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Posts Tagged ‘pleurs’

CHANSON DU JOUR QUI S’EN VA (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



 

Carol Bernier

CHANSON DU JOUR QUI S’EN VA

Ce m’est un crève-coeur
de te laisser partir, ô jour !

Tu pars tout plein de moi
et reviens sans me connaître.
Ce m’est un crève-coeur
de laisser sur ton sein
les possibles réalités
de minutes impossibles !

Vers le soir un Persée
lime tes chaînes
et tu fuis sur les monts
en te blessant les pieds.
Ni ma chair ni mes pleurs
ne peuvent te séduire
ni les fleuves sur lesquels
tu fais ta sieste d’or.

D’orient en occident
portant ton feu sphérique
ton grand feu que soutient
mon âme tendue dans l’effort,
D’orient en occident
ce m’est un crève-coeur
de t’emporter avec tes oiseaux
et avec tes bras de vent !

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Carol Bernier

 

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Chante ta nostalgie (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Dmitry Spiros  - Russian Impressionist painter -   (52) [1280x768]

Chante ta nostalgie

Chante ta nostalgie
Au lieu de ne rien dire
De chercher à mentir
Avec un faux sourire
Chante ta nostalgie
Au lieu de ne rien faire
Figé devant un verre
D´une eau de vie amère

Chante ta nostalgie
Laisse venir tes pleurs
Laisse aller ta douleur
Fais taire ta pudeur
Chante ta nostalgie
Même si tu es seul
A te faire une gueule
Plus triste qu´un linceul

{Refrain:}
Il suffit d´une guitare
Ou d´un accordéon
Et d´avoir en mémoire
Un p´tit bout de chanson

Chante ta nostalgie
Avant qu´elle te bouffe
Avant qu´elle n´étouffe
Jusqu´à ton dernier cri
Chante ta nostalgie
Comme on dit une prière
Pour sortir de l´enfer
De la mélancolie

Chante ta nostalgie
Et bois à la santé
De celle qui t´a quitté
De ceux qui t´ont trahi
Chante ta nostalgie
Même si tu te plantes
Même si tu inventes
Et même si tu oublies

{au Refrain}

Chante ta nostalgie
On se ressemble un peu
Toi et moi, ça fait deux
Et ça se multiplie
Chante ta nostalgie
Je chanterai la mienne
Avec un peu de veine
On se sera compris

Chante ta nostalgie
Hurle-la comme un sourd
A la mort, à l´amour
Qui nous réconcilie
Chante ta nostalgie
Pour ne pas en mourir
Et pour pouvoir en rire
Et pour rester en vie

{au Refrain}

(Georges Moustaki)

Illustration: Dimitry Spiros

 

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Son retour (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 

Kathryn Jacobi   (4)

Son retour

Hélas ! Je devrais le haïr !
Il m’a rendu le mal de l’âme,
Ce mal plein de pleurs et de flamme,
Si triste, si lent à guérir !
Hélas ! Je devrais le haïr.
Il m’a rapporté ce tourment
Qu’avait assoupi son absence :
Dans le charme de sa présence,
Dans mon nom, qu’il dit tristement,
Il m’a rapporté ce tourment.

Dans le baiser pur du retour
Lorsque son âme m’a cherchée,
La mienne en vain s’était cachée :
La mienne a reconnu l’amour
Sous le baiser pur du retour.
Il dit qu’il ne s’en ira plus :
Quelle frayeur dans cette joie !
Vous voulez que je le revoie,
Mon Dieu ! Nous sommes donc perdus :
Il dit qu’il ne s’en ira plus !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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Rêve d’une femme (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

John Byam Liston Shaw  1

Rêve d’une femme

Veux-tu recommencer la vie ?
Femme, dont le front va pâlir,
Veux-tu l’enfance, encor suivie
D’anges enfants pour l’embellir ?
Veux-tu les baisers de ta mère
Echauffant tes jours au berceau ?
– « Quoi ? mon doux Eden éphémère ?
Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau ! »

