Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘plat’

Ma douleur est plane (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019




    
Ma douleur est plane.
Je m’étends sur le carrelage.

Je ferme les yeux.
Je rêve longtemps.
Ai-je perdu la raison ?
Tout en moi a la fixité géométrique
des dessins de la gargoulette.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tout tourne (Janine Tavernier)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Mitsuo Shiraishi  MANEGE_ROUGE--2270_1 

Tout tourne
c’est la ronde qui tourne
sourire de femme
fauteuil rouge
tourne moulin moulin rouge
ta présence mille
ton absence une
Tourne mon présent renversé sur mon passé
comme un couvercle sur un plat vide
Le monde tourne
mon coeur tourne
Une étoile fixe
mon espoir

(Janine Tavernier)

Illustration: Mitsuo Shiraishi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vous me rencontrerez (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2019




    
Vous me rencontrerez — dit-il —
quand il sera trop tard.
Et ce n’est votre faute ni la mienne.
Il est toujours trop tard.
Demande-le à la femme
qui nettoie les lentilles
dans le plat de terre.
Demande-le à la statue.
La question aussi vient trop tard.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Guitare (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Jean-Claude Forez_Le_dejeuner_sur_lherbe1

Guitare

Je sais rouler une amourette
En cigarette,
Je sais rouler l’or et les plats !
Et les filles dans de beaux draps !

Ne crains pas de longueurs fidèles :
Pour mules mes pieds ont des ailes ;
Voleur de nuit, hibou d’amour,
M’envole au jour.

Connais-tu Psyché? – Non ? – Mercure ?…
Cendrillon et son aventure ?
– Non ? -… Eh bien ! tout cela, c’est moi :
Nul ne me voit.

Et je te laisserais bien fraîche
Comme un petit Jésus en crèche,
Avant le rayon indiscret…
– Je suis si laid ! –

Je sais flamber en cigarette,
Une amourette,
Chiffonner et flamber les draps,
Mettre les filles dans les plats !

(Tristan Corbière)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Telle une femme d’intérieur (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018




    
Telle une femme d’intérieur
J’ouvre mes fenêtres sur celles des voisines
Je m’affiche un peu en chemise de nuit
Derrière les rideaux transparents
Je prépare mon café à feu doux
Je dépoussière le balcon
J’aère mes couvertures
Et j’étale mon linge sur les cordes.

Aux yeux des étrangers je presse le pas
Pour rejoindre ma famille
Je salue à la hâte les voisins
Comme celle dont le bonheur l’attend derrière la porte.

Mes plats n’ont pas d’odeur
Mon linge non plus
Les fenêtres des voisines se sont fermées
Sur la vie en famille.

Telle une femme d’intérieur

Je ferme mes fenêtres.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La découverte d’un nouveau plat (Brillat-Savarin)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018


 


 

plat

La découverte d’un nouveau plat
a plus d’influence sur le bonheur
que la découverte d’une nouvelle étoile.

(Brillat-Savarin)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Jour puis nuit (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Illustration: Jean-Jacques Grandville
    
C’était une pierre qui se plaignait
d’être à l’écart du chemin
« Où sont les joyeux pèlerins
et leurs bâtons et leurs paniers ?

— Tu exagères, répondait Soeur Verveine
je viens te voir de temps en temps
sur le dos de ma jument
Mon amitié serait-elle vaine?

— Facile à dire pour une amazone
qui sur tout l’Orient rayonne
Si j’en fais vraiment tout un plat
reste donc sept jours avec moi»

Verveine confia sa jument à une jeune cousine
et revint près de la pierre prendre racine

Jour puis nuit
il y eut la rosée du matin
le chant d’un serin
un rideau de pluie

Jour puis nuit
il y eut le ciel imberbe
une étoile qui fuit
la table d’émeraude de l’herbe

Jour puis nuit
le silence s’installa
l’envie de partir partit
Verveine voulut vivre là

Et il arrive assez souvent
qu’un pèlerin quitte le chemin
pour respirer son parfum
et s’asseoir sur la pierre un moment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les jours ne s’en vont pas longtemps (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Illustration: Théodore Chassériau
    
Les jours ne s’en vont pas longtemps
Mais nous laissent leur poids qui pense.
Mon hiver sert en plat d’argent
Aux jours en grappes de vacances

Sans poids sans ombre, leur ballade
Dévêtit sur mon sol maussade
L’ombre changeante, ou devenir,
Qui s’y répand comme le sang
Interrogeable d’un présent.

Beaux nus dans le soleil mémoire
Volez ou plongez !
nous traitant
De passeurs et de passe-temps
Vers l’ambroisie de notre histoire.
– Allez-vous-en ! pas pour longtemps.

(Olivier Larronde)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La solitude véritable (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




    
La solitude véritable ressemble au cardiogramme d’un mort:
elle a l’immobilisme d’un ruban plat qui déroule le vide.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comme une chose (Gerrit Kouwenaar)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    

Comme une chose

Un poème comme une chose
une porte de verre à tambour et le garçon chinois
qui toujours repasse avec d’autres plats

un gardien de parc qui lime ses ongles
parmi des enfants sibériens du maine

une vénus du temps passé ensemble avec
une araignée sur l’autoroute

un verre de lait maternel, un jaune
smoking empesé

une abeille, un petit couteau
qui piquent l’un et l’autre, un avion
qui disparaît dans la pluie d’un village

un poème comme une chose

(Gerrit Kouwenaar)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :