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Posts Tagged ‘planète’

RYTHMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2020




    
RYTHMES

Tout débuta
Dans l’arythmie
Le chaos

Des vents erratiques
S’emparaient de l’univers
L’intempérie régna

L’indéchiffrable détonation
Fut notre prologue

Tout fut
Débâcle et dispersion
Turbulences et gaspillage
Avant que le rythme
Ne prenne possession
De l’espace

Suivirent de vastes accords
D’indéfectibles liaisons
Des notes s’arrimèrent
Au tissu du rien
Des courroies invisibles
Liaient astres et planètes

Du fond des eaux
Surgissaient
Les remous de la vie

Dans la pavane
Des univers
Se prenant pour le noyau
La Vie
Se rythma
Se nuança

De leitmotiv
En parade
De reprise
En plain-chant

La Vie devint ritournelle
Fugue Impromptu
Refrain
Se fit dissonance
Mélodie Brisure
Se fit battement
Cadence Mesure

Et se mira
Dans le destin

Impie et sacrilège
L’oiseau s’affranchissait
Des liens de la terre

Libre d’allégeance
Il s’éleva
Au-dessus des créatures
Assujetties aux sols
Et à leurs tyrannies

S’unissant
Aux jeux fondateurs
Des nuages et du vent
L’oiseau s’allia à l’espace
S’accoupla à l’étendue
S’emboîta dans la distance
Se relia à l’immensité
Se noua à l’infini

Tandis que lié au temps
Et aux choses
Enfanté sur un sol
Aux racines multiples
L’homme naquit tributaire
D’un passé indélébile

Le lieu prit possession
De sa chair
De son souffle
Les stigmates de l’histoire
Tatouèrent sa mémoire
Et sa peau

Venu on ne sait d’où
Traversant les millénaires
L’homme se trouva captif
Des vestiges d’un monde
Aux masques étranges
Et menaçants

Il s’en arrachait parfois
Grâce aux sons et aux mots
Aux gestes et à l’image
À leurs pistes éloquentes
À leur sens continu

Pour mieux tenir debout
L’homme inventa la fable
Se vêtit de légendes
Peupla le ciel d’idoles
Multiplia ses panthéons
Cumula ses utopies

Se voulant éternel
Il fixa son oreille
Sur la coquille du monde
À l’écoute
D’une voix souterraine
Qui l’escorte le guide
Et l’agrandit

Alors
De nuits en nuits
Et d’aubes en aubes
Tantôt le jour s’éclaire
Tantôt le jour moisit

Faiseur d’images
Le souffle veille

De pesanteur
Le corps fléchit

Toute vie
Amorça
Le mystère
Tout mystère
Se voila
De ténèbres
Toute ténèbre
Se chargea
D’espérance
Toute espérance
Fut soumise
À la Vie

L’esprit cheminait
Sans se tarir
Le corps s’incarnait
Pour mûrir
L’esprit se libérait
Sans périr
Le corps se décharnait
Pour mourir

Parfois l’existence ravivait
L’aiguillon du désir
Ou bien l’enfouissait
Au creux des eaux stagnantes

Parfois elle rameutait
L’essor
D’autres fois elle piétinait
L’élan

Souvent l’existence patrouillait
Sur les chemins du vide
Ou bien se rachetait
Par l’embrasement du coeur

Face au rude
Mais salutaire
Affrontement
De la mort unanime
L’homme sacra
Son séjour éphémère
Pour y planter
Le blé d’avenir.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LAÏKA (Gunter Kunert)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2020




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil

Poem of the Week Ithaca 638
by Gunter Kunert, Germany (1929-2019)

From « Erinnerung an einen Planeten“, Heyne Lyrik
─ All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt ─

LAIKA *

Dans un projectile en métal,
le meilleur que nous possédons,
Tourne jour après jour
Un chien mort
Autour de notre terre
Comme avertissement
Qu’une fois pourrait graviter ainsi
Année après année autour du soleil,
Chargée d’une humanité sans vie,
La planète terre,
La meilleure que nous avons.

(Gunter Kunert)

*Laïka, le premier animal ayant gravité autour de la terre,
fut choisie pour équiper le vaisseau spatial soviétique, Spoutnik 2,
lancé dans l’espace le 3 novembre 1957.
En ce temps, on connaissait peu de choses
concernant l’impact de la navigation spatiale sur les êtres vivants.
La surchauffe causa la mort de Laïka,
quelques heures après le lancement.

Traduction Elisabeth Gerlache

LAIKA *

In een kogel van metaal,
van het beste dat we bezitten,
Vliegt dag na dag
Een dode hond
Rond onze aarde
Als waarschuwing,
Dat ooit zo zou kunnen cirkelen
Jaar na jaar rond de zon,
Geladen met een dode mensheid,
De planeet aarde,
De beste die we hebben.

Vertaling Germain Droogenbroodt

* Laika het eerste dier dat om de aarde cirkelde, werd uitgekozen om het Sovjet-ruimtevaartuig Spoetnik 2 te bemannen dat op 3 november 1957 in de ruimte werd gelanceerd. Er was weinig bekend over de impact van de ruimtevaart op levende wezens in die tijd. Laika stierf enkele uren na de lancering door oververhitting

***

LAIKA *

En una bola de metal,
lo mejor que tenemos,
vuela día tras día
en un perro muerto
alrededor de nuestro planeta
como una advertencia
de que podría girar alguna vez
año tras año en torno al sol,
cargando con una humanidad muerta,
el planeta Tierra,
lo mejor que tenemos.

Traduction Rafael Carcelén

* Laika, el primer animal que orbitó la tierra. Fue seleccionada para ocupar la nave espacial soviética Sputnik 2 que fue lanzada al espacio exterior el 3 de noviembre de 1957. Poco se sabía sobre el impacto de los vuelos espaciales en las criaturas vivas de esa época. Laika murió por sobrecalentamiento pocas horas después del lanzamiento

***

LAIKA *

In a metal bullet,
The best, we own,
Flies day after day a dead dog
Around our earth
As a warning,
That ever so could circle
Year after year around the sun,
Loaded with a dead humanity,
The planet Earth,
The best we have.

Translation Germain Droogenbroodt

* Laika the first animal to orbit the earth. She was selected to occupy the Soviet spacecraft Sputnik 2 that was launched into outer space on 3 November 1957. Little was known about the impact of spaceflight on living creatures at that time. Laika died within hours from overheating.

***

LAIKA *

In un proiettile metallico,
il meglio che abbiamo,
giorno dopo giorno vola un cane morto
sopra la nostra terra
come un monito,
che allo stesso modo potrebbe orbitare
anno dopo anno intorno al sole,
carica di un’umanità morta,
il pianeta Terra,
il meglio che abbiamo

Traduzione Luca Benassi

* Laika il primo animale ad andare in orbita attorno alla Terra. Fu selezionata per salire sulla navicella spaziale sovietica Sputnik 2 che fu lanciata nello spazio il 3 novembre 1957. All’epoca poco o nulla si sapeva circa le possibili conseguenze di un viaggio nello spazio per gli esseri viventi. Laika morì nel giro di poche ore per il calore eccessivo.

***

LAIKA *

In einer Kugel aus Metall,
Dem besten, das wir besitzen,
Fliegt Tag für Tag ein toter Hund
Um unsre Erde
Als Warnung,
Daß so einmal kreisen könnte
Jahr für Jahr um die Sonne,
Beladen mit einer toten Menschheit,
Der Planet Erde,
Der beste, den wir besitzen

GÜNTER KUNERT

* Laika war das erste Tier, das die Erde umkreiste. Sie wurde ausgewählt, um das sowjetische Raumschiff Sputnik 2 zu besetzen, das am 3. November 1957 ins All geschossen wurde. Über die Auswirkungen der Raumfahrt war zu dieser Zeit noch wenig bekannt. Laika starb innerhalb weniger Stunden an den Folgen einer Überhitzung,

***

LAIKA

Numa bola de metal,
o melhor que temos,
voa dia após dia
num cachorro morto
ao redor do nosso planeta
como uma advertência
de que poderia girar alguma vez
ano após ano em volta do sol,
carregando com uma humanidade morta,
o planeta Terra,

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia.

* Laika, el primer animal que orbitó la tierra. Fue seleccionada para ocupar la nave espacial soviética Sputnik 2 que fue lanzada al espacio exterior el 3 de noviembre de 1957. Poco se sabía sobre el impacto de los vuelos espaciales en las criaturas vivas de esa época. Laika murió por sobrecalentamiento pocas horas después del lanzamiento

***

LAIKA *

Nta na baddottula di mitallu,
la megghiu ca avemu,
jornu doppu jornu un cani mortu furria
attornu â terra
comu nu avvirtimentu
ca lu pianeta Terra,
lu megghiu chi avemu,
annu doppu annu putissi furriari
attornu ô Suli
chinu di tutti li essiri umani morti.

Traduzzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

* Laika il primo animale ad andare in orbita attorno alla Terra. Fu selezionata per salire sulla navicella spaziale sovietica Sputnik 2 che fu lanciata nello spazio il 3 novembre 1957. All’epoca poco o nulla si sapeva circa le possibili conseguenze di un viaggio nello spazio per gli esseri viventi. Laika morì nel giro di poche ore per il calore eccessivo.

***

LAIKA*

Într-o sferă din metalul
nostru cel mai bun,
zboară, zi de zi, un câine
fără viață înconjurând Pământul,
de parcă ar vrea să ne prevină
că tot așa se va roti
an de an, în jurul soarelui,
plină de oameni neînsuflețiți,
planeta noastră
cea mai bună.

Traducere Gabriela Căluțiu Sonnenberg

*Laika a fost prima ființă care a înconjurat Pământul. Ea a fost selectată ca echipaj al navei sovietice Sputnik 2, lansate pe orbită la 3. noiembrie 1957. La vremea aceea nu se știa mai nimic despre efectele călătoriei spațiale. Laika a murit în decurs de câteva ore, în urma unei supraîncălziri.

***

ŁAJKA *

W metalowej kapsule,
Najlepszej, jaką posiadamy
Dzień za dniem krąży nieżywy pies
Wokół naszej Ziemi
Jak przestroga,
Że zawsze mogłaby tak krążyć
Rok za rokiem wokół Słońca
Obarczona martwą ludzkością
Planeta Ziemia,
Najlepsza, jaką mamy.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

* Łajka była pierwszym zwierzęciem wysłanym na orbitę okołoziemską. Została wybrana, aby umieścić ją w radzieckim statku kosmicznym Sputnik 2, który wystrzelono w przestrzeń kosmiczną dnia 3 listopada1957 r. Niewiele wtedy wiedziano o wpływie lotu kosmicznego na żywe istoty. Po kilku godzinach Łajka nie żyła z powodu przegrzania organizmu.

***

ΛΑΪΚΑ

Μεταλλική σφαίρα
η καλύτερη μας
μέρα με τη μέρα
πετά ένα νεκρό σκύλο
γύρο απ’ τη γη
προειδοποίηση
για πάντα πως θα γυρίζει
γύρο απ’ τον ήλιο
φορτωμένη με τη νεκρή ανθρωπότητα
του πλανήτη γη
του καλύτερου μας

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη//Translated by Manolis Aligizakis

***

莱卡犬*

在一颗金属子弹里,
最好的,我们拥有,
一只死狗日复一日地
绕我们的地球飞
就像一个警告,
地球曾经这样
年复一年绕太阳转,
载着死去的人类,
行星地球,
我们拥有最好的。

汉 译:中 国 周道模 2020-6-26
Chinese translation William Zhou

*莱卡犬,第一个绕地球运行的动物。她被选为1957年11月3日苏联发射到外层空间的人造卫星2号的居留者。当时人们对太空飞行对生物的影响知之甚少。莱卡犬在数小时内死于过热。

***

لايكا *

في كبسولة فضاء معدنية،
أفضل مانملك هو كلب ميت
يحوم حول الأرض يوما بعد يوم
محذرا هذا الكوكب الذي ما انفك
يدور حول الشمس عاما بعد عام،
بأنه كوكب مثقل بإنسانية ميتة.
كان ذلك أفضل ما نملك.

ترجمة عن الانجليزية: سارة سليم
Arab translation Sarah Selim

تعد الكلبة لايكا أول حيوان يدور حول الأرض. اختاروها لتستقل المركبة الفضائية السوفيتية Sputnik 2 التي اطلقت في الفضاء الخارجي في 3 نوفمبر العام 1957. لم يكن يُعرف الكثير عن تأثير رحلات الفضاء على المخلوقات الحية في ذلك الوقت. توفيت لايكا في غضون ساعات بسبب ارتفاع درجة الحرارة.

***

लाइका *
( एक कुत्ता )

एक धातु की गोली में,
सबसे अच्छा, हम खुद,
एक मरे हुए कुत्ते के दिन बहते हैं
हमारी पृथ्वी के आसपास
चेतावनी के रूप में,
कभी ऐसा हो सकता है
साल भर सूरज के आसपास,
एक मृत मानवता के साथ भरी हुई,
ग्रह पृथ्वी,
हमारे पास सबसे अच्छा है।

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur

* लाइका पृथ्वी की परिक्रमा करने वाला पहला जानवर है। उन्हें 3 नवंबर 1957 को सोवियत अंतरिक्ष यान स्पुतनिक 2 पर कब्जा करने के लिए चुना गया था, जिसे बाहरी अंतरिक्ष में लॉन्च किया गया था। लिटिल को उस समय जीवित प्राणियों पर अंतरिक्ष यान के प्रभाव के बारे में पता था। लाहिका की मौत ओवरहीटिंग से घंटों के भीतर हो गई।

***

ライカ

その最良の合金でできた弾丸の中で
その犬は死んだまま毎日毎日
地球のまわりを飛び続けた
同じように警告する
その最良の惑星地球号は
何年も、何年も太陽の周りを
死んだ人間を乗せて
回り続けることもありうるのだ

Japanese translation Manabu Kitawaki

* ライカは地球の軌道上を周回した初めての動物である。1957年11月3日、ソ連のスプートニク2号に乗せられ大気圏外に出るために選ばれた。当時、宇宙飛行の生き物に与える衝撃についてはほとんど知られていなかった。ライカは過度の熱により発射数時間後に死亡したと見られている。

***

لایکا *

در یک گلوله فلزی
بهترین، چیری که داریم ،
روزها می چرخواند سگ مرده ای را
به دور زمین
به عنوان هشدار
حتی می توانست بچرخد
سالها و سالها به دور خورشید
مملو از انسانیتی مرده،
سیاره زمین،
بهترین چیزی که داریم.

ترجمه: سپیده زمانی
Farsi translation by Sepideh Zamani

لایکا اولین حیوانی است که به دور زمین چرخید. او برای فضا پیمای اسپونتیک 2 که در تاریخ 1957 به فضا فرستاده شده بود انتخاب شد. در آن زمان اطلاعات اندکی درباره تاثیر فضا بر روی موجودات زنده وجود داشت. ۀایکا چند ساعت پس از خروج از جو به دلیل گرم شدن بیش اندازه کابین درگذشت.

***

ЛАЙКА *

В метален куршум,
най-доброто, което притежаваме,
ден след ден лети едно мъртво куче
около Земята ни
като предупреждение,
че някога така би могла да се върти
година след година около слънцето,
натоварена с мъртво човечество,
планетата Земя,
най-доброто, което имаме.

превод от английски: Иван Христов
Bulgarian translation Ivan Hristov

*Лайка е първото животно, изпратено в космоса. Тя е била избрана да излети със съветската ракета „Спутник 2” на 3-ти ноември 1957 г. За влиянието на космическото летене върху живите същества по това време се е знаело твърде малко. Лайка умира след няколко часа от прегряване.

***

LAIKA *

Í málmhylki,
því besta sem við eigum,
flýgur dauður hundur dag eftri dag
í kringum jörðina
til viðvörunar um
að þannig gæti um eilífð hringsnúist
ár eftir ár í kringum sólina,
hlaðin dauðu mannkyni,
plánetan Jörð,
sú besta sem við eigum.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Germain Droogenbroodt

* Laika var fyrsta dýrið á sporbaug um jörðina. Hún var valin til að sitja í sovéska geimfarinu Sputnik 2 sem var skotið út í geiminn 3. nóvember 1957. Fátt var vitað um áhrif geimflugs á lifandi verur á þeim tíma. Laika dó á fáum tímum af ofhitnun.

***

ЛАЙКА *

В металлическом снаряде
из лучшего металла
день за днем
вокруг Земли,
летит мертвая собака,
словно знак,
что когда-то так будет лететь
вокруг Солнца год за годом,
полная мертвых людей,
планета Земля –
лучшее, что у нас есть.

Перевод Гермайна Дрогенбродта – Дарьи Мишуевой
Russian translation by Daria Mishueva

* Лайка – первое животное, которое облетело вокруг Земли на советском спутнике, отправленном в космос 3 ноября 1957 года. Тогда еще было мало известно о влиянии космоса на живые организмы. Лайка погибла несколько часов спустя после запуска из-за перегрева.

***

LAIKA *

Peluru logam,
terbaik, milik kami,
Hari demi hari seekor anjing yang mati terbang
mengelilingi bumi kita
sebagai peringatan
laksana bulatan
yang mengelilingi mentari, tahun demi tahun
kemanusiaan yang mati sarat
di planet Bumi,
yang terbaik yang menjadi milik kita.

Penterjemah: Dr. Raja Rajeswari Seetha Raman

* Laika haiwan pertama yang mengorbit bumi. Laika terpilih menduduki kapal angkasa Rusia Sputnik 2 yang dilancarkan ke angkasa pada 3 November 1957.Tidak banyak diketahui tentang kesan penerbangan ke angkasa lepas kepada makhluk hidup ketika itu. Laika mati selepas beberapa jam akibat kepanasan yang keterlaluan.

***

LAIKA *

Sa isang yari sa bakal na pangkalawakang sasakyan
Ang pinakamahusay, at ating pagmamay-ari,
Lumilipad araw-araw laman ang isang walang buhay na aso
Sa palibot ng ating daigdig
Bilang isang babala
Sa gayon maaring pumaimbulog
Taon-taon sa paligid ng araw,
Lulan ang mga walang buhay na nilalang,
Ang Mundo,
Ang pinakamainam na mayroon tayo.

Isinalin tungo sa wikang Filipino Eden Soriano Trinidad

*Si Laika ang kauna-unahang hayop na nagpaligid-ligid sa daigdig. Siya ang napiling pasahero ng sasakyang pangkalawakan ng Soviet Sputnik 2 na inilunsad noong ika-3 ng Nobyembre taong 1957. Babahagya lamang ang nalaman sa naging epekto ng paglalakbay sa kalawakan sa mga nabubuhay na nilalang sa mga sandaling iyon. Namatay ang asong si Laika ilang oras lamang dahil sa sobrang init.

***

לייקה* / גינתר קונרט

בְּכַדּוּר מַתֶּכֶת,
הֲכִי טוֹב שֶׁיֵּשׁ לָנוּ,
טָס יוֹם אַחַר יוֹם כֶּלֶב מֵת
סְבִיב כַּדּוּר הָאָרֶץ שֶׁלָּנוּ
כְּאַזְהָרָה,
שֶׁאֵי פַּעַם יָכוֹל לָחוּג
שָׁנָה אַחַר שָׁנָה סְבִיב הַשֶּׁמֶשׁ,
עָמוּס בֶּאֱנוֹשׁוּת מֵתָה,
כַּדּוּר הָאָרֶץ,
הֲכִי טוֹב שֶׁיֵּשׁ לָנוּ.

תרגם מגרמנית לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט
תרגמה מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Hebrew translation Dorit Weisman

• הכלבה לייקה – בעל החיים הראשון שחג סביב כדור הארץ – הייתה בחללית הסובייטית ספוטניק 2, ששוגרה לחלל החיצון ב–3 בנובמבר 1957. באותו זמן לא ידעו הרבה על ההשפעה של השהות בחלל החיצון על יצורים חיים. לייקה מתה תוך שעות בגלל הטמפרטורות הגבוהות.
***

ருசிய விண்வெளி நாய் (லைகா)

அருமையாக, நாம் சொந்தமாக வைத்துள்ள
உலோக துப்பாக்கிக் குண்டில்
ஓர் இறந்த நாய் ஒவ்வொரு நாளும் பறந்துகொண்டுள்ளது
நமது பூமியைச் சுற்றி
ஓர் எச்சரிக்கையாக
எப்பொழுதும் வட்டமிடலாம்
கதிரவனைச் சுற்றி ஆண்டாண்டும்
இறந்துபட்ட மனித இனத்தைத் தாங்கி!
பூமி கிரகம்
நம்மிடம் உள்ள மிக உயர்ந்தது!

Tamil translation by NV Subbaraman

 

Recueil: ITHACA 638
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Sentir en soi (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



Sentir
en soi la vie
comme un caillou
qui aurait vécu
sur une autre planète,

le sang
comme du sable
qui se déposerait à chaque ronde
dans les tempes
et dans la mémoire,

sentir
en soi la mort
comme une lumière
sans morsure,
comme un feu
où nulle sève ne brûle.