Sous la paternelle puissance
Veux-tu reprendre un calme essor ?
Et dans des parfums d’innocence
Laisser épanouir ton sort ?
Veux-tu remonter le bel âge,
L’aile au vent comme un jeune oiseau ?
– « Pourvu qu’il dure davantage,
Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau ! »

Veux-tu rapprendre l’ignorance
Dans un livre à peine entr’ouvert :
Veux-tu ta plus vierge espérance,
Oublieuse aussi de l’hiver :
Tes frais chemins et tes colombes,
Les veux-tu jeunes comme toi ?
– « Si mes chemins n’ont plus de tombes,
Oh ! oui, mon Dieu ! rendez-les moi ! »

Reprends-donc de ta destinée,
L’encens, la musique, les fleurs ?
Et reviens, d’année en année,
Au temps qui change tout en pleurs ;
Va retrouver l’amour, le même !
Lampe orageuse, allume-toi !
« – Retourner au monde où l’on aime…
O mon Sauveur ! éteignez-moi ! »

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: John Byam Liston Shaw

 

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VA DANSER ! (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Joseph Matar
    
VA DANSER !

Au mois d’août, en fauchant le blé,
On crevait de soif dans la plaine;
Le corps en feu, je suis allé
Boire à plat ventre à la fontaine :
L’eau froide m’a glacé « les sangs ».
Et je meurs par ce tendre automne
Où l’on danse devant la tonne
Durant les beaux jours finissants…

J’entends les violons… Marie !
Va, petiote que j’aimais bien ;
Moi, je n’ai plus besoin de rien !…
Va-t’en danser à la frairie,
J’entends les violons… Marie !…

Veux-tu bien me sécher ces pleurs?
Les pleurs enlaidissent les belles !
Mets ton joli bonnet à fleurs
Et ton devantier en dentelle :
Rejoins les jeunesses du bourg
Au bourg où l’amour les enivre ;
Car, si je meurs, il te faut vivre…
Et l’on ne vit pas sans amour !

Entre dans la ronde gaiement ;
Choisis un beau gâs dans la ronde,
Et donne-lui ton cœur aimant
Qui resterait seul en ce monde…
Oui, j’étais jaloux cet été
Quand un autre t’avait suivie ;
Mais on ne comprend bien la vie
Que sur le point de la quitter…

Après ça, tu te marieras…
Et, quand la moisson sera haute,
Avec ton homme au rude bras,
Moissonnant un jour côte à côte
Vous viendrez peut-être à parler,
Emus de pitié grave et sobre,
De Jean qui mourut en Octobre
D’un mal pris en fauchant les blés…

(Gaston Couté)

 

 

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Amour dans l’asile (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

Une étrangère est venue
Partager ma chambre dans la maison folle
Une fille, oiseau dément

Verrouillant la nuit de la porte avec son bras de plumes.
Droite dans le lit-labyrinthe
Elle leurre la maison à l’épreuve du ciel avec des nuages

Et elle leurre la chambre de cauchemar en marchant,
En liberté comme les morts,
Ou chevauche les océans imaginaires des pavillons d’hommes.

Elle est venue possédée
Celle qui accueille la lumière trompeuse à travers le mur bondissant,
Possédée par les cieux

Elle dort dans l’auge étroite et pourtant elle foule la poussière
Puis délire tout son soûl
Sur les planches de la maison de fous, amincies par mes pleurs en marche.

Et surpris par la lumière dans ses bras à la longue, enfin
Je peux sans faute
Souffrir la vision première qui mit feu aux étoiles.

(Dylan Thomas)

 

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Entourée d’une nuée d’or (Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018


nuée d'or

 

Les pleurs des retrouvailles, les étreintes
des retrouvailles, ton regard dans le sien:
je pourrai tout prédire et pour toi chanter
le destin du philtre d’amour

Mais maintenant aussi, jeune Fée, tu as la beauté,
même si tu es seule; et la fille des Muses se réjouit
et se nourrit de ton esprit
et du tendre chant de ton coeur.

Mais tout sera bien différent en son heureuse présence:
ton âme se reconnaîtra dans son regard immédiatement
Tu seras sereine, de ses yeux contemplée,
tu marcheras de nouveau entourée d’une nuée d’or

(Hölderlin)

 

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Le cas de l’oiseau assassiné (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 Illustration
    
Le cas de l’oiseau assassiné

Jamais, non jamais nous ne saurons
Pour quel motif un jour
Ces lumières frémirent à peine ;
Ce fut une écume de pleurs,
Une brise plus forte, rien peut-être.
Seules les vagues savent.

Aussi montrent-elles aujourd’hui dédaigneuses
Leur couleur de regards,
Leur couleur encore ignorante, même si un souvenir
Leur chante quelque chose, doucement.

Ce fut un oiseau peut-être assassiné ;
Personne ne sait. Par personne
Ou par quelqu’un triste peut-être sur les pierres,
Sur les murs du ciel.

Mais de cela aujourd’hui on ne sait plus rien.
Ne reste qu’un frisson de lumières à peine ;
Une couleur de regards dans les vagues ou la brise ;
Une peur, peut-être, aussi.
Le tout, il est vrai, incertain.

***

El caso del pájaro asesinado

Nunca sabremos, nunca,
Por qué razón un día
Esas luces temblaron levemente;
Fue una llorosa espuma,
Una brisa más grande, nada acaso.
Sólo las olas saben.

Por eso hoy muestran desdeñosas
Su color de miradas,
Su color ignorante todavía, aunque un recuerdo
Les cante algo, algo levemente.

Fue un pájaro quizá asesinado;
Nadie sabe. Por nadie
O por alguien quizá triste en las piedras,
En los muros del cielo.

Mas de ello hoy nada se sabe.
Sólo un temblor de luces levemente,
Un color de miradas en las olas o en la brisa;
También, acaso, un miedo.
Todo, es verdad, inseguro.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Je suis en larmes (Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



    
Je suis en larmes.
Où sont mes pleurs
quand, de mes yeux,
le fleuve roule ?

Pourront-ils semer dans ton cœur
que l’amour emporte leurs graines ?

(Hafiz)

 

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SUS ! MON LUT D’UN ACCORD PITOYABLE (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



Illustration: Le Caravage
    
SUS ! MON LUT D’UN ACCORD PITOYABLE

Sus, sus, mon Lut, d’un accord pitoyable
Plains la douleur qui me rend miserable:
Plains mon desastre, et d’un ton éclatant
Dy le depart qui me va tourmentant.

Pleurez mes yeux, et d’une longue trace
L’eau de mes pleurs coule dessus ma face,
Et que jamais n’en tarisse le cours,
Qu’en tarissant ma vie et mes amours.

Il ne faut plus que j’aye aucune attente,
De voir jamais chose qui me contente :
Retirez-vous tous mes plaisirs passez,
Et mille ennuis pour garde me laissez.

***

Get up, get up, my Lute, with a pitiful chord
Pity the pain that makes me miserable:
Pity my disaster and, with a loud tone,
Relate the departure that goes on tormenting me.

Weep, my eyes, and with a long trace,
The water of my tears flows down my face,
And may its course never dry up
Except in drying up my life and loves.

I must have no further expectation
Of ever seeing anything that contents me:
Take away all my past pleasures,
And leave me a thousand worries as a guard.

***

Auf, auf, meine Laute, mit einem Akkord so falsch gestimmt
Beklag‘ den Schmerz, der mir den Atem nimmt:
Beklage meine Niederlag’,
Und mit einem Tone hell & klar
Schild’re den Abschied, der martert mich.

Weinet, meine Augen, und in langer Spur
Die Wasser meiner Zähren mein Antlitz netzen.
Und niemals soll das enden,
Nur wenn mein Leben & meine Lieb‘
Sich für immer wenden.

Nie mehr darf ich erwarten
Ein mich erfreuend Ding,
Verzieht euch doch, all mein‘ vergangen‘ Freuden,
Und tausend Ärgernisse mir hier zur Wache lasst!

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

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