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Poésie

Posts Tagged ‘planche’

Les mains blanches (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022




    
Les mains blanches

Comme des mains blanches
Au-dessus de l’eau,
Deux fleurs font la planche
Entre les roseaux.

Un martin-pêcheur
Choisit pour perchoir
Un saule pleureur
Qui devient plongeoir.

Sous les nénuphars,
Au fil des courants,
Glissent des foulards
De soie d’Orient.

Un caillou de plumes
Est entré dans l’eau.
Un poisson d’écume
En sort aussitôt.

Et les deux mains blanches
Promues oiseleurs
Cueillent l’avalanche
De l’arbre qui pleure.

(Pierre Coran)

 

Recueil: Le bonheur est dans le pré
Traduction:
Editions: Gautier Languereau

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Qu’aimez-vous ? (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2022



On demande à l’écrivain : « Qu’aimez-vous ? » —
J’aime l’eau, dit-il, un tas de planches, une belle fille,
le chaud, le froid, des bras de femme, une main d’homme,
un vieux pantalon, un pantalon neuf ; j’aime hier,
mais j’aime demain, j’aime le soleil, mais j’aime la pluie ;
j’aime tout ce en quoi je suis ; j’aime tout, parce que je suis tout,
et moi-même je n’existe pas.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Illustration

 

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Les sirènes (Christophe Maé)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021



Illustration: Frederic Leighton
    
Les sirènes

Tel un Jack Sparrow, je remonte mes manches
J’assure pas, j’assure plus, sans mon verre sur la planche
Tel un Jack de trop, du dimanche au dimanche
J’assume pas, non j’assume plus, je ne suis plus étanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Solo, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

Tel un Jack Sparrow, je remonte les marches
Je les servais les mecs comme moi tu sais, dans ma chemise blanche
À trinquer un peu trop, perroquet sur la planche
Mon rein a coulé comme un radeau qui prend l’eau, et qui flanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Sous l’eau, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

J’entends les sirènes
J’ai plongé profond
Ma tristesse est comme la mer
Elle n’a pas de fond

Tel un Jack Sparrow, je rabaisse mes manches

(Christophe Maé) (Paul Ecole)

 

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Souvenir (Jean Wahl)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2021



Illustration
    
Souvenir

Jours de Drancy, usine à fabriquer la mort
Avec ses râles, ses mouvements, ses tournements.
Ses cris, ses toux, ses pleurs et tous ses tremblements
Mon corps te garde en lui pour bien longtemps encore.

Nuits de Drancy

Usine à fabriquer la mort, nuits de Drancy,
Où le corps en grinçant tâte déjà les planches
Les épaules font mal, je sens gémir les hanches
Mais l’esprit reste souple et chaud dans l’air transi.

Camp de Drancy, octobre 1941.

(Jean Wahl)

 

Recueil: Vive la liberté
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Chanson de veillée funèbre (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



Chanson de veillée funèbre

La bougie
qui grésille.
Minuit.

Les huit planches.
Une branche
de buis.

La dernière
des prières.
On sort.

Une mouche
sur la bouche
du mort.

(Bernard Lorraine)

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Nuit au monastère (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2020




Une planche
une bougie et un clou.
Nuit au monastère

(Anne Tardy)

 

 

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE TANAH DIT (Joseph Rolnik)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
LE TANAH DIT
(extrait)

Des tuiles, des planches, des vitres,
Et martèle, et façonne, et bats,
Assemble-les, plus vite, vite,
Le jour s’assombrit et s’en va.

Le jour s’assombrit et s’en va,
Et tout à coup surgit la nuit,
Tu restes perdu dans ton champ
Sans avoir fini ton abri.

Des tuiles, des planches, des vitres,
Rien ne peut sortir de cela,
Le vent disperse ta demeure
Avant que monte le soleil.

(Joseph Rolnik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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D’un soleil à un autre (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Toute juste manœuvre
à qui l’on aura confié
des briques et des mots
des planches
pour passer d’un soleil
à un autre.

(Christian Viguié)


Illustration: Gilbert Garcin

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Et puis dans ma Raison (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Et puis dans ma Raison une Planche a craqué
Et je suis tombée bas, de plus en plus bas –
Et j’ai heurté un Monde, à chaque palier,
Et cessé de savoir – à ce moment là –

(Emily Dickinson)

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