(Gérard Le Gouic)

 

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La planète serait bien plus pacifique (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration: Gotlib
    
la planète serait bien plus pacifique si nous étions tous athées.
La nature humaine étant ce qu’elle est,
il est clair que d’autres prétextes ne manqueraient pas à toutes les bisbilles possibles et imaginables,
mais nous serions libérés de cette idée infantile et ridicule de croire
que notre Dieu est le meilleur de tous les dieux qu’on trouve par ici
et que le paradis qui nous attend est un hôtel cinq étoiles.
Plus encore, je crois que nous réinventerions la philosophie.

(José Saramago)

 

Recueil: Le Cahier
Traduction: Marie Hautbergue
Editions: Le Cherche Midi

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Que tient en son nid (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020


 


 

Alberto Pancorbo Sueno-Blanco-L

que tient en son nid
le joli ventre à bouche rouge ?

nuit noire mais
dans la mer intérieure
les frêles parois de chair
laves contenues
buissons de sang et
parmi les îles surgies
quelques planètes habitées
nageoires plumes palmes

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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PAYS DU FOND DE MOI (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020


 


Hugues Roussel Québec 0

 

PAYS DU FOND DE MOI

Pays du fond de moi
Sache que je te suis fidèle
Et que la planète est fragile
Autour de toi

Nul ne franchit jamais
D’autre frontière
Que le doux incertain
De tes mirages
Clôtures mal fermées
De l’enfance juteuse
Je vous franchis à gestes ralentis
Comme dans la lenteur des rêves
Un caillou dans tes puits
Tombe indéfiniment
Dans la patience noire
Vive stable et sereine de l’Eau

Pays du fond de moi
Sache que je te suis semblable
Et que les planètes sont multiples
Autour de toi

Je ne t’écris pas souvent
Aussi n’as-tu point à me répondre
Nous nous sommes parlé
Pour toujours
Je retrouve dans mes bagages
Les premières cartes postales
Du monde

(Gilles Vigneault)

Illustration: Hugues Roussel

 

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Neige sur Vénus (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



 

vue-dartiste-de-la-surface-vénusienne

Neige sur Vénus

Il a neigé toute la nuit
Sur Vénus dont les prairies bleues
Ce matin sont ensevelies
Sous un duvet rose et soyeux.

Car sur Vénus la neige est rose
Avec de petits filets d’or
Et ses flocons, lorsqu’ils se posent,
Tremblent comme un oiseau qui dort.

Qu’il serait doux de voir ici
Un oiseau marcher sur la neige
Ou, quittant d’un vol vif son nid,
Fendre ce rose sortilège!

Mais tout est silence et repos
Sur la planète aux bleues prairies:
Pas d’arbres, de nids, nul oiseau,
Rien qui ressemble à de la vie.

Il neige rose et or sans trêve
Et c’est un spectacle si beau
Qu’il faut bien que quelqu’un, en rêve,
Contemple ou peigne ce tableau.

(Marc Alyn)

 

 

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LES RUINES DE MEXICO (ÉLÉGIE DU RETOUR) (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

LES RUINES DE MEXICO
(ÉLÉGIE DU RETOUR)

1
Absurde est la matière qui s’écroule,
la matière pénétrée de vide, la creuse.
Non : la matière ne se détruit pas,
la forme que nous lui donnons se désagrège,
nos oeuvres se réduisent en miettes.

2
La terre tourne, entretenue par le feu.
Elle dort sur une poudrière.
Elle porte en son sein un bûcher
un enfer solide
qui soudain se transforme en abîme.

3
La pierre profonde bat dans son gouffre.
En se dépétrifiant, elle rompt son pacte
avec l’immobilité et se transforme
en bélier de la mort.

4
De l’intérieur vient le coup,
la morne cavalcade,
l’éclatement de l’invisible, l’explosion
de ce que nous supposons immobile
et qui pourtant bouillonne sans cesse.

5
L’enfer se dresse pour noyer la terre.
Le Vésuve éclate de l’intérieur.
La bombe monte au lieu de descendre.
L’éclair jaillit d’un puits de ténèbres.

