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Posts Tagged ‘poids’

Juste le poids du secret (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2022



Ce qu’il tient dans sa main
Pour se réconforter

Ne doit pas être lourd,
Ni trop léger.

Juste le poids du secret
Qu’il se destine.

(Guillevic)

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NOTE UNIQUE (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022



 

NOTE UNIQUE

Le monde est à ses rêves
Au plus serré des doigts
C’est le mur qui sans trêve
L’isole à jamais de toi

Il n’est rien que des songes
Le tien est de croire prendre
Quand tout te fuit par le sien
Quand le tien même te fuit

Les arbres et leurs sèves
Sont à d’autres forces
Plus dure que leur rêve
Il n’est pas d’écorce

Tu les poursuis en vain
Ils poursuivent leur rêve
Tu cours tu n’atteins rien
Tu es le mauvais élève

Passe comme le vent
Passe comme la vie
A peine soulevant
Le poids d’une chenille.

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Martin Schoeller

 

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On croit aimer (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



 

Adrian Borda   My_Summer_Wine_by_borda [1280x768]

On croit aimer, c’est soi qu’on aime
et l’on s’épuise aux précipices de ses joies
la chute épouse l’air dépossédé qui tremble
avec les mots qu’on prête à l’autre voix
avec la voix offerte aux mots de l’autre
avec tant de vertus qui sont des fautes
tant de vertiges qu’on donne et reçoit
et tant d’ombres vives qui nous ressemblent
Se perdre à deux, se retrouver quand même
ô grand amour, bonheur des erreurs très sereines
et secourable espoir de se tromper ensemble
au même instant, au même lieu, d’un même poids.

(Robert Mallet)

Illustration: Adrian Borda 

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A hauteur de monde (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022


Fourmis_au_travail

 

l’ombre sans poids du papillon
sur la dalle de grès rose

le charivari des merles
dans le ventre du magnolia

les zigzags des fourmis
trimbalant graines et brindilles

tu ne connais pas d’autre joie
que celle de vivre

à hauteur de monde

(ni au-dessus, ni à côté, ni au-delà)

(Thierry Cazals)

 

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SIESTE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2022



SIESTE

La Pentecôte des rochers. Et les langues qui grésillent…
La ville est sans poids dans l’espace de midi.
Une mise au tombeau dans la clarté ardente. Un
tambour couvre
les coups de poing de l’éternité séquestrée.

L’aigle monte monte au-dessus des dormeurs.
Un sommeil où la roue du moulin se retourne comme
l’orage.
Le galop d’un cheval dont les yeux sont bandés.
Les coups de poing de l’éternité séquestrée.

Les dormeurs pendent comme des poids à l’horloge
des tyrans.
L’aigle dérive, mort, dans les flots du torrent éclatant
du soleil.
Et dans le temps résonnent – comme dans le cercueil
de Lazare –
les coups de poing de l’éternité séquestrée.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

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C’EST AINSI QU’ON ÉCOUTE (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2022




    
C’EST AINSI QU’ON ÉCOUTE

Que peuvent faire le bâtard et l’aveugle
Dans un monde où chacun
A son père et des yeux ? Où passions
Et jurons traînent sur tous les remblais,
Où les larmes s’appellent rhumes de cerveau ?

Qu’ai-je à faire moi, chanteuse de métier,
Sur un fil, glace, soleil, Sibérie !
Obsessions, danses et chants sur les ponts
Moi légère, dans ce monde
de poids et de comptes ?

Qu’ai-je à faire moi — chanteur et premier-né,
Dans ce monde où l’on met les rêves en conserves,
Où le plus noir est gris… Un monde de mesure
Avec mon être — tout de démesure !

C’est ainsi qu’on écoute (l’embouchure
écoute la source).
C’est ainsi qu’on sent la fleur :
profondément — à en perdre le sens !

C’est ainsi que dans l’air, qui est bleu,
la soif est sans fond.
C’est ainsi que les enfants dans le bleu des draps
regardent dans la mémoire ;

C’est ainsi que ressent dans le sang
l’adolescent — jusqu’alors un lotus…
C’est ainsi qu’on aime l’amour :
on tombe dans le précipice.

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans la cheminée des hommes… (Serge Wellens)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Dans la cheminée des hommes…
À la mémoire de Catinou tué par la guerre

Dans la cheminée des hommes
il a brûlé comme un cierge
sa complainte n’a pas fait
danser longtemps les grandes flammes

Arbre à l’écorce tendre où
le vent mord à pleines dents
Arbre pliant sous le poids d’un oiseau

ses racines n’allaient pas loin
dans le sommeil de la terre

Toute sa vie il l’a vécue
dans l’attente du bûcheron

jamais il n’eut d’autres fruits
que ses fleurs.

(Serge Wellens)

Recueil: Guerre à la guerre
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Désert vivant (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




Illustration: Gabriel Lefebvre
    
Désert vivant

Écoute ce silence
Le désert est à nos portes
Voici que s’avance
La muette cohorte

Poids figé des dunes
Crêtes miragées
Ce soir sous la lune
Fleurit l’apogée

La caravane évanouie
Dans ce sable opulent
Trace l’inouï

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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Comme un vieux Chinois… (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2022




Comme un vieux Chinois qui peint avec art
Une libellule, un jonc qui s’incline
Vers le double éclat d’un beau nénuphar,
Est-ce toi, crapaud, dont le chant dessine

Sous la lune bleue un monde moins froid?
Un souffle invisible attendrit l’espace.
Les monts embrumés allègent le poids
Qui comprime encor la claire surface.

(Pierre Menanteau)

Illustration

 

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CARPE DIEM (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022



 

Jordanka Yaretz  green-apple-tree- [1280x768]

CARPE DIEM

Prends Je jour, saisis-le par les épaules
Le jour blanc corps et âme, noueux
Plus que le bois de hêtre et blanc plus que le saule,
Etreins-le entre tes bras telle une femme et mieux

Ce jour peut-être le dernier non pas des tiens
Dernier anneau de la chaîne des mondes
Sache de tout ton poids faire qu’il rende
Et de sa noble forme le réduire à rien

Comme on fait d’un beau corps moiré par la lumière
Tout chatoyant du reflet des vergers
Quand le fruit encor vert se refuse à la guêpe
Et se donne à l’été.

(Franz Hellens)

Illustration: Jordanka Yaretz

 

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