Arbrealettres

Poésie

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Evocation (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Evocation

A l’ombre de l’usine, ton jardin
était tout petit, sans fleurs.
Des plantes y naissaient et renaissaient
pour n’être pas regardées.

De vagues projets d’existence
s’exhalaient du soleil et de l’eau,
et même de cette sécrétion
qui dans tes yeux se retenait.

Nul ne t’a vue lorsque, courbée,
tu écartais l’escargot
du chemin étroit des fourmis,
nul même n’a entendu ton appel.

Car tu as appelé (il était tard déjà)
et la voix de l’usine a amorti
ta fugue pour le sans-pays
et le sans-temps. Mais je me souviens de toi

et je te rattrape vivante, petite fille,
concevant si tôt le projet de ce jardin
où, je le sais, tu te trouves recluse,
sans que nul, nul ne te pressente.

(Carlos Drummond de Andrade)


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Coin d’Ombre (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Coin d’Ombre

Le coin d’ombre et d’humidité dans le potager.
Du mur de pierre dégoutte le filet d’eau,
doucement, sur le vert moussu, éternellement.
Une goutte et une autre goutte, dans le silence
où seules les fourmis travaillent
et dort un chat et dort l’avenir des choses
qui me prendront au dépourvu et me feront mal.
Grandissent, rampantes, les plantes sans prétention
à l’utilité ou à la beauté.
Tout est simple. Anonyme.
Le soleil est un or bref. La paix existe
dans la boîte de conserve abandonnée
et dans le monde.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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TOUT LE SEL DE LA PLAGE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



 

plage solitude

TOUT LE SEL DE LA PLAGE

Tout le sel de la plage
toutes les eaux du ciel ;
toute l’herbe mâchée
quand la route se faisait longue…

Tu pleures tout cela !

Tu fais crier ta barbe
au passage des doigts ;
tu sanglotes sans honte
comme un jouet cassé.

C’est la tristesse d’homme
qu’il faut avoir connue
pour n’être pas maudit
par les animaux et les plantes.

(Axel Toursky)

Illustration: George Hunter

 

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