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Poésie

Posts Tagged ‘planète’

Mon infini (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022




Illustration: Géraldine Alibeu
    
Mon infini

Il y a partout des gens qui font la tête.
Si ça se trouve, un jour, les cosmonautes
en trouveront sur une autre planète.
« Salut les râleurs !
Nous venons de la planète Terre. »
Des gens comme ça, il y en a
dans ma ville, dans ma rue, dans ma classe,
partout je le répète.
Mais il y a toi, ton sourire qui fait du soleil
aussi vite qu’un claquement de doigts,
ton sourire pas si sage
qui trace en moi son paysage.
Râleurs de tous pays ! Boudeurs de l’univers
Entêtez-vous ! Entêtez-vous !
Comme je m’en fous ! Comme je m’en fous !

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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Cette planète (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022



On sait un peu,
Cette planète,
Qu’elle se retient,

Et l’on s’étonne
Que parfois
Elle s’ébroue.

(Guillevic)

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PLANÈTES (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



PLANÈTES

Planètes, je secoue le tissu de la nuit
Entre mes mains qui passent par silence
Et vous tombez en fruits, en feuilles, en sable
Dans la bouche inlassable des ruisseaux.

Ici, où tout se joue près de l’arbre et de l’eau,
Sur cette étroite terre inscrite dans le verbe
A jamais au mot vert,
L’univers infini et ses océans d’astres
N’est que l’air qui commence aux branches du verger.

(Marc Alyn)

 

 

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Le grand départ (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2022




Illustration: André Langevin dit: Zaü
    

Le grand départ

Lyyli Belle parle :
Vers une lointaine planète
Un jour nous serons partis.

Mais cette pauvre Terre
Déserte je penserai à elle.

Qu’elle ait été notre maison Et
qu’y viennent d’autres gens !

Sauront-ils au moins ceux-là
Où se trouvent les choses ?

La place des bols, des poêles,
Des balais, du fil à coudre ?

Chacun de nous aura laissé
Tout en ordre derrière lui.

Prendront-ils soin de cela,
Du reste et du jardin aussi ?

(Mohammed Dib)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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La vision nue (Juliette Darle)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2022




    
La vision nue
à Anne Hoang

Son regard est seul à voir
l’innocence du passant

L’image en porterait preuve

La lumière sans dérive
réinvente la vie même

Anne longue nostalgie

l’aube pleure son absence
sa voyance Tu n’as plus

que son reflet dans le doute

La pure exigence semble
venir d’une autre planète

Son sourire parfois filtre
sous la belle heure qui passe

(Juliette Darle)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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Planète qui tisse sa toile (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2022




    
Planète qui tisse sa toile
et vit de captures
de météorites.

(Charles Dobzynski)

Recueil: Il pleut des poèmes Anthologie des poèmes minuscules
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Les hommes dans la rue (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2021



 

James Zwadlo  Pedestrians 5-  [1280x768]

Les hommes dans la rue, vue d’en haut par une fenêtre fermée,
tels qu’à l’écran d’un cinéma, marchant, gesticulant, aphones.
non pas silencieux, noirs, clairs ou gris; deux longs courants d’agitation humaine,
flanquant de chaque côté l’asphalte où se poursuit le croisement plus rapide des transports,
se frôlent, s’en roulent et se pénètrent sans se toucher, l’un à l’autre inutile,
comme si, chaque maison étant une planète, un astre obscur, pétrifié,
les habitants débarquaient dans la rue et poursuivaient
sans se connaître des buts distants et singuliers.

(Franz Hellens)

Illustration: James Zwadlo 

 

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L’AUBE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2021




    
L’AUBE

Je voudrais avoir l’ignorance de l’aube
Qui de là-haut a vu
Cette vieille reine mesurer une ville
Avec l’épingle d’une brochet,
Ou ces vieillards flétris regarder
De leur pédante Babylone
La course insouciante des planètes,
Le déclin des étoiles et l’éveil de la lune,
Et saisir leurs tablettes pour y faire des calculs ;
Je voudrais avoir l’ignorance de l’aube,
Et comme elle tout simplement,
Balancer sur les épaules embrumées des chevaux
Les paillettes de son char ;
Je voudrais (car tout savoir ne vaut pas un liard)
Avoir la folle ignorance de l’aube.

***

THE DAWN

I would be ignorant as the dawn
That has looked down
On that old queen measuring a town
With the pin of a brooch,
Or on the withered men that saw
From their pedantic Babylon
The careless planets in their courses,
The stars fade out where the moon cornes,
And took, their tablets and did sums;
I would be ignorant as the dawn
That merely stood, rocking the glittering coach
Above the cloudy shoulders of the horses;
I would be for no knowledge is worth a straw
Ignorant and wanton as the dawn.

(William Butler Yeats)

 

Recueil: La Rose et autres poèmes
Traduction: de l’anglais (Irlande) Jean Briat
Editions: POINTS

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Oublié là (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



 

Oublié là

Au plus profond d’un jour de fête
Bien enfermé chez moi
J’ai cru soudain que les hommes
Avaient filé sur une autre planète
Ils m’avaient oublié là

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Quercia

 

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LE SENS (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration
    
LE SENS

Le sens ne réside pas en un lieu.
C’est comme une lèvre tronquée
ou la musique d’une planète lointaine.
Rarement c’est un palais ou une plaine,
le diamant d’un vol ou le coeur de la pluie.
Parfois c’est le bourdonnement d’une abeille, une infime présence
et le jour est un feu brûlant sur la corolle de la mer.
Il s’abreuve de violence et d’obscurité
et ses rivages sont jonchés d’oubli et de chaos.
Ses caprices contiennent toute la distance du silence
et tout l’éclat du désir. Avec une musique désespérée,
il craque parfois sous le masque du temps.
Avec des cendres d’eau, il crée des halos de pénombre
et d’un côté c’est le désert, de l’autre une cataracte.
On peut le parcourir certaines fois comme le spectre solaire
ou le sentir comme un cri en lambeaux ou une porte condamnée.
Souvent ses noms ne sont pas des noms,
mais des blessures, des murailles sourdes, des lames effilées,
de minuscules racines, des chiens d’ombre, des ossements de lune.
Toutefois, il est toujours l’amant désiré que
recherche le poète dans les remous des ténèbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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