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Le jour où je vous vis pour la première fois (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021


Zylberman_Vassissilia

Le jour où je vous vis pour la première fois,
Vous aviez un air triste et gai : dans votre voix
Pleuraient des rossignols captifs, sifflaient des merles ;
Votre bouche rieuse, où fleurissaient des perles,
Gardait à ses deux coins d’imperceptibles plis ;
Vos grands yeux bleus semblaient des calices remplis
Par l’orage, et séchant les larmes de la pluie
A la brise d’avril qui chante et les essuie ;
Et des ombres passaient sur votre front vermeil
Comme un papillon noir dans un rais de soleil.

(Jean Richepin)

Illustration

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LE ROSSIGNOL (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

LE ROSSIGNOL
A Georges Artigues.

Dans le secret de cet arbre tout nu
— Mais il n’est rien qu’au silence on ne vole
Puisqu’en lui-même un dieu s’est entendu.
Pluie ou soleil, vertige ou dénuement,

Si je me tais, rien en moi ne dément
L’aveu confus qui cherche sa parole
Je fais mon nid dans ces branches obscures,
Soeurs d’un espace où j’éclate à foison :

Plutôt mourir dans ma verte prison
Que de changer d’amour et de blessures!
Avril en fleurs, le chant des créatures

Brûle au zénith de cette pâmoison;
Je suis ce chant, ce ciel, cet horizon,
La nuit du monde avec ses aventures.

(Louis Emié)

Illustration

 

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J’ALLAIS DANS LE VERGER… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (53) [1280x768]

J’ALLAIS DANS LE VERGER…

J’allais dans le verger où les framboises au soleil
chantent sous l’azur à cause des mouches à miel.
C’est d’un âge très jeune que je vous parle.
Près des montagnes je suis né, prés des montagnes.
Et je sens bien maintenant que dans mon âme
il y a de la neige, des torrents couleur de givre
et de grands pics cassés où il y a des oiseaux
de proie qui planent dans un air qui rend ivre,
dans un vent qui fouette les neiges et les eaux.

Oui, je sens bien que je suis comme les montagnes.
Ma tristesse a la couleur des gentianes qui y croissent.
Je dus avoir, dans ma famille, des herborisateurs
naïfs, avec des boîtes couleur d’insecte vert,
qui, par les après-midi d’horrible chaleur,
s’enfonçaient, dans l’ombre glacée des forêts,
à la recherche d’échantillons précieux
qu’ils n’eussent point échangés pour les vieux
trésors des magiciens des Bagdads merveilleuses
où les jets d’eau ont des fraîcheurs endormeuses.
Mon amour a la tendresse d’un arc-en-ciel
après une pluie d’avril où chante le soleil.
Pourquoi ai-je l’existence que j’ai ?… N’étais-je fait
pour vivre sur les sommets, dans l’éparpillement
de neige des troupeaux, avec un haut bâton,
à l’heure où on est grandi par la paix du jour qui tombe ?

(Francis Jammes)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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L’homme est en mer (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l’hameçon,
Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
l s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence,
L’endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plaît le poisson aux nageoires d’argent,
Ce n’est qu’un point ; c’est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent !
Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés,
Et fait râler d’horreur les agrès effarés.
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l’appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

 

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Ma soeur la Pluie (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ma soeur la Pluie

Ma soeur la Pluie,
La belle et tiède pluie d’été,
Doucement vole, doucement fuit,
A travers les airs mouillés.

Tout son collier de blanches perles
Dans le ciel bleu s’est délié.
Chantez les merles,
Dansez les pies !
Parmi les branches qu’elle plie,
Dansez les fleurs, chantez les nids
Tout ce qui vient du ciel est béni.

De ma bouche elle approche
Ses lèvres humides de fraises des bois ;
Rit, et me touche,
Partout à la fois,
De ses milliers de petits doigts.

Sur des tapis de fleurs sonores,
De l’aurore jusqu’au soir,
Et du soir jusqu’à l’aurore,
Elle pleut et pleut encore,
Autant qu’elle peut pleuvoir.

Puis, vient le soleil qui essuie,
De ses cheveux d’or,
Les pieds de la Pluie.

(Charles Van Lerberghe)

 

 

 

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La pluie tombe (Mark Twain)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2021



 

Rain Room

La pluie tombe sur les justes
Et aussi sur les injustes.
Mais surtout sur les justes

Car les injustes
Portent le parapluie des justes.

(Mark Twain)

 

 

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La statue de la rue (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2021



La statue de la rue
et la pluie qui ruisselle
sur elle
en larmes factices

(Bernard Montini)


Illustration: Michel Chansiaux

 

 

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Je vois d’ici votre moue… (Yves Martin)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
Je vois d’ici votre moue…

Je vois d’ici votre moue.
Qu’il craque, qu’il crève le vieux bonhomme !
Qu’importe ses lampées, ses mâchées,
Ses dimanches calmes comme des parasols,
Les cigarettes qu’on ressasse, le vin qui ronfle !

Vous vous foutez de ses souvenirs.
Vous avez tort, il a vécu une bien belle aventure.
Ce jour-là il pleuvait. Les gosses chahutaient de tout leur long.
Il avait filé une jeune femme. Il avait été intarissable.
Il lui avait même donné rendez-vous – sans aucune précision de lieu – pour le lendemain.

Il vous aurait raconté comment il retrouva l’altière
Aux yeux carapattant comme un bouquet de grillons.
Vous préférez qu’il se taise, crache, qu’il parte avec ses symboles.
Vous ne ferez jamais de merveilleuses rencontres sous la pluie.

(Yves Martin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Je fais bouillir mon vin
Traduction:
Editions: Chambelland

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Le fond de mes chaussures (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021




    
Le fond de mes chaussures
est trempé
Trop marché dans la pluie

***

The bottoms of my shoes
are wet
from walking in the rain

(Jack Kerouac)

 

Recueil: Poèmes
Traduction:
Editions: Seghers

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La pluie lourde (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021




    
La pluie lourde
s’enfonce dans la mer
Inutile, inutile.

***

Useless, useless,
the heavy rain
Driving into the sea.

(Jack Kerouac)

 

Recueil: Poèmes
Traduction:
Editions: Seghers

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