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Poésie

Posts Tagged ‘planter’

Champ de blé (Zahra Hasnaui)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2020




    

Champ de blé

Les vers se taisent
l’âme crie
devant la beauté
splendide
le berceau pimpant.

Je voulus profiter,
planter la semence
le désert des déserts.

Je me vis
maudire
le dieu de la pluie,
la terre avare
et l’embuscade
qui me fit tomber
dans l’absence d’une telle beauté.

Les vers crient, l’âme se tait.

(Zahra Hasnaui)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Au vaste jardin (Shôsô)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2020



Illustration
    
Au vaste jardin
un unique cerisier
il avait planté

(Shôsô)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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LE JARDIN (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



LE JARDIN

On la tient
par les épaules
et par les yeux

elle marche
sur la terre
une dernière fois.

Elle passe par ici
ou là

où elle a planté
il y a longtemps
des fleurs
ici et là.
On la tient
par ses épaules
elle se tient par les couleurs

des hortensias

et des roses qui sont rouges
une dernière fois.

On compte sur leurs pétales

pour la ravir
et la ravir de son fauteuil
et de son lit.

On s’arrête
devant chaque nom
qu’elle jette par-dessus le bord

de ses lèvres
une dernière fois.

Elle parle comme un enfant
quand il fait bleu
ou rose

sur ses lèvres
une première fois.

(Yvon Le Men)

Illustration

 

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J’AI PLANTÉ UN CHÊNE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



 

J’AI PLANTÉ UN CHÊNE

J’ai planté un chêne
Au bout de mon champ
Ce fut ma semaine
Perdrerai-je ma peine
J’ai planté un chêne
Au bout de mon champ
Perdrerai-je ma peine
Perdrerai-je mon temps…

L’amour et la haine
Ce sont mes enfants
Et ce sont mes chaînes
Perdrerai-je ma peine
L’amour et la haine
Ce sont mes enfants
Perdrerai-je ma peine
Perdrerai-je mon temps…

Le roi et la reine
Perdront leur manant
Mais l’amour m’enchaîne
Perdrerai-je ma peine
Le roi et la reine
Perdront leur manant
Perdrerai-je ma peine
Perdrerai-je mon temps…

Serai capitaine
Sur mon bâtiment
Tout en bois de chêne
Perdrerai-je ma peine
Serai capitaine
Sur mon bâtiment
Perdrerai-je ma peine…
Perdrerai-je mon temps…

(Gilles Vigneault)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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KALEIDOSCOPE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020




    
KALEIDOSCOPE

Secoue de toutes tes forces
Comme un kaléidoscope
Ton propre crâne.
Et regarde ensuite
Par les trous de tes yeux
Pour voir ce qui en est sorti.
Si rien n’en est sorti, tout va bien,
Secoue encore une fois,
Trois fois, sept fois, neuf fois.
Si rien n’en est sorti, c’est toujours quelque chose;
Secoue, mon vieux, secoue,
Regarde encore une fois.
Et si tu vois de la beauté,
Secoue de sorte que la maison soit ébranlée,
Que le chemin se torde,
Que les montagnes tombent à genoux,
Que clignotent vite, vite, les étoiles
Et que l’homme pose sa main sur son coeur.
Mais s’il y a de la laideur,
Empoigne le crâne comme un pot fêlé,
Et jette-le !
Ou bien non !
Remplis-le plutôt de terre,
De bon engrais végétal
Et plantes-y
Un géranium rouge.

(Mihai Beniuc)

 

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UN CERISIER A FAIT SES FLEURS (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020



Illustration: Emile Eisman-Semenowsky
    
UN CERISIER A FAIT SES FLEURS

Tu m’as attendu
Comme un précipice attend la cataracte,
Comme, les mains liées, l’esclave attend la lame
Que dans la poitrine va lui planter
Le prêtre de Montezuma,
Comme une forêt attend l’orage
Qui renversera ses arbres,
Comme une plaine l’inondation,
Comme les sarments desséchés l’étincelle,
Comme le printemps la première hirondelle
Qui sillonnera noire ses vallées bleues,
Comme une fenêtre
Attend l’éclosion rouge du géranium.

Tu étais seule,
Ta bouche était brûlante.
Quand je t’ai serrée dans mes bras,
Un cerisier a fait ses fleurs.

(Mihai Beniuc)

 

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Les journaliers (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020


 

Ils n’ont point peur, celui-ci cloue
et celui-là assemble
tandis qu’une troisième plante;
l’on peut s’approcher d’eux
leur demander
des nouvelles des leurs
et pourtant tout est si précaire
les corps de leurs filles ainées
les vieux rires de leurs soirées;
de temps à autre il y a des ombres
une poitrine qui se révèle
une certaine douleur
un goût très fin d’éternel.

(Jean Follain)

 

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Champs (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020



Tout ce qui fut semé,
Planté, disséminé,

Qui n’a pas craint
De devenir.

(Guillevic)

Illustration

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UN PEU DE LOGIQUE IDIOTE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2020




    
(Recueil Pages d’écriture)
UN PEU DE LOGIQUE IDIOTE

Avez-vous regardé, à l’horizon, les arbres qui garnissent,
avec une impeccable régularité, le bord d’une route et se
détachent sur le ciel ?
La distance les fait paraître petits, pas plus grands que
la taille humaine, et comme ils sont plantés à intervalles
égaux, ils font penser à une file de soldats en marche.
Droits et nets au long des grands labours, ils sont debout pour
« se faire voir », car enfin, s’ils étaient absents, on ne pourrait
les regarder et, s’ils sont là, c’est pour être à la place
de quelque chose d’absent.

Cette logique rigoureuse donne le coup de poing de la vérité.
Une file d’arbres à l’horizon, c’est une file d’êtres venus là pour
« témoigner » par leur présence, donc pour figurer quelque chose
qui se cache derrière eux ce sont des figurants — d’immobiles
figurants qui défilent dans un douloureux silence.

Or, de cet horizon qui les déguise en soldats, je reviens
vers moi-même et mon regard rencontre en chemin mille petits
obstacles qui sont tous là, eux aussi, pour masquer la nudité
de l’étendue, pour habiter le néant. Tous viennent également
« figurer », comblant leur présence, remplaçant leur absence.
L’un figure un ruisseau, l’autre un oiseau, l’autre une charrue,
un mur, un toit, un chou, une boîte de conserve abandonnée…

Et moi-même, je vous le demande, que suis-je ?
Que suis-je, bon sang ? Que suis-je ? Que sommes-nous ?
De quelle armée en marche sommes-nous les avant-postes ?
De quel gouvernement sommes-nous les délégués ? De quel
opéra sommes-nous les figurants ? Permettez : j’interroge,
rien de plus. Je ne suis d’ailleurs pas le premier.

Adieu, arbres de l’horizon. Piétinez le sol en cadence et
chantez sans bouger : « Partons ! Partons ! Partons ! » La question
reste et vous ne m’avez pas répondu.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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LES PENSÉES (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




LES PENSÉES

Je n’aurai rien compris que les pensées réelles
qu’on plantait au printemps sous le mur des remises
la beauté de couleur profonde, les pensées
qui regardaient le temps de la terre sans feuilles
et voyaient d’un regard obstiné l’essentiel
nues, minimes, sans rien, sans rien d’autre que l’oeil.

(Henry Bauchau)

 

 

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