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Posts Tagged ‘pleuvoir’

Pleuvent les pluviers dans la nuit (Nakatsuka Ippekirô)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



 

Pleuvent les pluviers dans la nuit –
si froide
les mains de celle que j’aime

(Nakatsuka Ippekirô)

Illustration

 

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La fruste chanson (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La fruste chanson

Le soleil a fondu la neige,
Plus rouge qu’un coquelicot,
Margot mets ton beau caraco,
Enfile ta jupe de bouège.

Il pleut des fleurs à l’aventure,
Le vent a des meuglements sourds
Comme un taureau qui fait l’amour;
Viens-t-en nous deux à la pâture.

Dans l’odeur des épines blanches
Clignotant leurs yeux de rubis,
Nerveuse échine et maigre hanche,
Les boucs caressent les brebis.

Les crapauds dont la gorge halète,
S’accouplent au chant des coucous.
Ah! Margot, l’amour est bien doux
Pour les gens comme pour les bêtes!

(Marie Dauguet)

 

 

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Petite lyre romantique (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Petite lyre romantique

Pourquoi me refuser
tes yeux et ton souris
et venir m’arracher
ainsi au paradis?

Pourquoi ne veux-tu pas
laissant là les alarmes
(ah, Dieu : ce que sont femmes !)
me prendre dans tes bras ?

Pourquoi as-tu choisi
la fleur sans odeur
l’agressive fleur
de la jalousie?

Est-ce que tu ne saurais
que je t’aime à un tel point
à toute heure que Dieu fait
que je ne sais plus combien ?

Attendu qu’à la fin
tout entier il est tien
nulle autre ne le tient
ce cœur qui est le mien ?

Ange sans foi
en mes serments,
mais pourquoi, pourquoi
me causer tourment?

Mon âme pleut
du froid, tout blême.
Et il ne t’émeut
ce petit poème.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Alexander Sulimov

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LES CYGNES SAUVAGES (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



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LES CYGNES SAUVAGES

Toute la nuit, la tempête avait fait rage,
attisant le brasier de ma douleur.

A l’aube, je suis allée m’asseoir dans le belvédère
où j’attendais, autrefois, mon bien-aimé.

Il pleuvait encore. La rivière charriait des troncs d’arbres.
Exténuées d’avoir lutté contre la tourmente,
les pivoines du jardin ne pouvaient se relever.

Deux cygnes sauvages vinrent lisser leurs plumes sous le belvédère.
J’ai laissé tomber sur eux mes larmes,
pour qu’ils les apportent à mon bien-aimé.

(La Flûte de Jade)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Rien entre elle et ciel (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017




    
Rien entre elle et ciel loque
Direct à terre dans sa flaque
Ou mare de chien de nuage quoi
Pleut pus tomber toujours
Même greuler plus elle sent pas

(Valérie Rouzeau)

 

Recueil: NEIGE RIEN
Editions: Editions Unes

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A L’ARRIÈRE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Illustration: Mitty Desques
    
A L’ARRIÈRE

Sur la banquette arrière, quand il pleuvait
et que le monde s’écartait devant la voiture
les gouttes filaient sur la vitre en oblique
avec des accélérations, d’imperceptibles pauses
et nous trois, voyageant à l’abri dans un autre temps
nous suivions du doigt ces vies minuscules
comme sur l’écran de la destinée
avant que le soleil ou le retour à la maison
nous rendent au décor agrandi du présent

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Le Pays derrière les larmes
Editions: Gallimard

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La Tendresse (Noël Roux)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



tendresse

La Tendresse

On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Être inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non, non, non, non
Il n’en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien… on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non, non, non, non
L’amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours

(Noël Roux)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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A l’Heure du Couchant (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Alphonse Osbert
    
A l’Heure du Couchant

Voici : Mon coeur est plein de chuchotements tristes
Et mes yeux sont remplis de brume, vers le soir…

En vain le couchant fait pleuvoir ses améthystes
Et me promet la nuit et le silence noir…

Rien ne peut alléger le poids lourd qui m’oppresse
Et m’inflige soudain une étrange paresse.

Je sens la vanité de tout ce que j’aimais,
Et qui ne me sera plus si cher désormais…

Puisque mes souvenirs deviennent infidèles,
Que je m’enfuie enfin ! Qu’on me prête des ailes !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Il pleut dans le sentier (Paul Weisse)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Illustration: Ernest Biéler
    
Il pleut dans le sentier des feuilles de platane ;
D’étranges voluptés cherchent à s’apaiser…
Le soir a des langueurs dolentes de sultane,
La caresse du vent est celle d’un baiser…

(Paul Weisse)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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MUSIQUE AU CREPUSCULE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



 

Alphonse Osbert Un inceste d'âmes

MUSIQUE AU CREPUSCULE

La ligne de ton cou se subtilise ;
Tout baigne feutré dans la couleur grise,
Et voici qu’un jour bien cher agonise.

Oh ! demain, l’absence et les heures creuses !
Sens-tu pas, nos âmes en sont peureuses ;
Sens-tu pas, nos âmes en sont frileuses ;

Frileuses surtout à cause de l’heure ;
Tu sais bien qu’au soir nos beaux rires meurent,
Et qu’ensemble un peu nos âmes pleurent,

Sans nulle souffrance et sans nulle peine,
Par cette faiblesse d’être trop pleines ;

La ligne de ton cou se subtilise ;
Blottissons-nous bien dans le fauteuil noir ;
Tout baigne feutré dans la couleur grise,
Laissons sur nos coeurs si pareils pleuvoir
La triste douceur qui les prend le soir,
Chaque fois qu’un jour bien cher agonise.

(Charles Vildrac)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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