Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘plumage’

LA COLOMBE POIGNARDEE (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



 

colombe poignardée

LA COLOMBE POIGNARDEE

Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.

Le chœur ailé des airs, loin de lui rendre hommage,
Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ;
Lui-même se fuirait, en voyant son image
Poignardé de naissance, il naît ensanglanté.

Et le poète aussi, merveilleuse victime,
Qui mêle de son sang dans tout ce qu’il anime,
Arrive dans ce monde, un glaive dans le cœur ;

Et l’on n’a point encore inventé de baptême,
Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur :
Cette tache de mort, c’est son âme elle-même.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Résurrection de la rose (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Illustration
    
Résurrection de la rose

La chute d’un ange
De la cime du ciel,
tourbillonnant,
voilà que tombe entre mes bras
une sorte d’ange plumeux
ou peut-être un corbeau géant
ou bien encore un vampire,
on ne sait trop
car la nuit est obscure.

Mais la lune s’étant levée
révèle le plumage noir
d’un grand oiseau
serré contre mon corps

et qui dresse vers moi
non pas un bec
mais un visage
et, dirait-on,
un visage de femme
dont la bouche soudain murmure:
«Je suis ton dernier amour».

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

M’alléger (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Ettore Aldo Del Vigo 795388

M’alléger
Me dépouiller
Réduire mon langage à l’essentiel,
Abandonnant ma longue traîne de plumes
De plumages
De plumetis et de plumets :
Devenir oiseau avare
Ivre du seul vol de ses ailes…

(Michel Leiris)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Femmes qui passent (Ludovic Janvier)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Femmes qui passent
Femmes qui passent ne veut pas dire
qu’elles passent au large de moi
mais qu’elles passent à travers moi
regards allures et parfums
en y laissant de multiples traces
aussitôt gonflées comme un plumage
lequel tarde à se refermer

(Ludovic Janvier)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tapisserie (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

jardin secret

Tapisserie

Un magique jardin aux merveilleuses flores,
Avec des escaliers, des rampes, des bosquets ;
Sur les arbres taillés un vol de perroquets
Mêle un éclat vivant d’ailes multicolores ;

Et, tout au fond, dans les charmilles compliquées
Que l’Automne pique de ses parcelles d’or,
Se dresse, solitaire, un vieux Palais où dort
Un lointain souvenir de fêtes évoquées ;

La dégradation douce d’un crépuscule
Enveloppe le beau jardin et s’accumule
Sur le luxe défunt des fastes accomplis ;

Dans les arbres les perroquets à vifs plumages
Volettent, comme si, troublant les longs oublis,
Quelque Belle y traînait ses robes à ramages.

(Henri de Régnier)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’impossible (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018


 


 

Berthe Morisot (16) [1280x768]

L’impossible

Qui me rendra ces jours où la vie a des ailes
Et vole, vole ainsi que l’alouette aux cieux,
Lorsque tant de clarté passe devant ses yeux,
Qu’elle tombe éblouie au fond des fleurs, de celles
Qui parfument son nid, son âme, son sommeil,
Et lustrent son plumage ardé par le soleil !

Ciel ! un de ces fils d’or pour ourdir ma journée,
Un débris de ce prisme aux brillantes couleurs !
Au fond de ces beaux jours et de ces belles fleurs,
Un rêve ! où je sois libre, enfant, à peine née,

Quand l’amour de ma mère était mon avenir,
Quand on ne mourait pas encor dans ma famille,
Quand tout vivait pour moi, vaine petite fille !
Quand vivre était le ciel, ou s’en ressouvenir,

Quand j’aimais sans savoir ce que j’aimais, quand l’âme
Me palpitait heureuse, et de quoi ? Je ne sais ;
Quand toute la nature était parfum et flamme,
Quand mes deux bras s’ouvraient devant ces jours… passés.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Berthe Morisot

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Oiseau jaune et bleu (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



 

oiseau jaune et bleu

L’Oiseau jaune et bleu

Rien jamais ne trouble cet étang :
Un jour chasse l’autre
Et dans ce sommeil la vie se prolonge
Sans même apporter le peu qu’on attend,
Mais ton esprit trotte

De songe en songe.
Petite boule de plumage éclatant,
Bel oiseau jaune et bleu qui te balances
Au-dessus de l’eau morte

En te grisant de tendres et joyeuses notes,
Je t’écoute depuis longtemps,
Mais ta chanson n’a pas de sens.

(Tristan Klingsor)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE FEMME UN OISEAU (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017




    
UNE FEMME UN OISEAU

L’oiseau très grand, qui survolait la plaine
au même rythme que les creux et les collines,
longtemps nous l’avions vu planer
dans un ciel absolu
qui n’était ni le jour ni la nuit.
Une cigogne? Un aigle? Tout ensemble
le vol silencieux du chat-huant
et cette royale envergure
d’un dieu qui se ferait oiseau…

Nos yeux un instant détournés
soudain virent descendre la merveille :
c’était la fille de l’aurore et du désir
ange dans nos sillons tombé avec un corps
plus féminin que l’amour même et longue longue
posant ses pieds à peine sur le sol car le vent de ses ailes
la soulevait encore. Enfin le lisse et blanc plumage
sur cette femme de cristal se replia. Elle semblait ne pas nous voir
ni s’étonner qu’un lac
au-devant de ses pas s’étendît… déjà

elle y plongeait en souriant pour elle-même
heureuse de se souvenir
des éléments antérieurs
et d’un temps sans limite… Elle ourdit dans cette eau transparente
les signes d’un langage inconnu
puis s’ébrouant, cernée de perles,
de nouveau brillante et glacée,
elle frappa du pied la terre… Telle je la vois encore
légèrement inclinée en avant
et déjà presque détachée,
telle nous l’avons vue monter et disparaître dans l’azur.

C’est depuis ce temps-là que je sais
par quel subtil vouloir et quels secrets mouvements
nous pouvons voler quand tout dort.

(Jean Tardieu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’innocente Léda (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



Paul Prosper Tiller 1280 [800x600]

L’innocente Léda baignait ses membres nus,
La grâce de son corps enchantait l’eau du fleuve,
Et les roseaux, pressés de frissons inconnus,
Disaient une musique aussi douce que neuve,

Quand le cygne parut, blanche nef sur le fleuve.

Quand le cygne parut, blanche nef au front d’or,
Léda tressaillit d’aise et demeura songeuse,
Puis, lentement, sans bruit, elle revint au bord
Et se coucha dans l’herbe, à l’ombre d’une yeuse ;

La bête s’avançait, belle, ardente et songeuse.

La bête s’avançait, belle, ardente, et d’un air
Si royal et si mâle, que Léda fut charmée
Et qu’elle regretta, dans l’erreur de sa chair,
De n’être pas un cygne, afin d’en être aimée

Parmi l’ombre et parmi l’herbe molle et charmée.

Parmi l’ombre et parmi l’herbe molle et les lys,
Léda se ploie au poids de l’animal insigne,
Tout ruisselant encore des eaux de Simoïs,
Et son corps étonné frissonne et se résigne

A ne caresser que le plumage d’un cygne.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Paul Prosper Tillier

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Chanson de l’Oiseau de Feu (Philippe Dumaine)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017


Chanson de l’Oiseau de Feu

En hâte on avait réveillé
même les enfants au berceau;
en hâte on s’était habillé
de fourrures ou de manteaux.

Il faisait nuit, il faisait froid
en ce solstice de décembre.
Un grand-duc poussait sous les bois
son cri de vieille qu’on étrangle.

Un bruit courait … On avait vu
– prodige qui semblait heureux –
tomber des oiseaux inconnus
dont le plumage était de feu.

Et la ville fiévreusement
cherchait au hasard dans la neige;
quelques-uns, sous leurs vêtements,
avaient dissimulé des pièges.

Les virent seuls les hommes purs,
ceux qui n’avaient pas pris de piège,
loin d’eux l’idée d’une capture
qui leur eût semblé sacrilège.

(Philippe Dumaine)

Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :