Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘plâtre’

LE LABOUREUR ET SES ENFANTS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
LE LABOUREUR ET SES ENFANTS

Pas de trésor caché dedans
Pas plus que dans mon poing qui meurt
De source claire
Rien sur le dos ni sous la paume de la terre
Rien à gratter sur l’oeuf en plâtre de la terre
Plus de petits poussins tremblants dans les sentiers
Plus de femme en peignoir à fleurs sur le palier
Plus de foule au balcon pour voir passer la foule
Plus de mousse qui perle et de pierre qui roule
Plus de chalands à quai
Plus de lustres au plafond
Plus de zéro de conduite et de leçons
Plus rien qui vaille encor la peine de distraire
Ce temps de nous
A la veille de la misère.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rue des gouttes (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
rue des gouttes

au bout de cette rue en impasse
cabanes de tôle, grillages, volailles

une basse-cour pouilleuse
avec des statues de plâtre peint

et un gamin joufflu
Secoué par le rire

qui titube dans les flaques
sous l’insistante pluie

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Belle étoile (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



 

La Belle étoile

Pour une fois encore
Je me suis laissé dériver
Dans le lacis des rues sombres
La barque a de nouveau quitté le port
Et j’ai oublié rames et boussole

Mystérieuses
Femmes ou statues
Façades de pierres ou visages de plâtre
Vous me prenez mes nuits
Vous mêlez malgré moi votre sang et le mien

Rien qui me hèle rien
Dans la solitude où j’erre
Aucune porte qui s’ouvre
Et cet envol de mouchoirs ne peut me retenir
Le courant est trop fort et le gouvernail est brisé

Laissez résignez-vous
Ne tendez pas la main au naufragé
Je vais rouler comme un caillou jusqu’à la mer
Et ne vous désolez pas sur son sort
Il a son éternité de mémoire d’innocence et d’oubli

Dans l’austérité amère de la nuit
Les étoiles s’éteignent à force de regards
C’est entre deux flots que se termine le voyage
Les phares clignent des yeux sur la côte
Je m’illumine soudain comme une algue de phosphore

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Mikhail Larionov

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A défaut de miroir (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



A défaut de miroir
je me regarde
dans une planche de merisier,
dans le crépi d’un mur,
et mes yeux
à la longue m’apparaissent
à bonne hauteur,
à fidèle couleur.
L’imperfection du bois
ou les nervures du plâtre
les déforment seuls,
les faisant ressembler
tantôt à une flamme en veilleuse,
tantôt à deux poissons bleus.

Cette tête
ne me contient pas,

ces mains
ne sont pas les gants de ma tendresse,

cette voix
n’est pas celle qui me raconte.

Je vis à côté de mon corps
comme auprès d’une maison
un noyer centenaire.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Après trois ans (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Hippolyte Maindron  Velléda [1280x768]

Après trois ans

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé … J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin …
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux saule tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

(Paul Verlaine)

Illustration: Hippolyte Maindron

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rien n’est venu de ce que nous attendions (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Rien n’est venu
De ce que nous attendions

Avec l’obstination
De ceux qui grattent
Dans le plâtre des cellules
Le compte des jours

Aucune aube
Qui soit restée une aube

Aucune lumière
Que l’ombre ne rattrape

Et nous nous sommes mis
A aimer

La persistance du vinaigre
Et l’amertume
Insatisfaite de nos alcools
Rien n’est venu
De ce que nous attendions

L’instant
N’est pas dans ce qui attend

(Werner Lambersy)

Illustration: Alberto Galvez

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rien n’est venu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2016



Rien n’est venu
De ce que nous attendions
Avec l’obstination
De ceux qui grattent
Dans le plâtre des cellules
Le compte des jours

Aucune aube
Qui ne soit restée une aube
Aucune lumière
Que l’ombre ne rattrapera

Et nous nous somme mis
A aimer

La persistance des vinaigres
Et l’amertume
Insatisfaite des alcools

Rien n’est venu
De ce que nous attendions

L’instant
N’est pas dans ce qui attend

(Werner Lambersy)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CONGRÉGATION DISPERSÉE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016



LA CONGRÉGATION DISPERSÉE

I
Nous avions accepté de montrer nos foyers.
Le visiteur a pensé: vous vivez bien.
Les taudis sont dans vos âmes.

II
À l’intérieur de l’église: des piliers et des voûtes,
blancs comme du plâtre, comme la bande de plâtre
sur le bras cassé de la foi.

III
À l’intérieur de l’église, l’assiette du mendiant
s’élève d’elle-même du sol
et passe entre les bancs.

IV
Mais les cloches des églises doivent s’en aller sous terre.
Elles s’accrochent aux tuyaux des égouts.
Elles tintent sous nos pas.

V
Le somnambule Nicodème sur la route
de l’Adresse. Qui a l’adresse?
Ne le sais pas. Mais c’est là que nous allons.

(Tomas Tranströmer)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mort (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016


belle-pomone

 

Avec les os de bêtes
l’usine avait fabriqué ces boutons
qui fermaient
un corsage sur un buste
d’ouvrière éclatante
lorsqu’elle tomba
l’un des boutons se défit dans la nuit
et le ruisseau des rues
alla le déposer
jusque dans un jardin privé
où s’effritait
une statue en plâtre de Pomone

(Jean Follain)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Gacela du souvenir d’amour (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2015



 

N’emporte pas ton souvenir.
Laisse-le tout seul en mon coeur,

frisson de blanc cerisier
dans le martyre de janvier.

Un mur de songes mauvais
me sépare des trépassés.

Je donne une peine de lys
frais pour un coeur de plâtre.

Toute la nuit, dans le jardin
mes yeux, comme deux grands chiens.

Tout au long de la nuit, traquant
le coing et son venin.

Le vent, qui semble quelquefois
une tulipe de frayeur,

est une tulipe souffrante,
par une matinée d’hiver.

Un mur de songes mauvais
me sépare des trépassés.

La brume couvre, silencieuse,
la vallée grise de ton corps.

Sous l’arche de notre rencontre
la ciguë maintenant grandit.

Mais laisse-moi ton souvenir,
laisse-le tout seul en mon coeur.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Didier Delamonica

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :