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Posts Tagged ‘pleur’

Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2022



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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LIBERTÉ (Robert Gelis)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022



Illustration
    
LIBERTÉ

Elle est blonde
Parfois brune
Fille du monde
Soeur de la lune
Ses yeux tombés du ciel
Sont pleins d’étoiles et de miel
C’est un oiseau sauvage
Échappé de sa cage
Une abeille une fleur
Une source un bijou

Mais au bord de ses joues
Une trace de pleur
Abîme sa beauté
Elle se nomme LIBERTÉ

(Robert Gelis)

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Pleurs sur la mort d’un moine (Hyujong)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2022



Illustration: Shi Yi 
    
Pleurs sur la mort d’un moine

Venir : avec les nuages blancs il est venu,
Partir : avec la lune claire il est parti ;
Venir, partir, un seul maître
Finalement, où se trouve-t-il ?

(Hyujong)

***

(Hyujong)

 

Recueil: Ivresse de brumes, griserie de nuages
Traduction: Ok-sung / Anne Baron / Jean-François Baron
Editions: Gallimard

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Conte d’amour II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Conte d’amour II

Je veux un amour plein de sanglots et de pleurs,
Un amour au front pâle orné d’une couronne
De roses dont la pluie a terni les couleurs,
Je veux un amour plein de sanglots et de pleurs.

Je veux un amour triste ainsi qu’un ciel d’automne,
Un amour qui serait comme un bois planté d’ifs
Où dans la nuit le cor mélancolique sonne ;
Je veux un amour triste ainsi qu’un ciel d’automne,
Fait de remords très lents et de baisers furtifs.

(Jean Moréas)

 

 

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REVE DE MA FEMME MORTE LE 20 DU PREMIER MOIS 1015 (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Zhao Ji
    
REVE DE MA FEMME MORTE LE 20 DU PREMIER MOIS 1015
Sur l’air de  » La Ville au bord du fleuve »
-Su Shi

En dix ans le vivant ne sait rien de la morte.
Puis-je t’oublier bien que nul ne m’apporte
la nouvelle de ta tombe solitaire,
dont mille lieues m’ont séparé?
A qui épancherai-je mon coeur brisé?

Même si tu m’avais revu, m’aurais-tu reconnu,
le visage couvert de poussière
et les cheveux de givre poudrés ?
Hier soir j’ai rêvé d’être de retour
et de te voir faire à la fenêtre ta toilette.

Nous nous regardions sans rien dire, noyés de pleurs.
D’année en année, j’imagine en vain
Que ton coeur se déchire par la douleur,
au clair de lune, sur le tertre planté de pins.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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UNE NUIT AUSSI LONGUE QU’UNE ANNEE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
UNE NUIT AUSSI LONGUE QU’UNE ANNEE
Sur l’air du  » Souvenir de la capitale impériale »
— Liu Yong

La couverture mince
et l’oreiller petit,
par le froid qui s’en vient

je me sens désolé
d’avoir dû te quitter.
Je me tourne
et retourne au fond du lit,
Mais le sommeil me fuit
bien que la nuit soit avancée.

Je me lève
et me couche
à n’en plus finir,
la nuit est aussi longue
qu’une année.

Oh ! Je voudrais m’en retourner chez toi,
mais je suis loin, très loin déjà.
Mille pensées de toi ne me consolent pas.
Comme je me sens seul et las !
Mon coeur reste toujours attaché à ton coeur;
Je te dois un ruisseau de pleurs.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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Jardin de la Rencontre (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



Jardin de la Rencontre

TU ES LA

Est-ce la folie qui me conduit vers l’impossible ?

Non, c’est une tendre évidence.

Je te reconnais, je te vois, tu es l’Amour de mon âme,
la lumière de ma vie.
Tu marches dans mon coeur comme tu marches en ce jardin
et la trace de tes pas dessine tant d’Amour
que le monde entier ne peut le contenir.

Tu t’approches de moi, mais ton regard est si doux et si fort
que je meurs en toi pour renaître en sa clarté.

