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Poésie

Posts Tagged ‘poids’

Post-scriptum (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018




    
Post-scriptum

Dieu qu’elle était fessue la petite serveuse
flattée d’un ceinturon qui lui bridait la taille
marchant à petits pas pour franchir le portail
peinant du poids des yeux sur ses formes pulpeuses.

lorsqu’elle revenait le plateau fier et haut
on attendait déjà l’instant qu’elle se tourne
qu’elle se penche un peu pour souligner ses courbes
et le désir croissait en descendant le dos

le regard s’attachait devinait des promesses
imaginait l’endroit où poser les caresses
se perdait dans l’espoir d’une autre découverte

mais déjà d’un pied ferme elle était repartie
laissant les yeux avides et inassouvis
se heurter à la porte laissée entrouverte

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle
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Les jours ne s’en vont pas longtemps (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Illustration: Théodore Chassériau
    
Les jours ne s’en vont pas longtemps
Mais nous laissent leur poids qui pense.
Mon hiver sert en plat d’argent
Aux jours en grappes de vacances

Sans poids sans ombre, leur ballade
Dévêtit sur mon sol maussade
L’ombre changeante, ou devenir,
Qui s’y répand comme le sang
Interrogeable d’un présent.

Beaux nus dans le soleil mémoire
Volez ou plongez !
nous traitant
De passeurs et de passe-temps
Vers l’ambroisie de notre histoire.
– Allez-vous-en ! pas pour longtemps.

(Olivier Larronde)

 

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La Grande Rencontre (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
La Grande Rencontre n’a pas eu lieu
— n’aura sans doute jamais lieu.
Je vis du poids de son attente.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Il y a bien longtemps que te connaît la terre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



Il y a bien longtemps que te connaît la terre :
comme le pain, comme le bois, tu es compacte,
tu es corps, tu es grappe assurée de substance,
tu as poids d’acacia et de légume d’or.

Tu existes, c’est sûr, puisque tes yeux d’essor
éclairent le réel comme fenêtre ouverte,
puisque aussi tu es faite et cuite dans la boue
à Chillan, dans un four de brique stupéfaite.

Les êtres s’épandant comme l’air, l’eau, le froid,
sont vagues, effacés par le contact du temps,
avant que de mourir ils semblent broyés fin.

Nous deux nous tomberons comme pierre au tombeau.
Ainsi par notre amour qui ne fut consumé
avec nous deux vivra, vivra toujours la terre.

***

Desde hace mucho tiempo la tierra te conoce
eres compacta como el pan ola madera,
eres cuerpo, racimo de segura substancia,
tienes peso de acacia, de legumbre dorada.

Sé que existes no sólo porque tus ojos vuelan
y dan luz a las cosas como ventana abierta,
sino porque de barro te hicieron y cocieron
en Chillán, en un horno de adobe estupefacto.

Los seres se derraman como aire o agua o frío
y vagos son, se borran al contacto del tiempo,
corno si antes de muertos fueran desmenuzados.

Tú caerás conmigo como piedra en la tumba
y así por nuestro amor que no fue consumido
continuará viviendo con nosotros la tierra.

(Pablo Neruda)

 

 

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QUI ECRIT ? (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
QUI ECRIT ?

Toxicomane de la parole
je m’endors sous son poids

Est-ce moi qui écris le poème ?
est-ce le poème qui m’écrit ?

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un nuage m’a visité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Illustration: Carrie Vielle

    
Un nuage m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
son contour dans le vent.

Une ombre m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
le poids d’un autre corps.

Une bouffée d’images m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
l’irréligion du rêve.

Une absence m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
mon image dans le temps.

Et moi je visite la vie.
Je lui laisserai en m’en allant
la grâce de ces restes.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Points

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Au moment de la mort (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration
    
Au moment de la mort,
la vie n’est plus que ce qu’elle est :
de peu de poids.

(Roger Munier)

 

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JE ME DESSÉCHÉ, INERTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
JE ME DESSÉCHÉ, INERTE,
et commence à vieillir;
sur la terre déserte
je reste sans dormir.

Les sèves de la vie
délaissent mes artères,
ne donnant plus d’envie
qu’à ma tristesse amère.

Ma vue faiblit, mes yeux
sont cernés de fossés;
s’étend la taie sur eux
d’un vieux sage blessé.

Me font tourner sans trêve
les clowns de la mémoire
et puis rejouent en rêve
mon passé dérisoire.

Ce chagrin est de plomb.
Pour mon cerveau, quel poids !
Rajeunis-moi ! … Pardon,
bel amour de Flóra !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Il faudrait dire, je crois : à l’origine était l’angoisse (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Il faudrait dire, je crois : à l’origine était l’angoisse.
Parfois il me semble que, si j’arrivais à décrire l’angoisse,
j’en serais délivrée. Mais on ne décrit pas l’angoisse. On l’habite.
Elle vous habite.
Elle est cette constriction affreuse, ce poids,
cette présence intolérable du mystère, de l’inconnu, de l’incompréhensible
— tout cela ne dit rien — cette présence de la mort dans la vie.
Le coup de couteau des souvenirs, le déchirement des tendresses disparues.
La pensée est une blessure, même quand elle n’est pas encore l’obsession,
le remâchage sans fin des hantises.
Mais, sans pensée même, l’angoisse est là.
Et il faut se taire

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Gao Xingjian

 

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C’était tiède – au début – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



C’était tiède – au début – comme Nous —
Puis peu à peu s’y déposa
Une Froideur – de givre sur la Vitre –
La scène entière – s’effaça.

Le Front imita la pierre –
Les Doigts s’engourdirent –
Et comme un Ruisseau sous les Glissades –
Les yeux alertes – se figèrent –

Il se raidit – et ce fut tout –
Entassa Froid sur Froid –
Multiplia l’indifférence –
Fort de son seul Orgueil –

Et même lorsque avec des Cordes –
On le descendit, tel un Poids –
Sans un Signe, sans une hésitation,
Comme un Roc il s’abîma.

***

‘Twas warm – at first – like Us –
Until there crept opon
A Chill – like frost opon a Glass –
Till all the scene – be gone.

The Forehead copied stone –
The Fingers grew too cold
To ache – and like a Skater’s Brook –
The busy eyes – congealed –

It straightened – that was all –
It crowded Cold to Cold –
It multiplied indifference –
As Pride were all it could –

And even when with Cords –
‘Twas lowered, like a Weight –
It made no Signal, nor demurred,
But dropped like Adamant.

(Emily Dickinson)


Illustration: Egon Schiele

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