Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘poche’

Dans ma poche quelques coquillages (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



dans ma poche
quelques coquillages:
bribes de conversation,
les confidences
de la mer

(Katell Antoine)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 3 Comments »

Mais est-ce bien la peine (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018




    
Mon corps las en dormant a réchauffé mon lit…
Ma fatigue d’hier est restée en mes membres
Et mon maître déjà, le matin de décembre,
M’appelle dans la rue où la rumeur grandit.

Dresse tes os, debout. Lève-toi. Lève-toi, debout femme !
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Huit heures, cours laver à la rivière où l’eau
Attend sous un glaçon tes poignets pour les mordre,
Le linge qu’ont sali les autres va le tordre,
Râpe afin qu’il soit blanc sa crasse avec ta peau.

Frotte, les jours sont courts, le pain cher, frotte femme !
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Midi… cherche la croûte en ta poche cachée,
Vite, donne à ta chair de pauvre la bouchée
Dont pour s’user à gagner l’autre elle a besoin.

Mange ton pain, ton pain te mange, mange ô femme.
Mais est-ce bien la peine, ô Dieu, d’avoir une âme ?

(…)

Sans repos, sans espoir, use ta vie ô femme…
Mais est-ce bien la peine ô Dieu d’avoir une âme ?

(Marie Noël)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES ÉCOLIERS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



LES ÉCOLIERS

Sur la route couleur de sable
En capuchon noir et pointu,
Le « moyen », le « bon », le « passable »
Vont, à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.

Ils ont dans leur plumier des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches, du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d’autres petits hommes.

Ils ont la ruse et la paresse
— Mais l’innocence et la fraîcheur
Près d’eux les filles ont des tresses
Et des veux bleus couleur de fleur
Et de vraies fleurs pour la maîtresse.

Puis, les voilà tous à s’asseoir
Dans l’école crépie de lune,
On les enferme jusqu’au soir
Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume
Pour s’envoler. Après, bonsoir !

Ça vous fait des gars de charrue
Qui fument, boivent le gros vin,
Puis des ménagères bourrues
Dosant le beurre et le levain.
Billevesées, coquecigrues,
Ils vous auront connues en vain

Dans leurs enfances disparues !

(Maurice Fombeure)

Illustration: Robert Doisneau

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ABSENCE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
L’ABSENCE

Elle est sortie, elle est loin, mais je la vois
car tout est plein d’elle dans cette chambre,
tout lui appartient, et moi comme le reste.

Ce lit encore tiède, où je laisse errer ma bouche, est foulé à la mesure de son corps.
Dans ce coussin tendre a dormi sa petite tête enveloppée de cheveux.

Ce bassin est celui où elle s’est lavée; ce peigne a pénétré les noeuds de sa chevelure emmêlée.
Ces pantoufles prirent ses pieds nus. Ces poches de gaze continrent ses seins.

Mais ce que je n’ose toucher du doigt, c’est ce miroir où elle a vu ses meurtrissures toutes chaudes,
et où subsiste peut-être encore le reflet de ses lèvres mouillées.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CLANDESTIN (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Ana Cruz  Madrigal to a bitter devotion

 

CLANDESTIN

Souviens-toi avec moi aujourd’hui — la parole
et la contre-parole
de témoignage : l’aube tangible, surgissant
de ma main crispée : étreinte ciliaire
du soleil : l’étendue de ténèbres
que j’ai écrite
sur la table du sommeil.

Maintenant
est le temps à venir.
Tout ce que tu es venue
me prendre, emporte-
le loin de moi maintenant. N’
oublie pas
d’oublier. Emplis
tes poches de terre,
et scelle
la bouche
de ma caverne.

C’est là
que j’ai rêvé ma vie
dans un rêve
de feu.

(Paul Auster)

Illustration: Ana Cruz

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le jour vide ses poches (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



 

Un pont, le macadam brûlant,
le jour vide ses poches,
une chose après l’autre.
Seul dans le soir catatonique.

Le paysage : froissure de fond de fossé,
cicatrice ardente dans l’ombre qui scintille.
Crépuscule. Le rayonnement me glace,
le soleil m’aveugle. Jamais je n’oublie, c’est l’été.

C’est l’été et la chaleur foudroie.
Debout, et je sais leurs ailes immobiles,
les oiseaux, comme chérubins en flamme
dans des cages aveuglées, hérissées d’échardes.

Te souviens-tu ? Au commencement fut le vent ;
puis la terre ; puis la cage.
Feu et crottin. Et de temps en temps
quelques coups d’ailes, des réflexes vides.

Et soif. Alors j’ai demandé à boire.
J’entends encore les gorgées fiévreuses,
et j’endure impuissant, telle la pierre,
et j’éteins les scintillements.

Des années passent, années, et l’espoir —
comme une vieille casserole renversée dans la paille.

(János Pilinszky)

Illustration: Michael Whelan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Te voilà belle (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Je
t’ai fait
les yeux
comme on fait
les poches
d’un inconnu

Je t’ai fait
les seins
comme on fait
les vendanges

Et
les reins
comme on rame
en canot

Je t’ai fait
la peau
comme on lave
du petit linge
fin

Et le ventre
comme on fait
de l’orage
avec la pluie

Et même
comme on gonfle
un pruneau

Aïe
mon amour
que t’ai-je fait
te voilà belle
comme une orange
en hiver

(Werner Lambersy)


Illustration: Nina Barka

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le pauvre (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018




    
Le pauvre examine le manteau de saint Martin et dit :
« Pas de poches? »

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

CRÉPUSCULE (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
CRÉPUSCULE, 1

Le comptable a fermé le dernier guichet
tiré la grille et peut-être un instant pensé
à devenir voleur, à céder au poids
de la clé brûlante dans la poche
tandis que le soleil aux plis de sa nuque
verse la rouille des jours perdus
à supputer la chance d’une fenêtre
dans ces visages minés à contre-jour
par la pioche infatigable du temps

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les cailloux (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018




    
les cailloux tremblent
les cailloux rient
se serrent dans le ressac
s’usent et se resserrent

tintent dans ma poche
se déchiffrent à mes doigts
idée que je peux
entendre et toucher –

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: PATMOS et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :