voyage,
ne pas marchander le temps,
s’acharner dans les cordages
contre marées, contre vents.
Avant tout, s’en dégager
même si le masque est d’or,
toujours visière levée,
les bras nus et sans épée,
en attendant de partir
avant tout : joie de servir.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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A PEINE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration: Pierre Brault
    
A PEINE

A peine si le vent retrousse un peu la mer
fait mousser sur son bleu un coin de jupon blanc
à peine si le sang à ton front quand tu dors
compte tout doucement l’aller retour du temps

A peine si les cris des enfants sur la plage
se mélangent au flot qui chuchote ses plis
à peine si le blanc d’un tout petit nuage
éclabousse le bleu du ciel ourlé de gris

A peine si j’écris à peine si tu dors
à peine s’il fait chaud à peine si je vis
et je ferme les yeux croyant laisser dehors
tout ce qui n’est pas toi mon amour endormi.

(Claude Roy)

 

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Tout ce qui était sera (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019




    
Tout ce qui était sera
Même ce coq et ce rat

Qui criaient au petit jour
Dans le piège et dans la cour,

Quoi ? Même l’amour premier
La fillette au tablier

Noire et blanche dans les blés
Un des soirs d’un vieil été ?

Passé toujours dans l’avenir
Présent qui tourne au souvenir,

Enfant, jeune homme sur la plage
Où le vieil homme écrit sa page.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une autre nuit liquide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Alexandre Podgorny
    
Une autre nuit liquide
envahit le territoire de la nuit.
Les vagues du noir
n’ont pas besoin de plage
mais simplement d’un lit
de leur propre substance
qui contienne la question invraisemblable.

Les vagues du noir
cherchent une réponse
qui ne se trouve que dans le noir,
mais dans un noir distinct,
différent du noir.
Un noir aux ailes basses
et quiétudes extrêmes.

Questions et réponses
sont des substances dissemblables
qui ne se rejoignent presque jamais.

Les vagues du noir
unissent les deux substances
en rassemblant dans son noir

les noirs différents :
les liquides, les solides,
celui de derrière la vie,
celui de derrière la mort,
celui de toute question,
celui de toute réponse.

***

Otra noche líquida
invade el territorio de la noche.
Las olas de lo negro
no necesitan playa
sino tan sólo un lecho
de su mima sustancia
que lleve la pregunta inverosímil.

Las olas de lo negro
buscan una respuesta
que sólo esta en lo negro,
pero en un negro distinto,
diferente del negro.
Un negro de alas bajas
y quietudes extremas.

Preguntas y respuestas
son sustancias desiguales
que no se encuentran casi nunca.

Las olas de lo negro
juntan las dos sustancias,
al reunir en su negro

los diferentes negros:
los líquidos , los sólidos,
el de atrás de la vida,
el de atrás de la muerte,
el de toda pregunta,
el de toda respuesta.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Printemps (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019


 

Il y a sur la plage quelques flaques d’eau
Il y a dans les bois des arbres fous d’oiseaux
La neige fond dans la montagne
Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs
Que le pâle soleil recule.

C’est par un soir d’hiver dans un monde très dur
Que je vis ce printemps près de toi l’innocente
Il n’y a pas de nuit pour nous
Rien de ce qui périt n’a de prise sur toi
Et tu ne veux pas avoir froid

Notre printemps est un printemps qui a raison.

(Paul Eluard)

Illustration: Sandro Botticelli

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AU PRINTEMPS (Kôichi lijima)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

EMIL NOLDE  couple 5a

AU PRINTEMPS
HARU NO TAME NI

Réveillant en creusant le printemps endormi sur la plage
Tu le mets dans tes cheveux et tu ries
Ton rire fait des ronds dans le ciel, éclate comme l’écume
Et la mer doucement réchauffe un soleil vert

Ah! Ta main dans la mienne!
Ton caillou jeté dans mon ciel!
Aujourd’hui, pétales filant au fond du ciel

Entre nos bras poussent des bourgeons
Au centre de nos regards
Un soleil d’or tourne et laisse ses embruns
Oui, nous sommes un lac les arbres
La lumière filtrant sur l’herbe
Les collines de tes cheveux où danse la lumière
Nous, nous!

Dans le vent nouveau une porte s’ouvre
D’innombrables mains nous appellent avec les ombres de la verdure
Un chemin vient de s’ouvrir sur la peau douce de la terre
Au milieu de la source resplendissent tes bras
Et sous nos cils, baignant dans le soleil
Commencent silencieusement à mûrir
La mer, les fruits

(Kôichi lijima)

Illustration: Emil Nolde

 

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Pissenlits, pissenlits (Ogiwara Seisensui)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Pissenlits, pissenlits
Sur la plage
Le printemps ouvre les yeux.

(Ogiwara Seisensui)

 

 

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Se détourner du temps (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



Illustration: Gilbert Garcin
    
Se détourner du temps,
déjouer le compte-gouttes de l’âge
et déchirer le suaire
des minutes répétées comme des abeilles.

Comment fouler le temps
et marcher sur lui
comme sur une plage
dont la mer s’est séchée ?

Comment sauter sur le temps
et avoir pied dans le vide
et son absence creusée ?

Comment reculer dans le temps
et raccorder le passé
à tout ce qui fuit ?

Comment trouver dans le temps l’éternité,
l’éternité faite de temps,
de temps congelé dans les gosiers les plus froids ?

Comment reconnaître le temps
et trouver le fil inconnu
qui coupe ses moments
et le divise toujours
justement au milieu ?

***

Desconocer el tiempo,
desbaratar el cuentagotas de la edad
y rasgar el sudario
de los minutos repetidos como abejas.

¿Cómo pisar en el tiempo
y caminar por el
como sobre una playa
cuyo mar se ha secado?

¿Cómo saltar en el tiempo
y hacer pie en el vacío
y su excavada ausencia?

¿Cómo retroceder en el tiempo
y empalmar el pasado
con todo lo que huye?

¿Cômo encontrar la eternidad en el tiempo,
la eternidad hecha de tiempo,
de tiempo congelado en las fauces mas frías?

Cômo reconocer el tiempo
y hallar el filo ignoto
que corta sus momentos
y siempre lo divide
justamente en el medio?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Les demoiselles du temps jadis (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019



Illustration: Jean Gabriel Goulinat
    
Les demoiselles du temps jadis

Gwendoline Mac Dougall Esperanza Griffi
et Jennifer Atkins chantant la nuit venue
oublierai-je vos rires lorsque vous nagiez nues
dans l’eau phosphorescente de la plage à minuit?

Où sont vos rires envolés? Où est Anna
qui de ses longs cheveux me caresse et me mord
promenant lentement sa bouche sur mon corps?
Qu’est devenu le beau plaisir qu’on se donna?

Quelque part très foin loin dans la galaxie
l’écho de l’écho d’un éclat de rire carillonne
Un rayon demi-mort s’éveille un peu frissonne
se souvenant peut-être d’avoir connu ailleurs

Jennifer Gwendoline Anna Esperanza
dont le nom aujourd’hui ne dit rien à personne

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ÉTONNÉ (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2019



Illustration: Thomas-Alexander Harrison
    
L’ÉTONNÉ

Tout est si neuf autour de lui
qu’il en est assourdi
rêvant à la nuit sans âge
autour d’une seule brève fleur

Barque sur la rosée
miracle d’équilibre
dans la goutte d’eau l’océan

Rêve du rêve lové dans l’oeuf
d’une plage sans fin
d’une eau sans fond

Tout ce bleu à travers le corps
fonds couverts de lune
rochers couverts d’eau
qu’à trembler ainsi le monde est beau!

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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