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Poésie

Posts Tagged ‘plonger’

Le regard qui plonge vers moi (Georges Chich)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



    

Le regard qui plonge vers moi
Un regard que seul un enfant peut avoir
Qui cherche quoi
Un regard qui pourrait être terrible
S’il venait d’un adulte
Car il ne porte aucune intention
Aucune pensée mais qui est intense
Simplement intense
Un regard qui brûle ou donne la joie.

(Georges Chich)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Numéro 128
Traduction:
Editions: Arpa

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Instants inoubliables (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



instants inoubliables
que ceux où un oeil
plonge en lui-même
rejette ses brumes
saisit en un éclair
la totalité
de ce qu’il est

(Charles Juliet)

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Martin-pêcheur a plongé(François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020



Illustration
    
Martin-pêcheur a plongé ; l’eau de l’étang
Propage jusqu’aux bords ses cercles concentriques.
Rond est l’univers, maintenu par le souffle
Circulaire : nul coin perdu, tout rejoint tout.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Aujourd’hui c’est dimanche (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



 

Illustration: Oscar Bento
    
Aujourd’hui c’est dimanche.
Aujourd’hui pour la première fois ils m’ont laissé sortir dehors au soleil.
Pour la première fois de ma vie j’ai été étonné
que le ciel soit si éloigné
et si bleu
et si démesuré.
Plein de respect je me suis assis par terre
et j’ai appuyé mon dos contre le mur blanc.
Qui se soucie des vagues dans lesquelles j’aime me plonger
ou de lutte, ou de liberté, ou de ma femme en ce moment.
La terre, le soleil et moi…
Je me sens heureux.

***

Azi e duminică.
E prima zi în care îmi e permis să ies la soare.
Și tot pentru întâia oară în viața mea mă minunez
de depărtarea
și de albastrul
înaltului zenit.
Mă așez smerit
cu spatele la zid.
Gust clipa fără de avântări prin valuri,
o clipă fără lupte, chiar și fără soție.
Numai pământul, soarele și eu…
Sunt fericit…

***

***

Hoy es domingo.
Por primera vez me han dejado salir a tomar el sol.
Y, por primera vez en mi vida,
me sorprende contemplar el cielo
tan lejano,
tan azul,
tan inmenso.
Me he sentado en el suelo con respeto,
apoyando mi espalda sobre la pared blanca.
Qué importan ahora las olas en las que sumergirme,
no poder luchar, no estar libre o no tener mujer.
La tierra, el sol y yo…
soy un hombre dichoso…

***

***

Oggi è domenica.
Oggi mi hanno lasciato uscire al sole, ed è la prima volta.
E per la prima volta nella vita sono rimasto immobile
sorpreso di quanto il cielo sia lontano,
e blu
e immenso.
Poi mi sono seduto sulla terra con rispetto,
la schiena contro il muro.
Adesso niente scherzi,
né lotta e libertà, e non mia moglie.
La terra, il sole ed io…
Sono un uomo felice…

***

Today is Sunday.
They took me out for the first time into the sun today.
And for the first time in my life I was amazed
That the sky is so far away
And so blue
And so vast
I stood there without a motion.
Then I sat on the ground with respectful devotion
Leaning against the white wall.
Who cares about the waves with which I yearn to roll?
Or about strife or freedom or my wife right now.
The earth, the sun and me…
I feel happy.

***

Vandaag is het zondag.
Vandaag hebben ze mij voor de eerste keer naar buiten in de zon laten gaan.
Voor de eerste keer in mijn leven was ik erover verbaasd
dat de hemel zo veraf is
en zo blauw
en zo immens.
Vol ontzag ging ik op de grond zitten,
en leunde mijn rug tegen de witte muur.
Wie geeft om de golven waarin ik mij graag onderdompel,
of om strijd, of om vrijheid, of om mijn vrouw op dit moment
De aarde, de zon en ik…
Ik voel mij gelukkig.

***

Μ’ έβγαλαν για πρώτη φορά έξω στον ήλιο
Και πρώτη φορά στη ζωή μου κατάλαβα
πως ο ουρανός είναι τόσο μακρινός
και τόσο γαλάζιος
κι απέραντος.
Έμεινα ακίνητος σαν μαρμαρωμένος.
Μετά έκατσα στο χώμα με σχετική ευλάβεια
κι ακούμπησα την πλάτη μου στον λευκό τοίχο.
Τότε γιατί αναζητώ να παίξω με τα κύματα;
Γιατί τότε ν’ ανησυχώ για την ελευθερία
ή για πώς είναι η γυναίκα μου αυτή τη στιγμή;
Τώρα μόνο η γη,
ο ήλιος κι εγώ
Ευτυχία.

***

***

今天是星期天。
今天他们第一次带我出去晒太阳。
我这辈子第一次感到惊讶
天空如此遥远
那么蓝
如此辽阔
我站在那里一动不动。
然后我虔诚地坐在地上
靠在白色的墙上。
谁现在还在乎我渴望翻滚的海浪?
还在意冲突、自由或我的妻子。
地球、太阳和我…
我感到快乐。

(Nâzim Hikmet)

Recueil: ITHACA 597
Traduction: Français Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Arabe / Espagnol Rafael Carcelén / Hébreu Dorit Wiseman / Italien Fabrizio Beltrami – Francesco Boraldo / Anglais Germain Droogenbroodt / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Grec Manolis Aligizakis / Hindi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou
Editions: POINT

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Mon père qui creuse (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



 

Vincent Van Gogh 16860 [1280x768]

Sous ma fenêtre, le crissement net
De la bêche qui plonge dans le sol caillouteux :
Mon père qui creuse. Je le regarde …

(Seamus Heaney)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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J’ai besoin de tes mains (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



J’ai besoin de tes mains qui pervenchent à la belle saison
A l’appel de mon corps tu arrives
Plein d’eau dans tes yeux

Plonge dis-tu
Ne pense plus aux sirènes qui hurlent dans ton âme
J’ai traversé les siècles pour te rejoindre
Prends-moi tout entière dans tes bras
Les ailes des oiseaux ne se faneront plus

(Yvon Le Men)


Illustration: Vladimir Kush

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Toutes mes blessures légères ou profondes sont des portes, où s’engouffre le monde (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Il y a là sous la chair
entre les os fragiles
et les réseaux habiles
dans une profondeur
que les mots seuls éclairent
un lac sombre, un monde qui scintille,
d’homme en homme à la file
un fond de vies où j’erre,
où je plonge une et reviens mille

(Carole Zalberg)

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La nuit (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020



    

La nuit

I.

Le ciel d’étain au ciel de cuivre
Succède. La nuit fait un pas.
Les choses de l’ombre vont vivre.
Les arbres se parlent tout bas.

Le vent, soufflant des empyrées,
Fait frissonner dans l’onde où luit
Le drap d’or des claires soirées,
Les sombres moires de la nuit.

Puis la nuit fait un pas encore.
Tout à l’heure, tout écoutait ;
Maintenant nul bruit n’ose éclore ;
Tout s’enfuit, se cache et se tait.

Tout ce qui vit, existe ou pense,
Regarde avec anxiété
S’avancer ce sombre silence
Dans cette sombre immensité.

C’est l’heure où toute créature
Sent distinctement dans les cieux,
Dans la grande étendue obscure
Le grand Être mystérieux !

II.

Dans ses réflexions profondes,
Ce Dieu qui détruit en créant,
Que pense-t-il de tous ces mondes
Qui vont du chaos au néant ?

Est-ce à nous qu’il prête l’oreille ?
Est-ce aux anges ? Est-ce aux démons ?
A quoi songe-t-il, lui qui veille
A l’heure trouble où nous dormons ?

Que de soleils, spectres sublimes,
Que d’astres à l’orbe éclatant,
Que de mondes dans ces abîmes
Dont peut-être il n’est pas content !

Ainsi que des monstres énormes
Dans l’océan illimité,
Que de créations difformes
Roulent dans cette obscurité !

L’univers, où sa sève coule,
Mérite-t-il de le fixer ?
Ne va-t-il pas briser ce moule,
Tout jeter, et recommencer ?

III.

Nul asile que la prière !
Cette heure sombre nous fait voir
La création tout entière
Comme un grand édifice noir !

Quand flottent les ombres glacées,
Quand l’azur s’éclipse à nos yeux,
Ce sont d’effrayantes pensées
Que celles qui viennent des cieux !

Oh ! la nuit muette et livide
Fait vibrer quelque chose en nous !
Pourquoi cherche-t-on dans le vide ?
Pourquoi tombe-t-on à genoux ?

Quelle est cette secrète fibre ?
D’où vient que, sous ce morne effroi,
Le moineau ne se sent plus libre,
Le lion ne se sent plus roi ?

Questions dans l’ombre enfouies !
Au fond du ciel de deuil couvert,
Dans ces profondeurs inouïes
Où l’âme plonge, où l’oeil se perd,

Que se passe-t-il de terrible
Qui fait que l’homme, esprit banni,
A peur de votre calme horrible,
Ô ténèbres de l’infini ?

