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Poésie

Posts Tagged ‘poindre’

Je suis colombe (Haviva Pedaya)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Je suis colombe lâchée hors de l’arche
En vain mon aile errante parcourt les eaux sans fin
Mon âme pleure, nul ne l’entend
Mon Dieu devant toi oubliée
Dans d’épaisses ténèbres reléguée
Je me languis de toi et je te recherche
Et j’espère qu’au fin fond de la fosse
Poindra en moi la lumière

(Haviva Pedaya)


Illustration

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SONNET (Luis de Camoëns)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



SONNET

Amour est feu qui brûle et qu’on ne voit;
Plaie qui fait mal sans qu’on le sente;
Contentement qui mécontente;
Douleur qui vous égare et qui ne poind;

C’est non-vouloir plus grand que le vouloir;
C’est être seul chez les nombreux;
C’est le bonheur sans être heureux;
C’est croire que l’on gagne alors qu’on perd.

C’est librement vouloir être en prison,
Et vainqueur servir le vaincu,
Être loyal pour qui vous tue;

Mais comment pourrait il favoriser
Au coeur des hommes l’amitié,
Si à soi-même Amour est si contraire ?

***

Amor é fogo que arde sem se ver;
É ferida que dói e não se sente;
É um contentamento descontente;
É dor que desatina sem doer;

É um não querer mais que bem querer;
É solitário andar por entre a gente;
É nunca contentar-se de contente;
É cuidar que se ganha em se perder;

É querer estar preso por vontade;
É servir a quem vence, o vencedor;
É ter com quem nos mata lealdade.

Mas como causar pode seu favor
Nos corações humanos amizade,
se tão contrário a si é o mesmo Amor?

(Luis de Camoëns)

Illustration: Canova

 

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WAKAN (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

blue-mountains

WAKAN
« J’ai senti quelque chose dans ma tête. »

Que c’est beau, que c’est beau

il n’y a rien de plus beau
la lumière bleue qui point sur la montagne

la lune qui descend dans la pluie
rien, il n’y a rien de plus beau

*

WAKAN
« I felt something in my mind. »

This is beautiful, this is beautiful
nothing is more beautiful than this

blue light breaking in the mountains
moon going down through the rain

nothing is more beautiful than this

(Kenneth White)

 

 

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LA SORELLA DELL’ AMORE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



LA SORELLA DELL’ AMORE

Mort, que fais-tu, dis-nous, de tous ces beaux trophées
De vierges que nos feux brûlent sur tes autels ?
Réponds, quand serons-nous pour jamais immortels
Aux lumineux séjours des célestes Riphées ?

J’eus vécu l’Idéal. Au paradis des Fées
Elle était !… Je ne sais, mais elle avait de tels
Yeux que j’y voyais poindre, aux soirs, de grands castels
Massifs d’orgueil parmi des parcs et des nymphées…

Ma chère, il est vesprée, allons par bois, vie ns-t’en,
Nous suivrons tous les deux le chemin brut et rude
Que tu sais adjoignant la chapelle d’Antan.
Ma voix t’appelle, ô soeur! mais ta voix d’or m’élude,
Lucile est morte hier, et je sanglote, étant
Comme une cloche vaine en une solitude.

(Emile Nelligan)


Illustration: Jean-Gabriel Domergue

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Arbre du sacrifice (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Carmen Meyer
    
Arbre du sacrifice

Pointant
Vers le silence extrême
Tu fus la plaie
Et le couteau
Arbre du sacrifice

Au vif d’une croissance intime
Poursuis
Parmi les fibres
Le rêve rigoureux
Jusqu’aux ténèbres
De ta chair.

Voici poindre une lueur
Derniers bourgeons offerts
A la haine
Qui te meurtrit.

En pure perte.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Le vent je l’entends qui soupire (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Le vent je l’entends qui soupire
L’automne n’a pas plus triste accent,
Au sol les feuilles mortes gisent
Aussi serrées que fleurs du printemps —

Cette nuit sombre m’a invitée
À vagabonder au loin.
Des sentiments anciens sur moi fondent
Comme vautours cernant leur proie —

Tendres ils furent jadis, et chéris,
Mais froids et sans joie à présent —
Que leur ombre tenace n’a-t-elle péri
Quand leur lumière a fui mon front !

On dirait la vieillesse qui feint
La souplesse de l’enfant,
Mon âme faussée durcie quand elle se plie
À leurs fantaisies sauvages

Pourtant je pourrais avec les plaisirs d’hier,
Du malheur d’hier obtenir l’oubli —
Afin que par la mort de mes plus chers trésors
Meurent mes plus mortels soucis

Oh alors l’aube d’un nouveau jour
Poindrait peut-être là-haut —
Un autre été dorerait ma joue,
Mon âme, un autre amour —

***

The wind I hear it sighing
With Autumn’s saddest sound,
Withered leaves as thick are lying
As spring flowers on the ground —

This dark night has won me
To wander far away.
Old feelings gather fast upon me
Like vultures round their prey —

Kind were they once, and cherished,
But cold and cheerless now —
I would their lingering shades had perished
When their light left my brow

Tis like old age pretending
The softness of a child,
My altered hardened spirit bending
To meet their fancies wild

Yet could I with past pleasures,
Past woe’s oblivion buy —
That by the death of my dearest treasures
My deadliest pains might die

O then another daybreak
Might haply dawn above —
Another summer gild my cheek,
My soul, another love —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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La brise matinale câline les champs (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Ténue, comme oubliée d’Eole,
La brise matinale câline les champs
Et le soleil commence à poindre.
N’allons pas désirer en cette heure, Lydia,
Plus de soleil que l’heure, ni plus de forte brise
Que celle-là, légère, qui existe.

(Fernando Pessoa)

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Ce qui est là dans le là (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



Ce qui est là dans le là
Point à la ligne
Retour insurgé
D’un seuil de blanc
Et distance conçue
Comme parcours sans bord
Mais vrillé dans l’espace
D’une voie étroite
Main courant dans le temps
De l’arc-en-ciel
Chaque couleur a sa place
De simple appui

(Heather Dohollau)

 

 

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Toujours (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2016


rap2009_nuit4

la nuit tombe l’aube point
toujours les arbres grandissent
dehors
grandissent dedans

(Jacques Dupin)

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Loin, loin (Lucie Albertini)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2016



Loin, loin,
Au crépuscule haut
L’étoile point.

Je demande à la nuit
Une réponse qu’elle ignore.

Je ne sais pas aimer assez
Pour m’identifier au mystère.

(Lucie Albertini)

Illustration: Renaud Baltzinger

 

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