6
Il monte du fond, le vent de la mort.
Le monde tressaille en fracas de mort.
La terre sort de ses gonds de mort.
Comme une fumée secrète avance la mort.
De sa prison profonde s’échappe la mort.
Du plus profond et du plus trouble jaillit la mort.

7
Le jour devient nuit,
la poussière est soleil
et le fracas remplit tout.

8
Ainsi soudain se casse ce qui est ferme,
béton et fer deviennent mouvants,
l’asphalte se déchire, la ville et la vie
s’écroulent. La planète triomphe
contre les projets de ses envahisseurs.

9
La maison qui protégeait contre la nuit et le froid,
la violence et l’intempérie,
le désamour, la faim et la soif
se transforme en gibet et en cercueil.
Le survivant reste emprisonné
dans le sable et les filets de la profonde asphyxie.

10
C’est seulement quand il nous manque, qu’on apprécie l’air.
Seulement quand nous sommes attrapés comme le poisson
dans les filets de l’asphyxie. Il n’y a pas de trous
pour retourner à la mer d’oxygène
où nous nous déplacions en liberté.
Le double poids de l’horreur et de la terreur
nous a sortis
de l’eau de la vie.

Seulement dans le confinement nous comprenons
que vivre c’est avoir de l’espace.
Il fut un temps
heureux où nous pouvions bouger,
sortir, entrer, nous lever, nous asseoir.

Maintenant tout s’est écroulé. Le monde
a fermé ses accès, ses fenêtres.
Aujourd’hui nous comprenons ce que signifie
cette terrible expression : enterrés vivants.

11
Le séisme arrive et devant lui plus rien
ne valent les prières et les supplications.
Il naît de son sein pour détruire
tout ce que nous avons mis à sa portée.
Il jaillit et se fait reconnaître à son oeuvre atroce.
La destruction est son unique langage.
Il veut être vénéré parmi les ruines.

12
Cosmos est chaos, mais nous ne le savions pas
ou nous n’arrivions pas à le comprendre.
La planète descend-elle en tournant
dans les abîmes de feu glacé ?
Tourne-t-elle ou tombe-t-elle cette terre ?
Le destin de la matière est-il dans cette chute infinie ?

Nous sommes nature et rêve. C’est pourquoi
nous sommes ce qui descend toujours :
poussière dans les airs.

(José Emilio Pacheco)

Illustration

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Le Chant de triomphe de Trishancou (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2020



Trishancou 
    
Le Chant de triomphe de Trishancou

Je ne mourrai pas.
Bien que ce corps, quand l’esprit sera las
de son étroite demeure, doive nourrir les flammes,
ma maison brûlera, moi pas.

Abandonnant cette gaine
je découvrirai un vaste espace éthéré.
À la tombe avide échappera mon esprit,
trompant l’étreinte de la mort.

La Nuit retiendra
le soleil en ses profondeurs glacées ; le Temps aussi devra cesser ;
les astres qui peinent auront leur délivrance.
Je ne cesse pas, moi, je demeure.

Avant que les premières graines
fussent semées sur terre, j’étais déjà vieux,
et quand se refroidiront des planètes point encore nées
mon histoire se poursuivra.

Je suis la lumière
au coeur des étoiles, la force léonine et la joie des matins ;
je suis l’homme et la jeune fille et le petit garçon,
protéen, infini.

Je suis l’arbre
qui se dresse, solitaire, sur le bleu sans limite ;
je suis la rosée qui pleut en silence
et la mer illimitée.

Je tiens le ciel entre mes mains
et soutiens la terre exubérante.
À ma naissance j’étais l’éternel Penseur
et le demeurerai après ma mort.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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LA CREATION (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



LA CREATION

Cela survint au sein du grand silence
lorsque l’herbe naissait,
la lumière venait de se déprendre
créant le vermillon et les statues,
alors
dans la solitude sans fin
un cri fleurit,
une chose roula en larmes,
les ombres s’entrouvrirent et elle monta seule,
on aurait dit que les planètes sanglotaient,
et puis l’écho
roula de cahot en cahot
jusqu’au moment où cela qui naissait se tut.

Mais la pierre a gardé le souvenir.

Elle a gardé le mufle ouvert des ombres,
la palpitante épée du hurlement,
et dans la pierre gîte un animal sans nom
qui, sans voix, hurle encore vers le vide.

(Pablo Neruda)

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