Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘plume’

Le moment bleu (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



 

Illustration: Stéfane Gautier
    
Le moment bleu

Quand un martin-pêcheur
à ras de l’eau était passé
on s’appelait on se criait :
« Tu l’as vu ?
Il vient juste de passer. »

Mais très souvent l’un d’entre nous
n’avait rien vu
et c’était l’un – ou alors l’autre –
qui gardait seul
le moment bleu.

Ce moment bleu du grand courant
(on remontait jusqu’à la nuit
on se perdait on s’attendait)
tu l’as sur toi.

Dans tes papiers
contre ta carte d’identité
la petite plume
tu l’as glissée.

Elle est pour toi
comme mon poème :
éclair reflet présence absence
doigt sur la bouche.

Nos moments bleus
ils ont filé.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

MER DU NORD (Dominique Joye)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019




MER DU NORD

La chaîne de vos regards se décroche du quai.
Entre les cargos rouges et gris
Qui croisent les drapeaux
De brumes blanches des voiliers,

Mon esprit voyage,
Sur leurs panaches d’écumes,
Je deviens plumes d’oiseaux
Attirées dans leur sillage.

(Dominique Joye)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vacarme des plumes (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Le vacarme des plumes
Si tu t’approches de mes oreilles,
Ton sifflement qui entoure
Mon royaume de haies épaisses
Laisse un signe fugitif:
Le plaisir que tu m’apportes.

***

Lo strepito piume
Se ti accosti vicino agli orecchi,
Il tuo fischio che recinge
Il mio regno di fitte siepi
Lanscia un labile segno
La lusinga che mi rechi.

(Leonardo Sinisgalli)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Un air de légèreté (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


chapeau-et-miroir

 

Une plume donne au chapeau
Un air de légèreté
La cheminée fume.

(Paul Eluard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 5 Comments »

Plume (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



 

Plume d’eau claire pluie fragile
Fraîcheur voilée de caresses
De regards et de paroles
Amour qui voile ce que j’aime.

(Paul Eluard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MONSIEUR DE MALBROUGH (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



 

Walter Crane - Lilies

MONSIEUR DE MALBROUGH

Aôh! monsieur de Malbrough,
Mettez vos habits brodés du dimanche
Et sur les boucles de vos cheveux roux
Votre chapeau à plumes blanches.

Miss Kate, miss Maud et Miss Lily
Ont emprisonné pour vous leurs pieds mignons
En des souliers de satin gris, jolis,
Vraiment, comme ceux de Cendrillon.

Elles vous attendent fort occupées
A refaire les noeuds de soie de leurs corsages;
Venez vite : vos quatre pages
Porteront à Picadilly votre épée.

Aôh! bonsoir, et choisissez de ces trois lys
De ces fées de rêve de Walter Crane,
Miss Kate, miss Maud et miss Lily
Pour danser la gigue au ballet de la reine.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Walter Crane

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aux Feuillantines (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




Aux Feuillantines

Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.
Notre mère disait: jouez, mais je défends
Qu’on marche dans les fleurs et qu’on monte aux échelles.

Abel était l’aîné, j’étais le plus petit.
Nous mangions notre pain de si bon appétit,
Que les femmes riaient quand nous passions près d’elles.

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.
Et là, tout en jouant, nous regardions souvent
Sur le haut d’une armoire un livre inaccessible.

Nous grimpâmes un jour jusqu’à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fimes pour l’avoir,
Mais je me souviens bien que c’était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d’encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l’ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu’oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

Tels des enfants, s’ils ont pris un oiseau des cieux,
S’appellent en riant et s’étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes.

(Victor Hugo)

Illustration: Gustave Doré

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Une plume de la lune (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



 

Une plume de la lune
lutine le ver qui luit
elle allume pour chacune
la lunule brune et fuit.
Avec l’ut du luth tu luttes
pure lune sans appui
et les flûtes que vous fûtes,
roseaux, annulent l’ennui.

(Géo Libbrecht)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE BASSIN NOIR (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



chateau-versailles-bassin-saturne [1280x768]

LE BASSIN NOIR

Laisse le Printemps rire en sa gaîne de pierre
Et l’Hiver qui sanglote au socle où il est pris
Jusqu’au torse, et l’Été, grave en ses noeuds fleuris,
Près de l’Automne nu qui s’empampre et s’enlierre;

Laisse la rose double et la rose trémière
Et l’allée à dessins de sable jaune et gris
Et l’écho qui répond au rire que tu ris,
Et viens te regarder dans une eau singulière.

Elle occupe un bassin ovale et circonspecte;
Nulle plume d’oiseau et nulle aile d’insecte
Ne raie en le frôlant l’ébène du miroir,

Et, de sa transparence où sommeillent des ors,
Tu verrais émerger d’entre son cristal noir
Le Silence à mi-voix et l’Amour à mi-corps!

(Henri De Régnier)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’écris des mots pour le plaisir (Paul Fort)p

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



 

paul-fort

J’écris des mots pour le plaisir et je les chante…
Mais que soudain mon mal augmente, la plume se brise en un cri.
Je ne sais quand je me lamente ou si je chante ou si j’écris.

(Paul Fort)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :