Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘plaire’

La plaine (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019



 

Quand la plaine
Se plaît

Tout à tendance
A l’imiter.

(Guillevic)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

L’intérieur de votre tête (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



L’intérieur de votre tête
n’est pas cette
MASSE
GRISE et BLANCHE
que l’on vous a dite

c’est un
PAYSAGE
de SOURCES et de BRANCHES
une
MAISON de FEU
mieux encore
la
VILLE MIRACULEUSE
qu’il vous plaira
d’
INVENTER

(Paul Nougé)

Illustration: Oleg Korolev

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tes dons à nous autres mortels (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019




    
Tes dons à nous autres mortels pourvoient à tous nos désirs,
et pourtant retournent à toi non diminués.
La rivière accomplit sa tâche quotidienne;
elle se hâte vers champs et hameaux,
mais son flot incessant se détourne vers le lavement de tes pieds.

La fleur adoucit l’air de son parfum;
mais son dernier service est l’offre d’elle-même à toi.
Ton culte n’appauvrit pas l’univers.

Les vers du poète offrent aux hommes les significations qui leur plaisent;
mais leur signification dernière est la désignation de Toi.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SÉRÉNADE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



SÉRÉNADE

La lune poétise
Ta très chère fenêtre…
Dans l’ombre je t’attends
Comme par le passé
Et je fais sangloter
Sur mes cordes le chant
Qui autrefois peut-être
Par le monde t’a plu.

La lune poétise
Le jardin parfumé,
Les prosaïques hordes
Désormais se sont tues…
Dans l’ombre je t’attends,
Un étranger toujours,
En faisant sangloter
Comme autrefois mon chant.

(George Bacovia)

Illustration: Fanny Verne

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ton regard m’a plu (Georges Friedenkraft)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration: Andrew Atroshenko
    
Ton regard m’a plu
ton rire fond dans ma bouche
entre miel et mot

(Georges Friedenkraft)

 

Recueil: Images d’asie et de femmes – poèmes pour l’exotisme en amour
Traduction:
Editions: De la Jointée

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Triangles (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



triangles

Triangles

Isocèle

J’ai réussi à mettre
Un peu d’ordre en moi-même.

J’ai tendance à me plaire.

Equilatéral

Je suis allé trop loin
Avec mon souci d’ordre

Rien ne peut plus venir

Rectangle

J’ai fermé l’angle droit
Qui souffrait d’être ouvert
En grand sur l’aventure.

Je suis une demeure
Où rêver est de droit.

(Eugène Guillevic)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Être angélique (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018


Ce petit corps charmant que semble avoir sculpté la main la plus habile
Comme il est là flottant, souple et sans ossature, au mollusque pareil!
En lui tout est organe, et tout s’y articule, et tout y plaît aux yeux.
Tout y est fait selon les normes, tout y est mobile à volonté.
Des hommes, j’en connais, des animaux aussi, tant oiseaux que poissons,
Et maints reptiles bien à part, miracles nés de la grande nature;
Pourtant je te regarde avec stupeur, Bettine, adorable miracle,
Toi qui es tout cela ensemble et qui, de plus, es un être angélique.

***

Wie, von der künstlichsten Hand geschnitzt, das liebe Figürchen,
Weich und ohne Gebein, wie die Molluska nur schwimmt!
Alles ist Glied, und alles Gelenk, und alles gefällig,
Alles nach Maßen gebaut, alles nach Willkür bewegt.
Menschen hab ich gekannt und Tiere, so Vögel als Fische,
Manches besondre Gewürm, Wunder der großen Natur;
Und doch staun ich dich an, Bettine, liebliches Wunder,
Die du alles zugleich bist, und ein Engel dazu.

(Goethe)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vieille traction (Jean-Pascal Dubost)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



traction

 

La vieille traction noire et morte
au fond du champ:
j’en ai fait des virées avec,
des casses, des courses folles, des dragues,
tu me l’avais prêtée
pour tout le temps qu’il me plaisait;
dommage que
les quatre roues fussent
rectangulaires et en aggloméré

PARCE QUE SINON

(Jean-Pascal Dubost)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

NUITS (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
NUITS

Des nuits parfois sont mornes.

Les jardins n’ont plus d’odeur
Il n’est plus de frisson aux feuilles
Le ciel bas est plus rouge entre tant de portiques
Les places sont hantées de spectrales statues
Qui passe en vain s’y hâte.

Des nuits s’appesantissent à l’égal de nos jours.

Nuits d’une vieille ville
Trop vieille
Sans oiseaux sans licornes
Sans cavaliers ni dames folles
Ni faons blessés ni biches ni loups-cerviers
Ni sang frais sur les murs des palais ancestraux.

Les jeux de mains les jeux de mots sont feux
Jeux de mots jeux de mains où l’amour s’égarait
Parmi les cascades les lucioles les pierreries
La mousse des dentelles rompues
Les écharpes de soie jetées sur des yeux fiers
Les rires sous les pluies de pétales.

Nuits comme un théâtre de velours défunt
Où s’exaltent nos souvenirs diminués.

Matins étayés de béquilles.

Il reste un goût de cendre et de pourri
Un goût de fleurs croupies d’eaux fanées
Ce goût d’être déçu qui nous plaît plus que tout.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

OBSESSION (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



OBSESSION

Grands bois, vous m’effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l’orgue et dans nos coeurs maudits,
Chambres d’éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.

Je te hais, Océan ! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui ; ce rire amer
De l’homme vaincu, plein de sanglots et d’insultes,
Je l’entends dans le rire énorme de la mer.

Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu!
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !

Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers.

(Charles Baudelaire)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :