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Poésie

Posts Tagged ‘plume’

Ils écrivaient ce qui leur venait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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Ils écrivaient
ce qui leur venait sous la plume

les lointains ne vivent que par signes
les pierres distillent le temps

Le désir a des vertiges d’étoiles
la mémoire ses troupeaux perdus

(Georges Bonnet)

 

 

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Le printemps est là, superbe! (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



Le printemps est là, superbe!

Il est là, le printemps, le superbe printemps!
De longs bateaux légers, le vieux Danube rêve.
Il est là, le printemps, le printemps plein de sève!
Entends…
Et vois le vent d’avril qui roule et qui soulève
Les senteurs de nos prés. Avec elles, joyeux,
Le vent joue au cerceau. Sens-tu son allégresse?
Dis-le! Sais-tu ce que je veux?
Il me faudrait une maîtresse
Sous le venteux éveil,
Une maîtresse au souffle frais, vermeil,
A la carnation de perce-neige.
« Etreins-moi, Belle Biche! Encore! » lui dirai-je.
Chaque enfant est un rire au savoureux solfège.
II est là, le printemps,
Le joyeux cri du ciel! Entends!
II est venu, dis-tu, plus tôt que de coutume?
L’hiver aurait-il existé?
Il n’a jamais été!
Avant de naître, il fut posthume!
Eclose ton grand cœur! Jaillissent les bourgeons
Issus de nos poumons!
Monte le vent d’avril plus léger que la plume!

(Attila Jozsef)


Illustration: François-Joseph Durand

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Le corps d’Eurydice (2/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Certains soirs elle ne savait pas
Ce qui, d’elle, était devenu insaisissable:
Une poignée de plumes rousses
Sur le ciel lisse, où volaient les fleurs du cerisier.
Où l’atteignait, porté par quelque souffle,
Un parfum indéfinissable. Etait-ce
Le laurier rose, dont la feuille est empoisonnée?
Sinon quel souvenir, ou quel désir
Aurait meublé les couches de lumière déclinante,
Et l’espace qui était en elle ce miroir
Obscurci, ce point de fuite, une heure
Avec de légers nuages sur le ciel pâle?
Un moment du monde aurait passé:

« Reprendre le chemin qui ramène
Vers ce lieu de moi-même où tout s’apaise
Et s’équilibre, est-ce tellement difficile
Mère mauvaise? Et me fondre dans ce qui m’appelait:
La nuit accueillante où le corps ne vieillit pas. »

Une vivante. Elle a fait son deuil d’elle-même.
Elle a erré parmi les petits noms de l’amour,
Les objets familiers: beaucoup de fleurs,
D’étoffes, de bijoux, pour embellir une vivante.
Pour retenir sur elle la lumière. Et la passion?
Et le manque, et le besoin, et le plaisir?
Enfin pour finir cette chambre
Sans lit et sans miroirs, où elle se dévisageait
Un moment dans une fenêtre blanche,
Avant de se détourner tout à fait du dehors,
Respirant profondément l’odeur douceâtre
Des bouquets fanés sur la table:

« Nue dans la mémoire, comme dans l’amour,
C’est là que j’ai appris à être impitoyable
Avec ma vie, à n’être plus que du temps
Sans désir comme le soleil sur les pierres nues,
Les pages, désertées d’êtres écrites. »

Ce qui, d’elle, était devenue méconnaissable,
Une partie d’elle-même donc, sa main seulement
Ou sa personne tout entière, les concours
De ce qu’on nomme l’âme? Et beaucoup plus tard
Ce furent d’autres fleurs, celles des paulownias
Qui forment une sorte de ciel mauve
Quand le vrai ciel s’emplit de noir.
Ce qu’il faudrait, de toute urgence, ressaisir,
Elle ne savait toujours pas. – Et pourquoi
Saisir plutôt que se laisser saisir?
Elle regardait alors ces grappes de fleurs,
Respirait cette brume mauve. Elle était capable
D’en jouir. Puis le bleu plus profond
Se mettait tout autour, c’était
Un chef-d’oeuvre de tendresse,
De distraction, ou de destruction:

« Mère mauvaise, non, je n’ai pas changé ma vie.
Mais je suis revenue, parmi les miens, quel que fût
Cet inconnu qui me forçait à aimer l’amour.
Dérobée à lui-même, mes gestes mutilés,
Ceux d’une autre? Sa tête perdue. »

(Claude Adelen)

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LES PROFONDEURS DU SILENCE (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



LES PROFONDEURS DU SILENCE

Serait-ce rêve-vent ?
Vague chant des poissons rejetés sur la plage ?
Psaumes de fourmillement
dans un tibia enseveli ?

Ce n’est plus l’oreille qui l’entend
c’est le Qui-sous-la-Peau à l’affût

Feuille de papier dans le noir
filigranes qui crient
dans germe de la pomme de terre
la micro-houle de la mer
la respiration
que le mur renvoie dans le visage du dormeur

Le léger bruit des chaînes de carbone
plume d’aile touche
la main glissée dans le squelette du coeur

car l’ange n’est pas muet
plus chuchotant que le chuchotant
et plus effrayant

(László Marsall)

 

 

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La belle (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



La belle

Belle fille mordant la pluie
Dans les salines de l’ennui
Belle fille dorant la nuit
Dans la plume chaude, à minuit

Belle, je dis belle à ta bouche
Ouverte sur la poix du sang
Belle, je dis belle à ta jambe
A ta main piégeuse, à ta langue

Belle, je dis belle à l’eau pure
Qui t’éclaire de sa blessure
Je dis belle à ta voix d’amour
Qui gonfle et gorge les colombes

Je dis la marée belle au monde
La câline levant les ongles
Je dis belle à la forêt moite
A la source où le soleil boite

Belle, je dis belle à toi
Et seule belle entre mes bras.

(Luc Bérimont)

 

 

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Garde la plume (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



garde la plume elle a les couleurs
de la peur l’amour du désespoir
avec elle tu créeras peut-être un poème
sur le sort des oiseaux en des temps rigoureux

(Zbigniew Herbert)

Illustration

 

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Ô ami, sois pur et tu seras poète (Paroles Soufies)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



 

Ô ami, sois pur et tu seras poète
Efface de ton coeur les sons et les lettres
Trempe dans le sang de l’amour
La plume de l’esprit
Et écris !

(Paroles Soufies)

 

 

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Eh ! oui, c’est toi la plus forte ! (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Eh ! oui, c’est toi la plus forte !
Entre tes mains je serai
La plume ou la feuille morte
Que le vent roule à son gré.

Avec un simple sourire.
Même un tradéridéra,
Tu me feras faire et dire
Tout ainsi qu’il te plaira.

Je conviens que ta magie
Fait de moi ce que tu veux.
Tu mates mon énergie
Sous le fouet de tes cheveux.

Tu peux avec une amorce
M’irriter ou m’apaiser.
Tu peux engluer ma force
Dans le miel de ton baiser.

Un mot de ta lèvre rose,
Voilà ma bible et ma foi.
Je suis ton bien et ta chose.
Mais aussi, je sais pourquoi !

Et quand je courbe la tête,
Je me dis, tout en rampant :
« Patience ! le poète
Est un charmeur de serpent. »

(Jean Richepin)

 Illustration

 

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LE VIEUX VAUTOUR (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



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LE VIEUX VAUTOUR

Le vieux vautour est savant et lisse ses plumes
La pourriture lui plaît et ses discours
Ont le don de rapetisser les âmes

***

O VELHO ABUTRE

O velho abutre é sábio e alisa as suas penas
A podridão lhe agrada e seus discursos
Têm o dom de tornar as almas mais pequenas

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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La nuit hésitait entre silence et ténèbres (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Francine Van Hove  [800x600]

La nuit hésitait
entre silence
et ténèbres.

J’oscillais
entre cœur
et esprit.

La solitude était
lisse comme une plume.

Le passé
semblait une bien obscure
énigme.

Il fallait saisir
le présent
du bout du stylo.

On pouvait écrire
tout et son contraire
sans jamais
être dans le vrai.

A cette heure-là
la nuit
faisait miroir.

Je regardais
mon visage par la fenêtre.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Francine Van Hove

 

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