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Poésie

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L’AMI MORTEL (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



L’AMI MORTEL
A Bernard Milleret.

Chaque matin son pas m’éveille
Dans cette poitrine de plomb
Où le soleil, grand fauve blond,
Se fait attendre et m’émerveille.

Tout le jour, son pas traîne long
Dans les couloirs. Je tends l’oreille :
Qui de nous deux l’autre surveille
Ou le désire ? — c’est selon…

Mais vainement à le surprendre
Je m’efforce : il a dû m’entendre :
Rien qu’une fleur sur le plancher…

Rien qu’une fleur au coeur de suie
Qui me parle de mon péché !
— Puis le soir ramène la pluie…

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Le grenier (Carlos Larronde)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



Le grenier

… Il est noir, l’escalier,
L’escalier qui monte au grenier,
au grenier où le plancher craque
C’est un endroit que l’on aime beaucoup.
La nuit s’y attarde ; on y trouve de tout :
Vieux livres, souvenirs, chapeaux à claque,
Et des rats sortant de leur trou.
On a peur ; il fait noir ; le plancher craque.
C’est bon d’être là, sous les tuiles,
seul et tranquille,
Pour avoir peur et pour penser.
La lucarne est garnie de vitres, bien ternes
avec des toiles d’araignées.
On l’ouvre sur la campagne moderne,
Quand on ne veut plus vivre avec le passé.

(Carlos Larronde)

Illustration

 

 

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Ivresse rimbaldienne (Nimrod)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Ivresse rimbaldienne

Un bleu outremer guette au fond de mon oeil son écho.
Toujours je le préférai aux joies réverbérantes.
Il m’offre à toute heure du jour l’ivresse des solitudes.
je suis l’empailleur de l’espoir ici-bas, son tombeau incomparable !

L’enfance est un passeport égaré le long des routes
Indélicates. Elles desservent des foules des forêts
Abruptes et bourrues, insensibles à la patience des nuages.

Où s’en sont allées mes jeunes années ? Le temps les frictionne
De son amour universel. J’en appelle à l’ordre luciférien
Sans perdre de vue ni la douceur des nuées
Ni la beauté des ombres dociles errantes

Il ne tient qu’à moi de leur tourner le dos.
De chiffrer leurs mêlées leurs aises sur le plancher des vaches.
Le bonheur un brin paresseux suit sa pente.

(Nimrod)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Et qui donc pense à ton visage? (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Toutes les larmes sans raison
Toute la nuit dans ton miroir
La vie du plancher au plafond
Tu doutes de la terre et de la tête
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d’ici
Et de l’espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible

Et qui donc pense à ton visage?

(Paul Eluard)

 

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POÉSIE (Xavier Villaurrutia)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



 

sculpture-homme-nu_

POÉSIE

Tu es la présence avec laquelle je parle
tout à coup, seul à seul.
Ce sont les mots qui te forment,
ceux qui sortent du silence
et de la mare de rêve dans laquelle je me noie
libre jusqu’au réveil.

Ta main métallique
durcit l’urgence de ma main
et conduit la plume
qui trace sur le papier son littoral.

Ta voix, lieu de l’écho,
est le rebondissement de ma voix sur le mur,
et sur ta peau en miroir
je me regarde me regardant parmi mille Argos
pendant de longues secondes.

Mais le moindre bruit te fait fuir
et je te vois sortir
par la porte du livre
ou par l’atlas du plafond,
par les planches du plancher,
ou la page du miroir,
et tu me laisses
sans vie sans voix et sans visage,
sans masque comme un homme nu
en pleine rue des regards.

(Xavier Villaurrutia)

 

 

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Image (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
Image

Elle, soudain au passé
comme une image
tombée d’un carnet,
jetée là comme un point
de repère sur le temps.
Une page déchirée
qui traverse le plancher,
une valise oubliée
encore pleine de baisers.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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NOIR (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



Illustration: Céline Roussin
    
NOIR

Parfois des choses
À l’étale de la nuit
Sont reprises par l’avide attraction

La chute est limitée
Le plancher résiste

Mais du puits de l’enfance
Tu remontes un seau de peur

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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Un jour il comprit (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



bras nuage

Un jour il comprit que ses
bras n’étaient
Faits que de nuages

Impossible avec des nuages d’étreindre à fond
Un corps, une chance.
La chance est ronde et compte lentement
Des étoiles d’été.
Font défaut des bras sûrs comme le vent,
Et comme la mer un baiser.
Mais lui avec ses lèvres
Avec ses lèvres il ne sait dire que des mots

Mots au plafond,
Mots au plancher,
Et ses bras sont des nuages qui font de la vie
Un air navigable.

(Luis Cernuda)

Découvert chez Lara ici

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Et qui donc pense à ton visage? (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Toutes les larmes sans raison
Toute la nuit dans ton miroir
La vie du plancher au plafond
Tu doutes de la terre et de ta tête
Dehors tout est mortel
Pourtant tout est dehors
Tu vivras de la vie d’ici
Et de l’espace misérable
Qui répond à tes gestes
Qui placarde tes mots
Sur un mur incompréhensible.

Et qui donc pense à ton visage?

(Paul Eluard)

 

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A LA BELLE ENDORMIE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Bernard Rolland
    
A LA BELLE ENDORMIE

Maintenant que j’écris sur la page secrète
Des mots doucement ivres de ton nom,
Tu dors dans ce désordre de cheveux
Odorants et doux que je respire,
Et les volets fermés ont replié leurs ailes.
Le soleil par les fentes soyeuses d’un après-midi
Jette ses lettres sur le plancher qui flambe :
Je les ramasse, je veux les lire, je transcris
Ces mots d’amour et dans ton cou je les traduis
Contre l’œil clos de ton oreille.

Belle endormie loin de moi, tout près de moi, ton rêve
Encore fou, rêve et s’enfuit. Dis-moi tout bas
De deux amants quel est ce doux royaume.
Et comment le soleil qui déjà fuit t’admire.
Mais tu souris et je me brûle
De tant de mots, à travers coeurs en flammes.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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