Tu es VIVANT. Tu es mon cri, ma liberté, mon Amour.

Tu es là, tu étanches ma soif, MAINTENANT et pour l’éternité.
Tu me dis, je suis là, je suis ta soif et la Source Infinie.

Tu me dis, je ne meurs jamais, je suis la racine de ton coeur
et de tous les coeurs sur la terre lorsqu’ils s’éveillent à la beauté.

Tu me dis tout cela et ta voix me remplit comme un fleuve de feu,
comme une aube naissante et radieuse.

Tu me remplis de ta Présence, toi le Bien-Aimé divin
et la joie qui me soulève, soulève la terre et grandit jusqu’aux étoiles.

Comment le dire, oser y croire, le faire savoir ?

C’est trop intime, c’est trop immense, trop de pleurs,
trop de douceur et pourtant c’est l’océan tout entier qui balaie les résistances, emporte les barrages.
Peut-être une fleur, un oiseau, un coquillage pourra le dire bien mieux dans son langage.

Je n’ai pas de mots, je n’ai pas d’image, je n’ai rien pour le dire
et pourtant je voudrais le proclamer, le faire éclater avec le jour,
avec la nuit, avec la vie, avec cette joie qui jaillit de toute part.
Tu es là, tu rayonnes en secret et transfigures le monde.

En toi j’abandonne le fardeau de vouloir être ou ne pas être.
En toi je lâche les amarres et me voici perdue et retrouvée
au coeur battant d’un univers qui se crée sans limite et toujours au présent ;
un univers qui explose et se multiplie, terrassé de lumière,
un univers de feu embrasé de liberté.

Tu rayonnes partout, graine de soleil, semence d’infini,
désert étincelant calciné par l’Amour.

Je te vois, je te vis.
C’est si simple et je ne le savais pas.

(Marianne Dubois)

Illustration: William Bouguereau

 

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Que ne pouvons-nous déchirer la réalité (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2022




Que ne pouvons-nous déchirer la réalité comme un brouillon

textes écrits dans l’oreille d’une voix qui gémit
textes écrits sur les parois poreuses d’un sourire
textes écrits sur les paupières des pleurs
tombant dans le silence d’une couleur vive
textes écrits dans les mains de la pluie
qui hurle dans les tempes d’écaille
textes écrits sur les murs

textes écrits en nous
inexorables
indéchirables

(Mathieu Bénézet)

Illustration

 

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LE LAC (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



LE LAC

Remémore, mon coeur, devant l’onde qui fuit
De ce lac solennel, sous l’or de la vesprée,
Ce couple malheureux dont la barque éplorée
Y vint sombrer avec leur amour, une nuit.

Comme tout alentour se tourmente et sanglote !
Le vent verse les pleurs des astres aux roseaux,
Le lys s’y mire ainsi que l’azur plein d’oiseaux,
Comme pour y chercher une image qui flotte.

Mais rien n’en a surgi depuis le soir fatal
Où les amants sont morts enlaçant leurs deux vies,
Et les eaux en silence aux grêves d’or suivies
Disent qu’ils dorment bien sous leur calme cristal.

Ainsi la vie humaine est un grand lac qui dort
Plein sous le masque froid des ondes déployées,
De blonds rêves déçus, d’illusions noyées,
Où l’Espoir vainement mire ses astres d’or.

(Emile Nelligan)


Illustration

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CANTILÈNE POUR UN JOUEUR DE FLÛTE AVEUGLE (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2022



Illustration
    
CANTILÈNE POUR UN JOUEUR DE FLÛTE AVEUGLE

Flûte dans la nuit solitaire,
Présence liquide d’un pleur,
Tous les silences de la terre
Sont les pétales de ta fleur.

Disperse ton pollen dans l’ombre,
Âme pleurant, presque sans bruit,
Miel coulant d’une bouche sombre,

Et, puisque tes lentes cadences
Rythment le pouls des soirs d’été,
Fais-nous croire que les cieux dansent
Parce qu’un aveugle a chanté.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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