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Poésie

Posts Tagged ‘plastique’

LES VEINES DU TEMPS (Maria Mistrioti)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2019



Illustration: Georgis Mistriotis
    
LES VEINES DU TEMPS

Parfois je pense
que les trains de nuit ne sont jamais passés
ces trains qui négligeaient les petites villes
les signaux désespérés
des veilleurs de nuit aux dos courbés.
Je pense
que jamais nous n’avons voyagé ensemble
de l’Ionie vers Croton, vers Tarente.
De l’autre côté de la destruction de paysages de rêve,
de l’autre côté des couleurs plastique
de l’autre côté des sentiers brisés
je t’attends.

(Maria Mistrioti)

 

Recueil: Ithaca 593
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
Editions: POINTS

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La Réalité (Frédéric Kiesel)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



– Je suis un homme positif, me dit mon compagnon de voyage.
Je ne rêve pas. Je ne m’intéresse qu’au réel, les mathématiques, la chimie.
Désignant le revêtement de la banquette, il continue :
– Ceci est du plastique. Il vient du pétrole. Il a une formule chimique.

Il fait chaud. Le bruit régulier du chemin de fer m’a-t-il endormi ?
Je touche l’aluminium de la poignée de porte, il devient une multitude de cristaux étincelants
géométriquement emboîtés les uns dans les autres.
Je ne m’étonne pas.
La vitre effleurée se transforme en sable brillant d’éclats de silex,
tout le compartiment est traversé par le désert, les yeux me piquent : le vent se lève,
il apporte le galop bizarre des chameaux, les cris des Bédouins.
Je m’accroche à la banquette, un instant elle est poisseuse de pétrole
qui se métamorphose en une forêt vieille de millénaires, qui ressuscite,
sent le feuillage sous le soleil,
grandit, grandit, remplit le désert où les Bédouins se sont évanouis.
– Nous sommes arrivés me dit mon compagnon de voyage.
Il ne sait pas que j’ai vu la réalité.

(Frédéric Kiesel)

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Un sachet en plastique (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



    

Un sachet en plastique glisse sur le trottoir,
poussé par la brise
– et je l’envie.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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Le poëme de la femme (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Auguste Clésinger
    
Le poëme de la femme
Marbre de Paros

Un jour, au doux rêveur qui l’aime,
En train de montrer ses trésors,
Elle voulut lire un poème,
Le poème de son beau corps.

D’abord, superbe et triomphante
Elle vint en grand apparat,
Traînant avec des airs d’infante
Un flot de velours nacarat :

Telle qu’au rebord de sa loge
Elle brille aux Italiens,
Ecoutant passer son éloge
Dans les chants des musiciens.

Ensuite, en sa verve d’artiste,
Laissant tomber l’épais velours,
Dans un nuage de batiste
Elle ébaucha ses fiers contours.

Glissant de l’épaule à la hanche,
La chemise aux plis nonchalants,
Comme une tourterelle blanche
Vint s’abattre sur ses pieds blancs.

Pour Apelle ou pour Cléoméne,
Elle semblait, marbre de chair,
En Vénus Anadyomène
Poser nue au bord de la mer.

De grosses perles de Venise
Roulaient au lieu de gouttes d’eau,
Grains laiteux qu’un rayon irise,
Sur le frais satin de sa peau.

Oh ! quelles ravissantes choses,
Dans sa divine nudité,
Avec les strophes de ses poses,
Chantait cet hymne de beauté !

Comme les flots baisant le sable
Sous la lune aux tremblants rayons,
Sa grâce était intarissable
En molles ondulations.

Mais bientôt, lasse d’art antique,
De Phidias et de Vénus,
Dans une autre stance plastique
Elle groupe ses charmes nus.

Sur un tapis de Cachemire,
C’est la sultane du sérail,
Riant au miroir qui l’admire
Avec un rire de corail ;

La Géorgienne indolente,
Avec son souple narguilhé,
Etalant sa hanche opulente,
Un pied sous l’autre replié.

Et comme l’odalisque d’Ingres,
De ses reins cambrant les rondeurs,
En dépit des vertus malingres,
En dépit des maigres pudeurs !

Paresseuse odalisque, arrière !
Voici le tableau dans son jour,
Le diamant dans sa lumière ;
Voici la beauté dans l’amour !

Sa tête penche et se renverse ;
Haletante, dressant les seins,
Aux bras du rêve qui la berce,
Elle tombe sur ses coussins.

Ses paupières battent des ailes
Sur leurs globes d’argent bruni,
Et l’on voit monter ses prunelles
Dans la nacre de l’infini.

D’un linceul de point d’Angleterre
Que l’on recouvre sa beauté :
L’extase l’a prise à la terre ;
Elle est morte de volupté !

Que les violettes de Parme,
Au lieu des tristes fleurs des morts
Où chaque perle est une larme,
Pleurent en bouquets sur son corps !

Et que mollement on la pose
Sur son lit, tombeau blanc et doux,
Où le poète, à la nuit close,
Ira prier à deux genoux.

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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SOURIRE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



 


    
SOURIRE

au lavomatic avec ses enfants
et ses sacs plastique
le linge qu’elle regarde
fixement
tourner dans la machine
avec tout ce qu’on ignore
qui tourne dans sa tête
qu’un sourire au plus petit
un instant
ne peut cacher

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Banc du square (Damien Gabriels)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2016



Banc du square
autour d’elle sa vie
en sacs plastiques

(Damien Gabriels)

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Quand j’aurais du vent dans mon crâne (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2016



Quand j’aurais du vent dans mon crâne

Quand j’aurai du vent dans mon crâne
Quand j’aurai du vert sur mes osses
P’tet qu’on croira que je ricane
Mais ça sera une impression fosse
Car il me manquera
Mon élément plastique
Plastique tique tique
Qu’auront bouffé les rats
Ma paire de bidules
Mes mollets mes rotules
Mes cuisses et mon cule
Sur quoi je m’asseyois
Mes cheveux mes fistules
Mes jolis yeux cérules
Mes couvre-mandibules
Dont je vous pourléchois
Mon nez considérable
Mon coeur mon foie mon râble
Tous ces riens admirables
Qui m’ont fait apprécier
Des ducs et des duchesses
Des papes des papesses
Des abbés des ânesses
Et des gens du métier
Et puis je n’aurai plus
Ce phosphore un peu mou
Cerveau qui me servit
A me prévoir sans vie
Les osses tout verts, le crâne venteux
Ah comme j’ai mal de devenir vieux.

(Boris Vian)

 

 

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Esther et Mika (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2015




Esther et Mika

Ils ont une affaire de plastiques
gérée avec calme et raison:
Esther fait la vente en boutique
et Mika fait les livraisons.
Lui très costaud… Elle pas fière
font dire aux esprits délicats:
Mon Dieu qu’elle est polie Esther!
Mon Dieu comme il est fort Mika!

(Francis Blanche)

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