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Poésie

Posts Tagged ‘pleurnicher’

Le doux nid joyeux de l’enfance qui chante (Lewis Caroll)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Nous ne sommes, enfant, que des enfants vieillis
Qui pleurnichent, sachant qu’il faut aller dormir.
Dehors, l’âpre froidure et la neige aveuglante,
Le sifflement rageur et maussade du vent;
Au-dedans, la lueur du foyer rougeoyant
Et le doux nid joyeux de l’enfance qui chante.

(Lewis Caroll)


Illustration: Mark Ryden

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Il y a dans le fond quelque chose qui beugle (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




Il y a dans le fond quelque chose qui beugle

Que chacun s’observe ou que chacun s’ignore
que chacun se regarde ou que chacun s’aveugle
que chacun se refuse ou que chacun se subodore
il y a dans le fond quelque chose qui beugle

Que l’homme s’envole ou que la femme s’enceinte
que l’enfant pleurniche ou que le vieillard s’aveugle
que le curé fornique ou que la bonne soeur se croie sainte
il y a dans le fond quelque chose qui beugle

(Raymond Queneau)

 

 

 

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L’HOMME DE LA RUE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



Illustration: Joan Miro

    

L’HOMME DE LA RUE

Je suis allé à la maison de l’homme de la rue,
j’y ai trouvé sa compagne.
Je lui ai demandé : Où est l’homme de la rue ?
Elle a dit : L’air libre est son chez-soi.

Je lui ai demandé : À quoi ressemble-t-il ?
Elle a dit : Aucune femme ne sait.
Il pleurnichait un peu quand
sous mes draps il s’est glissé.

Il s’est couché sur moi tel un oiseau,
dit-elle avec un brin de dérision.
Bon, dans l’empressement de ses ailes
à peine s’il a prononcé mon nom !

Et lorsqu’il est parti, étiez-vous triste ?
Oh non, à peine si j’en ai eu conscience…
Elle s’est levée, est allée à la fenêtre,
indolente et immense…

Puis tout à coup, son corps s’est brisé
Comme une pierre, en deux parties,
et quand l’oiseau sauvage s’est échappé :
C’est l’homme de la rue, a-t-elle gémi.

***

EVERYMAN

I went to the house of Everyman,
I found his woman there.
I asked her, Where is Everyman?
She said, His home is air.

I asked her, then, What is he like?
She said, No woman knows.
He moaned a little as he crept
beneath my linen clothes.

He lay upon me as a bird,
she said with half disdain.
Why, in the hurry of his wings
he scarcely spoke my name!

And when he left you, did you grieve?
Oh, no, I scarcely knew…
She rose, and to the window moved,
indolent and huge…

Then all at once her body broke
in two parts, like a stone,
and as the savage bird escaped,
It’s Everyman, she moaned.

(Tennessee Williams)

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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La tête baissée (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2017



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La tête baissée,
Un chien se léchant le sexe
Pleurniche au soleil.

***

Head bent in spring sun,
A dog whimpers now and then,
Licking his penis.

(Richard Wright)

 

 

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L’amour C’est Du Pipeau (Brigitte Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



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L’amour C’est Du Pipeau

L’amour, l’amour, l’amour
toujours le vieux discours
soit divin soit humain
idem le baratin
jusque dans les vécés
j’en peux plus par pitié
faudrait changer de disque
entreprise à hauts risques
Les curés en chaleur
idoles en pleurs
les mémés les plus louches
n’ont que ça à la bouche
oh de grâce arrêtez de vous badigeonner
de cette pub idiote
j’en ai plein la culotte

L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos
L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos

Bardes dégoulinants
scribouillards pleurnichants
délicats militaires
épargnez nous vos glaires
Vénus ô statue creuse
mets la donc en veilleuse
vas t’faire voir chez les Grecs,
les anthropopithèques

L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos

L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos
L’amour, l’amour, l’amour
toujours le vieux discours
soit divin soit humain
idem le baratin
Vénus ô statue creuse
mets la donc en veilleuse
vas t’faire voir chez les Grecs,
les anthropopithèques

L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos
L’amour c’est du pipeau
c’est bon pour les gogos

(Brigitte Fontaine)

 

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Être un petit chien blanc (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2015



Vittore Carpaccio

Être un petit chien blanc qui court sans se lasser après la même branche,
Ou un vieux prêtre noir qui dit sans pleurnicher la messe du dimanche :
Bref avoir une foi, minuscule ou sublime

(Michel Houellebecq)

Illustration: Vittore Carpaccio

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