(Victor Hugo)

 

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L’ OMBRE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



Illustration: Markus Raetz
    
L’ OMBRE

L’ombre essaie de ressembler
à celui qu’elle accompagne,
mais c’est toujours à refaire,
toujours à recommencer.
Métier d’ombre, métier d’ombre,
c’est un vrai métier de chien,
on s’échine, se déchire,
se fatigue, se détruit.
Métier d’ombre, route d’ombre,
la vie est dure à gagner.

Si contente était mon ombre
de marcher au bord de mer.
Mais quand je plonge dans l’eau
elle est perdue aussitôt,
elle se débat et pleure
comme un enfant égaré.
Reviens, reviens sur le sable,
me crie mon ombre fidèle,
reviens vite à mes côtés,
ne me laisse jamais seule.

Elle est plus faible que moi,
elle se perd en chemin,
elle s’accroche aux buissons
perdant ses flocons de laine,
et s’écorche les genoux,
et se noie dans les ruisseaux
grelottant le soir venu,
redoutant les nuages gris.
Métier d’ombre, chemin d’ombre,
mon ombre est bien fatiguée.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Jour nuit soleil et arbres (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2020



Jean Tardieu
    
(Recueil Jours pétrifiés)
Jour nuit soleil et arbres

Certains mots sont tellement élimés, distendus, que ‘l’on peut voir le jour au travers.
Immenses lieux communs, légers comme des nappes de brouillard – par cela même difficile à manœuvrer.
Mais ces hautes figures vidées, termes interchangeables, déjà près de passer dans le camp des signes algébriques,
ne prenant un sens que par leur place et leur fonction, semblent propres à des combinaisons précises
chaque fois que l’esprit touche au mystère de l’apparition et de l’évanouissement des objets.

I
Est-ce pour moi ce jour ces tremblantes prairies
ce soleil dans les yeux ce gravier encore chaud
ces volets agités par le vent, cette pluie
sur les feuilles, ce mur sans drame, cet oiseau ?

II
L’esprit porté vers le bruit de la mer
que je ne peux entendre
ou bien vers cet espace interdit aux étoiles
dont je garde le souvenir
je rencontre la voix la chaleur
l’odeur des arbres surprenants
j’embrasse un corps mystérieux
je serre les mains des amis

III
De quelle vie et de quel monde ont-ils parlé ?

– De jours pleins de soleil où nous nous avançons,
d’espace qui résiste à peine à nos mains et de nuits
que n’épaissira plus l’obscurité légère.

IV
Entre les murs un visage survint
qui se donnait le devoir de sourire
et m’entraîna vers une autre fenêtre
d’où le nuage à ce moment sortait.

Tout était lourd d’un orage secret
un homme en bleu sur le seuil s’avançait
le tonnerre éclata dans ma poitrine
un chien les oreilles basses
rentrait à reculons.

V
Mémoire
Et l’ombre encor tournait autour des arbres
et le soleil perdait ses larges feuilles
et l’étendue le temps engloutissait
et j’étais là je regardais.

VI
Je dissipe un bien que j’ignore
je me repais d’un inconnu
je ne sais pas quel est ce jour ni comment faire
pour être admis.

VII
Comme alors le soleil (il était dans la nuit
il roule il apparaît avec silence
avec amour, gardant pour lui l’horreur)
ainsi viendront les jours du tonnerre enchaîné
ainsi les monstres souriants ainsi les arbres
les bras ouverts, ainsi les derniers criminels
ainsi
la joie.

VIII
Quand la nuit de mon coeur descendra dans mes mains
et de mes mains dans l’eau qui baigne toutes choses
ayant plongé je remonterai nu
dans toutes les images :
un mot pour chaque feuille un geste pour chaque ombre
« c’est moi je vous entends c’est moi qui vous connais
et c’est moi qui vous change. »

IX
Je n’attends pas un dieu plus pur que le jour même
il monte je le vois ma vie est dans ses mains :
la terre qui s’étend sous les arbres que j’aime
prolonge dans le ciel les fleuves les chemins…
Je pars j’ai cent mille ans pour cet heureux voyage.

X
Epitaphe
Pour briser le lien du jour et des saisons
pour savoir quelle était cette voix inconnue
sur le pont du soleil à l’écart de ma vie
je me suis arrêté.
Et les fleuves ont fui, l’ombre s’est reconnue
espace les yeux blancs j’écoute et parle encore
je me souviens de tout même d’avoir été.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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