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Poésie

Posts Tagged ‘plénitude’

MODÈLE (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



 

Illustration: Brassaï 
    
MODÈLE

Elle se montre, au bras de la lumière
Effaçant le paravent
De sa nudité paisible
Modèle, elle livre au vieux peintre
Dans son aura
Le mystère d’un corps
Dont il caressera l’image
Elle s’est dévoilée toute
Apparition radieuse
Non par bribes
En déshabillage équivoque

La beauté, comme la mort
Chastes dans leur plénitude
L’agonie, seule
Est impudique

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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SOUCOUPES DU CIEL (Many-Leib)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
SOUCOUPES DU CIEL

Tu commenças de naître à ton propre destin
Par sa nuit nuptiale, en ta mère adorée,
Étroitesse et touffeur du ventre vénéré
D’où, doré de désir, en ce monde tu vins

Pour aimer la splendeur parfaite de son sein,
Sa tiède plénitude – ô tournesols si tendres,
Soucoupes qui du ciel pour toi semblent descendre
À ta langue portant le nectar le plus fin.

Par le lait maternel tu devins grand et beau.
D’une tête plus haut que ta mère, et plus haut
Que ces filles au bal à ta danse soumises,

Et tu aimes chacune, et te plaît l’éventail
De leur robe attirant l’odeur et le nectar
Des soucoupes du ciel qui te furent promises.

(Many-Leib)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Purgatoire (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Illustration: Adolfo Busi
    
Purgatoire

La plénitude ne nous épuise donc pas ?
Dans mes mains lasses j’amasse,
j’aime, offre et accomplis
mais le jour persiste et la clarté aussi.

Je bois et vide tous les puits ;
le temps s’enfonce au plus profond des mers,
l’espace rencontre ma pesanteur
et me presse au soir de rentrer.

Comme une flèche je monte et descends les escaliers ;
il pleut des heures dans le silence,
rompant toutes les vannes, la plénitude s’élance,
je cours jusqu’à mourir éreintée.

Mais de nouveau il fait jour et la clarté persiste
– j’ai beau me tourner et me défendre, en vain –
de moi sans fin poussent des mains,
je dors et ne meurs pas.

***

Fegefeuer

Erschöpft uns denn die Fülle nicht?
Ich häufe in die müden
ich liebe, schenke und vollende,
doch es bleibt Tag und es bleibt licht.

Ich trinke aile Brunnen aus;
die Zeit rückt tiefer in die Meere,
der Raum begegnet meiner Schwere
und drängt mich in das Abendhaus.

Ich flieg’ die Treppen auf und ab;
es regnet Stunden in die Stille,
aus allen Schleusen bricht die Fülle,
bis ich mich totgelaufen hab’.
Doch wieder tagt es und bleibt licht,
-— wie ich mich wehre und mich wende –
mir wachsen unaufhörlich Hände,
ich schlafe und ich sterbe nicht.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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En une attente désespérée (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration: Renata Ratajczyk
    
En une attente désespérée je vais cherchant après elle
dans tous les coins de ma demeure; je ne la trouve pas.
Ma maison est petite, et ce qui une fois en est sorti jamais plus ne peut être ressaisi.
Mais immense est ton palais, mon Seigneur,
et tandis que je cherchais après elle je suis parvenu devant ta porte.

Je m’arrête sous le céleste dais d’or de ton soir,
et vers ton visage je lève mes yeux pleins de désir.
Je suis parvenu sur le bord de l’éternité d’où jamais rien ne se dissipe
– nul espoir, nul bonheur, nul souvenir de visage entrevu à travers les larmes.

Oh ! trempe dans cet océan ma vie creuse,
plonge-la dans le sein de cette plénitude, et que cette caresse perdue,
je la ressente enfin dans la totalité de l’univers.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Loin de moi cet amour (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration
    
Loin de moi cet amour qui ne connaît point de mesure;
car, pareil au vin écumant qui a rompu ses vaisseaux,
il court à sa perte en un instant.

Envoie-moi l’amour, frais et pur comme la pluie,
qui bénit la terre altérée et remplit les jarres d’argile de la maison.

Envoie-moi l’amour qui voudrait s’abîmer jusqu’au fond de l’être,
et de là jaillir en une sève invisible, à travers les branches de l’arbre de vie,
donnant le jour aux fruits et aux fleurs.

Envoie-moi l’amour
qui retient le coeur
dans une plénitude de paix.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: La corbeille de fruits
Traduction: Hélène du Pasquier
Editions: Gallimard

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LA MORT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration
    
LA MORT

Si tu n’étais faite que de vide, ô Mort,
En un clin d’oeil l’univers serait anéanti.
Tu incarnes la Plénitude, sur ton sein et ton giron
Tel un enfant le monde est éternellement bercé.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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A côté de chaque ligne, il y a un vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



 

Illustration
    
A côté de chaque ligne, il y a un vide.
Est-ce l’ombre que la ligne projette
ou le modèle qu’elle copie ?
De toute manière, qu’est-ce qui soutient la ligne
et comment ne se perd-elle pas dans le vide ?

Sous chaque couleur, il y a un vide.
Chaque couleur est-elle la naissance d’un abîme
ou seulement sa surface habitable ?
De toute façon, que dit ainsi la couleur
et que dirait-elle s’il n’y avait pas de vide ?

Dans chaque corps, il y a un vide.
Le corps est-il un refuge du néant
ou seulement un malentendu entre ses cavités ?
Mais alors pourquoi, au lieu de corps,
n’y a-t-il pas diverses densités de vide ?

Dans la pensée même est le vide.
Est-il une condition de la pensée
ou est-ce à l’inverse la pensée qui le crée?
Néanmoins, pourquoi tant de fantômes de fantômes
et non le vide en sa plénitude de vide?

(Roberto Juarroz)

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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La plénitude ? (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Carrie Vielle
    
La plénitude ?
Il faut être déchiré
pour pouvoir être empli.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Ne te laisse pas troubler (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Ne te laisse pas troubler par les sons
que t’envoie le vent dans sa plénitude.
Veille pour voir si à tes cordes
ne viendront des mains éternelles.

Le temps chasse ceux qui deviennent,
car le temps est le déclin.
Tu ne croîs qu’en la démesure
et tu n’es seul que dans le Tout.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Avant même rien le oui (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



de ce temps
où il n’y avait
pas de temps
à rebours du vide
avant même rien
le oui acquiesçait à la plénitude

(Zéno Bianu)

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