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LE TEMPS DES CERISES (Jean-Baptiste Clément)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020




LE TEMPS DES CERISES

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur

Seront tous en fête !

Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux, cueillir en rêvant

Des pendants d’oreilles…

Cerises d’amour aux roses pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang…
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d’amour,

Évitez les belles !

Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour…
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des peines d’amour !

J’aimerai toujours le temps des cerises :
C’est de ce temps-là que je garde au cœur

Une plaie ouverte !

Et dame Fortune, en m’étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur…
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

(Jean-Baptiste Clément)

Illustration: Sophie Costa

 

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… Et voilà (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2020



Illustration: Fabienne Contat
    
Un marin a quitté la mer
son bateau a quitté le port
et le roi a quitté la reine
un avare a quitté son or
… et voilà

Une veuve a quitté le deuil
une folle a quitté l’asile
et ton sourire a quitté mes lèvres
… et voilà

Tu me quitteras
tu me quitteras
Tu me quitteras
tu me reviendras
tu m’épouseras
tu m’épouseras

Le couteau épouse la plaie
rarc-en-ciel épouse la pluie
le sourire épouse les larmes
les caresses épousent les menaces
… et voilà

Et le feu épouse la glace
et la mort épouse la vie
comme la vie épouse l’amour

Tu m’épouseras
Tu m’épouseras
Tu m’épouseras.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Embrasse-moi
Traduction:
Editions: Gallimard

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SIFFLEMENT DE LA PLAIE PARFAITE (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Arthur Dove
    SIFFLEMENT DE LA PLAIE PARFAITE

Ouvre-moi, amour, la porte
de la plaie parfaite.

Ouvre, mon amour, ouvre
la porte de mon sang.

Ouvre, pour qu’enfin sortent
tous les mauvais désirs.

Ouvre, pour que fuient
toutes les obscures intentions.

Ouvre, pour que soient
pures mes veines
et que mes mains soient des chardons,
et des puits sereins mes yeux.

Ouvre, que pénètre l’air
de tes mots… Ouvre !

Ouvre, amour, qu’entre déjà ….
Ah !
Que ne sorte… Ferme !

***

Silbo de la llaga perfecta

Abreme, amor, la puerta
de la llaga perfecta.

Abre, amor mío, abre
la puerta de mi sangre.

Abre, para que salgan
todas las malas ansias.

Abre, para que huyan
las intenciones turbias.

Abre, para que sean
puras mi venas,
mis manos cardos mondos,
pozos quietos mis ojos.

Abre, que viene el aire
de tus palabras…¡Abre!

Abre, amor, que ya entra…
¡Ay!
Que no salga… ¡Cierra!

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

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Amour désenchanté (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




    
Amour désenchanté
désert glacé coeur éclaté
c’est fini elle est partie.
Ciel gris hiver ennui
oui ça arrive aussi
amour déglingué
le ressort a cassé.
Portes fermées volets tirés
il faut panser les plaies.
Et puis par la serrure perce un rai de lumière
jamais vraiment l’amour ne désespère
un souffle d’air et sous la cendre
rougeoie la braise.

Demain
oui demain
à nouveau
j’aimerai.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Saluer (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



 

printemps  [1280x768]

Saluer
L’enfant provisoire
Le vieillard sans horizons
Le silence des plaies
La détonation des mots
Le songe qui tisonne
La beauté qui féconde
Le pas migrateur

Malgré l’érosion
Des coeurs et des falaises
Saluer les printemps
Qui ne cessent d’affleurer.

(Andrée Chedid)

 

 

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TENDU COMME UN VIOLON (Aba Stoltzenberg)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019




    
TENDU COMME UN VIOLON

Tendu comme un violon
J’attends intensément la main du virtuose
Sur la soie de l’archet
Les yeux éteints.
J’attends comme une forêt sombre,
Embrase-moi de toutes parts,
Prends-moi comme on force une fille,
Je suis une salle fébrile
Aux fenêtres illuminées,
Bourdonne la soie fine et moi partout je tourbillonne,
Les sens béants comme des plaies à vif.

(Aba Stoltzenberg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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POÈMES DE LA SEINE (Elhonen Vogler)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



Illustration: Leonod Afremov
    
POÈMES DE LA SEINE
(extrait)

Qui ne mesure nuit et jour
Que par Vénus aux bras ouverts
Voit dans le giron de Lutèce
Le songe devenir un ver.

À travers les prés verdissants
La terre sent, par lui foulée,
Dans la fumée des jours naissants
Les villes, ruines, s’écrouler.

Qui ne possède point de femme
Muet vers la Seine descend
Pour voir se mirer dans sa larme
Sa tête aux cheveux déjà blancs.

À qui n’a rien, pas même un toit,
Elle apprend, au bruit de sa vague,
Le langage du désarroi
Sur le boulevard Saint-Michel.

Pour tous les vagabonds elle est
Véritablement une mère
Qui sait apaiser toute plaie
Brûlant aux pieds de ceux qui errent.

(Elhonen Vogler)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE COMPLAINTE JUIVE (David Einhorn)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



Illustration: Rafal Olbinski
    
UNE COMPLAINTE JUIVE

Comme à leur arc rivées
Les cordes sont tendues,
Tirées à se briser
Par des mains inconnues,
Mais sans frémir, muettes,
Comme avant la tempête
Dans les yeux la tristesse
Se calcine, embrasée.

Terrifiant silence
Qu’on ne peut endurer,
Douleur à ne pas dire
Plaie à ne pas montrer,
Comme harpes qui pendent
Muettes sur les branches
Quand dans les doigts se fendent
Les sanglots étranglés.

Pourtant les heures restent
Quand l’océan s’endort,
Que du bleu sourd le presque
Imperceptible accord,
Vers nous, de chaque corde,
Un écho monte alors,
Comme prière il flotte
Comme une voix implore.

Tout s’allège et la peine
Peut alors déposer
Au coeur comme au désert
Un semblant de rosée.
Le réconfort nous berce
Comme longue langueur,
Une complainte juive
Se trempe dans les pleurs.

(David Einhorn)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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DÉSIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



 

Illustration
    
DÉSIR

Cloches, puissances de la nuit,
Cloches comme des chemises
Je suis déjà vieux, je suis
Un aïeul à tête grise.

Boucles comme des oiseaux,
Ô flot des dorures blondes,
Vous êtes venues trop tard
Vous présenter dans la ronde !

Seins pareils à des soleils
Qui sont le souffle des roses –
Mon poème maintenant
Je ne le pense qu’en prose.

Et ni Vénus ni Sapho,
Ni Aphrodite elle-même
Ne peuvent plus enflammer
Le sang qui coule en mes veines.

Mon désir des blondeurs paille,
Du bleu dont l’oeil se colore –
Voilà qu’il s’est transformé
En tentation de mort.

Une souffrance assoiffée,
Un feu plus fort que la faim –
Vers la calme, vers la douce,
Vers la fin de toutes fins.

Plus que le mâle désir
Je ressens en moi, puissant,
Le voeu de ne plus sentir
Mon propre corps à présent.

Tout nu, de me dévêtir
De cette plaie qu’est la vie,
Ne plus rien donner au songe
Et ne plus rien lui ravir.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur la peau tendue du désamour (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



S’ouvre une plaie profonde
sur la peau tendue du désamour
nourri d’herbes d’errance

(Alain Mabanckou)


Illustration

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