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Poésie

Posts Tagged ‘poche’

IL EST UN AIR… (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
IL EST UN AIR…

Repoussant les forêts de l’encre
Où l’on entend bâiller les loups,
Pour vous, ce soir, je veux écrire
Un clair poème comme vous.

Margoton s’accoude à la broche
De puits; les étoiles y font
Un autre ciel. Passe. Obéron
Fait tinter les clés dans nos poches.

Nos coeurs sont las; une fontaine
D’où la bonté ne jaillit plus,
La pluie m’a cloué sur la plaine
Où ruissellent mes membres nus.

— Survint un immense amour.
Ce n’est qu’en tournant autour
Que j’en connus l’étendue. —

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je les perds partout (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



Illustration: Andrew Murray
    
je les perds partout, les poèmes

poches explosées sous la peau
du rêve

(Israël Eliraz)

 

Recueil: et tout cela pour dire ose
Traduction:
Editions: José Corti

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Ne me laisse pas (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018


soif

Ne me laisse pas mourir de soif avec ce Vin près de ma Lèvre,
Ni mendier, avec en Poche tous ces Territoires –

***

Let me not thirst with this Hock at my Lip,
Nor begth Domains in my Pocket –

(Emily Dickinson)

Illustration

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LES PETITS RIENS (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
LES PETITS RIENS

Et si c’était cela
en écoutant Mozart
ce qui filait derrière la fenêtre
devant la mer
entre le soleil et les nuages
et les vagues et les voiles
« les petits riens » ?

Au fond d’une poche
au creux d’un rocher
au bord du ciel
dans l’air de ce jour-là
tout au bout de juillet
et si c’était cela
« les petits riens » ?

Rangés dans un placard
galets morceaux de bois
ossements coquillages
plumes de mouettes
pinces de crabes

Et si c’était cela
en écoutant Mozart
derrière la fenêtre
à partir de ma vie
que je voyais passer

— senza indicazione di tempo —

« les petits riens » ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

  

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L’océan là-devant là devant (Milo de Angelis)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’océan là-devant là devant
comme une idée d’aplomb
ou une hémoptysie
dans le plus court intervalle entre les tempes.
Le gris souffre. Le gris n’est pas une couleur
mais un retournement, c’est scruter par terre
l’absolue moitié de toute chose, plier en quatre
les planètes de la fortune
qui nous donnent une limite au fond de la poche,
de même qu’en hiver cette rangée de maisons
signifie marcher côte à côte, être en hiver.

***

L’oceano li davanti lí davanti
come un’idea a perpendioolo
o uno sbocco di sangue
nell’intervallo più piccolo tra le tempie.
Il grigio soffre. Il grigio non è un colore
ma un voltarsi, scrutare per terra
l’assoluta meta di ogni cosa, piegare in quattro
i pianeti della fortuna,
ohe dentro la tasca ci danno un confine,
come questa fila di case, d’inverno,
significa camminarci accanto, essere d’inverno.

(Milo de Angelis)

 

Recueil: L’océan autour de Milan
Traduction: Jean-Baptiste Para
Editions: Maison des écrivains étrangers

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Le héros (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Johann Heinrich Füssli
    
Le héros

Avec les yeux bien ouverts,
le coeur entre les mains
et les poches pleines de colombes,
il regarde le fond du temps.

Il voit son propre désir, hautes lumières,
guirlandes, flèches vertes, tours
d’où tombent les chevelures
et surgissent les splendides batailles.

Il court, la ferveur le heurte,
elle est sa torche et son propre palefroi,
il cherche l’entrée de la ville,
brandit le futur, clame comme les vents.

Tout est là, la rue ouverte
et à distance le miroitement,
l’inexplicable proximité de ce qu’il n’atteint pas
et croit atteindre, et il court.

Un trébuchement n’est pas nécessaire ni une estocade
les corps tombent de leur propre poids,
les yeux reconnaissent un moment
la vérité de l’ombre.

Il se dresse encore,
encore le faucon d’acier bat dans son poing.
Parmi les pierres rebondit la question implorante
de l’homme enfin seul à l’arrivée.

Ensuite c’est la titubation,
le soupçon que la fin n’est pas le commencement ;
et au bout de la rue
qui paraissait si belle
il n’y a plus qu’un arbre sec
et un éventail cassé.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Une fois plus tard je parlerai de quelque chose de beau (Agota Kristof)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Agota Kristof
    
Une fois plus tard je parlerai
de quelque chose de beau
de douces choses tendres
avec une imperceptible tristesse
un soir quand le ciel se remplira de beauté
quand les maisons se feront grises
et tout sera brouillard

Là sous la pluie
parmi les maisons monochromes
je parlerai de l’empire
des feuilles d’automne
car il sera octobre

Derrière le brouillard
vous vous taisez
le col relevé
les mains frileuses dans les poches
sans lumière comme l’ombre

Et la pluie glisse sur nos têtes nues
sous nos cols
douce tendre pluie
tombe sur les maisons sur les arbres
et le ciel devient toujours plus beau

Et la beauté descendra sur vous
avec une imperceptible tristesse
et vous comprendrez que dorénavant
ce sera toujours l’automne

(Agota Kristof)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Clous : Poèmes hongrois et français
Traduction: Maria Maïlat
Editions: Zoé

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La nuit était sa marche (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017


 


 

Valérie Sjodin   Vessels-Valerie-Sjodin

La nuit était sa marche son vêtement ses pupilles
et dans ses poches elle arrondissait ses mains
Elle était plus compagne que son vêtement
Elle était en candeur avec sa foulée
Elle était son jardin refuge et son jardin
limpide des confins
Et elle comprenait qu’il avait faim au-delà du pain.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Valérie Sjodin

 

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Je n’aime que les livres dont les pages sont imbibées de ciel bleu (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Je n’aime que les livres dont les pages sont imbibées de ciel bleu
– de ce bleu qui a fait l’épreuve de la mort.
Si mes phrases sourient c’est parce qu’elles sortent du noir.
J’ai passé ma vie à lutter contre la persuasive mélancolie.
Mon sourire me coûte une fortune.
Le bleu du ciel, c’est comme si une pièce d’or
tombait de votre poche et qu’en l’écrivant je vous la rendais.
Ce bleu en majesté dirait la fin définitive du désespoir
et ferait monter les larmes aux yeux.
Vous comprenez ?

(Christian Bobin)

 

 

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On aimerait parfois (Lucien Noullez)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2017



Illustration
    
On aimerait parfois
Trouver dans la poche du soir l’enfant
qu’on a été,
qui nous regarderait
Sans complaisance et sans colère,
un peu rond de stupeur
et la bouche remplie
de brouillard blanc.

(Lucien Noullez)

 

 

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