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Posts Tagged ‘plaintive’

Lorsque sous la rafale (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

David Brayne 3244

Lorsque sous la rafale …

Lorsque sous la rafale et dans la brume dense,
Autour d’un frêle esquif sans voile et sans rameurs,
On a senti monter les flots pleins de rumeurs
Et subi des ressacs l’étourdissante danse,

Il fait bon sur le sable et le varech amer
S’endormir doucement au pied des roches creuses,
Bercé par les chansons plaintives des macreuses,
A l’heure où le soleil se couche dans la mer.

(Jean Moréas)

Illustration: David Brayne

 

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LE RAMONEUR (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018




LE RAMONEUR

Une petite chose noire sur la neige
Crie d’une voix plaintive: « amoneur ! amoneur ! »
– Oû est ton père ? Oû est ta mère ? demandé-je.
– A l’église tous deux, pour prier le Seigneur.

Parce qu’ils me voyaient heureux sur cette lande,
Parce que dans la neige et l’hiver je souris,
Ils m’ont fait mettre en deuil, et puis ils m’ont appris
A chanter d’une voix geignarde et qui quémande.

Puisque joyeux je chante et danse dans le froid,
Ils pensent qu’ils n’ont fait nul tort à leur petit
Et s’en vont louer Dieu, et le prêtre et son roi
Qui ont construit, sur la misère, un paradis.

(William Blake)

 

 

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Je t’aime (Michaële Lafontant)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



 

Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter -   (25)

Je t’aime
Dans les regards désespérés
Des enfants qui errent
Sans pain

Je t’aime
Dans les soupirs déchirants
Des corps paralysés
Par l’angoisse

Je t’aime
Dans la voix plaintive
Des vieillards en guenilles
Qui mendient

Je t’aime
Dans la vague de sang
Des martyrs du monde entier
Qui s’immolent

Je t’aime
Dans la tristesse des jours de fête
Où les déshérités de tout
Se saoulent

Je t’aime
Dans la détresse inhumaine
De nos frères exploités
Qui revendiquent

Je t’aime
Dans la douceur du soleil levant
Où l’espoir chaque jour
Grandit

Je t’aime
Dans la pénombre du soir
Où le jour qui n’est pas un jour
Se meurt

Je t’aime
À travers tous les hommes
Car en toi se résume
Le Monde

(Michaële Lafontant)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

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La Lune s’est noyée… (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



La Lune s’est noyée…

SEULE, je sais la mort de Madonna la Lune,
De la Lune aux cheveux si blonds et si légers,
Aux yeux furtifs et dont les voiles ouvragés
Glissaient avec un si doux frisson dans la brume…

Hier soir, quand j’errais au loin, je l’aperçus.
Je l’aperçus penchée et pleurant, sous l’yeuse,
Ainsi qu’une fantasque et plaintive amoureuse
Se lamentant des chers baisers trop tôt déçus.

Comme pour un festin, elle s’était parée,
Elle s’était parée avec ses colliers d’or.
Un hibou, s’élevant dans un craintif essor,
La frôla doucement de son aile égarée.

La Lune s’inclina. Telle aux soirs de jadis,
Aux longs soirs de jadis tremblants sur l’eau dormante
Elle mirait son front capricieux d’amante…
Et soudain j’entendis un froissement d’iris.

J’écartai les roseaux frémissants et tenaces,
Tenaces à l’égal de frêles bras liés.
La Lune reposait, avec ses beaux colliers.
Au loin se répandait un thrène de voix basses.

La Lune diffusait une faible splendeur,
Une splendeur mourante, au fond des herbes glauques.
Et voici que, soudain, ayant tu ses chants rauques,
Un crapaud se posa froidement sur son coeur.

Je vais pleurant la mort de la Lune, ma Dame,
De ma Dame qui gît au fond des nénuphars.
Il n’est plus de clarté dans ses cheveux épars,
Et ses yeux ont perdu l’azur vert de leur flamme.

Quel lit recueillera mon frileux désespoir,
Mon désespoir d’amant fidèle et de poète ?
O vous tous que le bruit de mes pleurs inquiète,
La Lune s’est noyée au fond de l’étang noir !

(Renée Vivien)

Illustration: Nicole Helbig

 

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Près du ruisseau (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2016



Près du ruisseau

Près du ruisseau veille et plonge une étoile
un rapace a saisi la plaintive lumière
voici le cri des coqs qui met en sang la nuit
la peur découpe un paysage aigu
où l’on entend qui naît la tremblante rosée

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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Vanité (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2016



Vanité

Si nous disons, doucement, doucement
Tout ce qu’un jour il nous faudra bien dire,
Qui donc écoutera nos voix sans rire,
Mornes voix geignardes de mendiants
Qui vraiment les écoutera sans rire?

Si nous crions rudement nos tourments
Depuis toujours montant couche à couche,
Quels yeux regarderont nos larges bouches
Faites au gros rire de grands enfants
Quels yeux regarderont nos larges bouches?

Quel coeur entendrait nos vastes clameurs
Quelle oreille nos colères chétives
Qui restent en nous comme des tumeurs
Dans le fond noir de nos gorges plaintives?

Quand nos Morts sont venus avec leurs Morts
Quand ils nous ont parlé de leurs voix lourdes;
Comme nos oreilles ont été sourdes
A leurs cris, à leurs appels les plus forts
Comme nos oreilles ont été sourdes,

Ils ont laissé sur la Terre leurs cris,
Dans l’air, sur l’eau, ils ont tracé leurs signes
Pour nous Fils aveugles sourds et indignes
Qui ne voyons rien de ce qu’ils ont mis
Dans l’air, sur l’eau où sont tracés leurs signes.

Et puisque nos morts nous sont incompris
Puisque nous n’entendrons jamais leurs cris
Si nous pleurons doucement, doucement
Si nous crions rudement nos tourments
Quel coeur entendra nos vastes clameurs
Quelle oreille les sanglots de nos coeurs?

(Birago Diop)

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De la rue on entend sa plaintive chanson (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2015




De la rue on entend sa plaintive chanson

De la rue on entend sa plaintive chanson.
Pâle et rousse, le teint plein de taches de son,
Elle coud, de profil, assise à sa fenêtre.
Très sage et sachant bien qu’elle est laide peut-être,
Elle a son dé d’argent pour unique bijou.
Sa chambre est nue, avec des meubles d’acajou.
Elle gagne deux francs, fait de la lingerie
Et jette un sou quand vient l’orgue de Barbarie.
Tous les voisins lui font leur bonjour le plus gai
Qui leur vaut son petit sourire fatigué.

(François Coppée)

Illustration: Koninck Philips

 

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Jamais, avez-vous dit (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




Jamais, avez-vous dit, tandis qu’autour de nous
Résonnait de Schubert la plaintive musique ;
Jamais, avez-vous dit, tandis que, malgré vous,
Brillait de vos grands yeux l’azur mélancolique.

Jamais, répétiez-vous, pâle et d’un air si doux
Qu’on eût cru voir sourire une médaille antique.
Mais des trésors secrets l’instinct fier et pudique
Vous couvrit de rougeur, comme un voile jaloux.

Quel mot vous prononcez, marquise, et quel dommage
Hélas ! Je ne voyais ni ce charmant visage,
Ni ce divin sourire, en vous parlant d’aimer.

Vos yeux bleus sont moins doux que votre âme n’est belle.
Même en les regardant, je ne regrettais qu’elle,
Et de voir dans sa fleur un tel cœur se fermer.

(Alfred de Musset)

Illustration: Frank Cadogan Cowper

 

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Ton visage double (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2015




Ton visage double
Angélique et démoniaque
De vierge craintive
Et de fille perverse
A jamais me trouble
Dans mes rêves d’insomniaque
Alors que la voix plaintive
Du vent annonce l’averse.

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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