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Poésie

Posts Tagged ‘plume’

L’ÉPICIER (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

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L’ÉPICIER

Que la lumière rasante
du soleil sur ton village
ne t’illusionne, tu as la force
d’un Faust de plume.

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration

 

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Partout où il n’y aura rien (Denis Diderot)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration: Louis Roland Trinquesse
    
Lettres à Sophie Volland

J’écris sans voir. Je suis venu;
je voulais vous baiser la main et m’en retourner.

Je m’en retournerai sans cette récompense;
mais ne serai-je pas assez récompensé
si je vous ai montré combien je vous aime?

Il est neuf heures,
je vous écris que je vous aime.
Je veux du moins vous l’écrire;
mais je ne sais si la plume se prête à mon désir.

Ne viendrez-vous point
pour que je vous le dise
et que je m’enfuie?

Adieu, ma Sophie, bonsoir;
votre coeur ne vous dit donc pas
que je suis ici?

Voilà la première fois
que j’écris dans les ténèbres:
cette situation devrait m’inspirer
des choses bien tendres.

Je n’en éprouve qu’une:
je ne saurais sortir d’ici.

L’espoir de vous voir un moment m’y retient,
et j’y continue de vous parler,
sans savoir si j’y forme des caractères.

Partout où il n’y aura rien,
lisez que je vous aime.

Paris, le 10 juillet 1759

(Denis Diderot)

 

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Quand le vent noir (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2017




    
Quand le vent noir du grand savoir
emportera la dernière plume du dernier oiseau
la Terre éclatera en sanglots.

L’OISEAU-TONNERRE

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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Pluie du soir (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
pluie du soir
un gros oreiller de plumes
sous le crâne
vent rageur dans les chênes

forêt lointaine qui s’approche
océan mugissant
la fenêtre ouverte

les grosses gouttes
d’une nouvelle averse
s’écrasent
sur les tuiles

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Migrateur pris (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Migrateur pris

Mortes couleurs de mauvais temps
Novembre en plumes de voyage
— Autant en portent les autans —
Seul des vols reste ce langage
Pris à la source en la quittant
Dont un reflet tenait en cage

Sourire outremer des printemps.

(Olivier Larronde)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Je l’ai écrit et je l’écrirai pendant l’éternité (Auguste Blanqui)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



L’univers tout entier est composé de systèmes stellaires.
Pour les créer, la nature n’a que cent corps simples à sa disposition.
Malgré le parti prodigieux qu’elle sait tirer de ces ressources
et le chiffre incalculable de combinaisons qu’elles permettent à sa fécondité,
le résultat est nécessairement un nombre fini,
comme celui des éléments eux-mêmes,
et pour remplir l’étendue,
la nature doit répéter à l’infini
chacune de ses combinaisons originales ou types.

Tout astre, quel qu’il soit, existe donc en nombre infini
dans le temps et dans l’espace,
non pas seulement sous l’un de ses aspects,
mais tel qu’il se trouve à chacune des secondes de sa durée,
depuis la naissance jusqu’à la mort.
Tous les êtres répartis à sa surface,
grands ou petits, vivants ou inanimés,
partagent le privilège de cette pérennité.

La terre est l’un de ces astres.
Tout être humain est donc éternel
dans chacune des secondes de son existence.
Ce que j’écris en ce moment dans un cachot du fort du Taureau,
je l’ai écrit et je l’écrirai pendant l’éternité,
sur une table, avec une plume, sous des habits,
dans des circonstances toutes semblables. Ainsi de chacun.

Toutes ces terres s’abîment, l’une après l’autre,
dans les flammes rénovatrices,
pour en renaître et y retomber encore,
écoulement monotone d’un sablier
qui se retourne et se vide éternellement lui-même.
C’est du nouveau toujours vieux,
et du vieux toujours nouveau.

(Auguste Blanqui)

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Le perroquet (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Le perroquet

C’est très coquet
Un perroquet

Des plumes rouges
Bleues violettes
Ça vit ça bouge
Et ça répète

C’est très coquet
Un perroquet

Dans un baquet
Un perroquet
Ça fait trempette
Et ça répète

C’est très coquet
Un perroquet

C’est beau, c’est sec
Après toilette
Et ça répète
Du bout du bec

C’est très coquet
Un perroquet

Tais ton caquet
Vieux perroquet
mais ça répète
Saperlipopette

C’est très coquet
Un perroquet

(Jean-Hugues Malineau)

Illustration

 

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LES CYGNES SAUVAGES (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



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LES CYGNES SAUVAGES

Toute la nuit, la tempête avait fait rage,
attisant le brasier de ma douleur.

A l’aube, je suis allée m’asseoir dans le belvédère
où j’attendais, autrefois, mon bien-aimé.

Il pleuvait encore. La rivière charriait des troncs d’arbres.
Exténuées d’avoir lutté contre la tourmente,
les pivoines du jardin ne pouvaient se relever.

Deux cygnes sauvages vinrent lisser leurs plumes sous le belvédère.
J’ai laissé tomber sur eux mes larmes,
pour qu’ils les apportent à mon bien-aimé.

(La Flûte de Jade)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Trois fois (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
Trois fois je pris la plume;
trois fois je pris l’encrier;
et trois fois par terre
le coeur me tomba.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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Le trait (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
Le trait
Seulement le trait
Chemin vers la montagne qui s’élève
Voie vers le nu
Le dépouillé
Le renoncé
L’écriture à peine visible
Tombe les syllabes de la plume
Qui perd l’encre et le sang.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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