Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pointu’

Cailloux (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Cailloux

J’ai lancé des cailloux
Ronds comme des billes
Pointus comme des poignards
Aux formes étranges
Des cailloux
A retrouver les chemins
Des cailloux
A ricocher sur l’étang

Je les ai lancés au ciel
D’où ils sont retombés
A la mer qui en a fait des galets
Ou du sable
Aux oiseaux dont ils arrachèrent quelques plumes
Au soleil dans son tabernacle de nuages
A la porte de la nuit
Et à la vitrine du jour
A des chiens qui voulaient me mordre
Et à des fantômes qui me menaçaient

(Jean-Baptiste Besnard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

JOLIE MÔME (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Harding Meyer 1964 - Brazilian Portrait painter -   (4) [1280x768]

T’es tout’ nue
Sous ton pull
Y a la rue
Qu’est maboul’
Jolie môme
T’as ton cœur
A ton cou
Et l’bonheur
Par en d’ssous
Jolie môme
T’as l’rimmel
Qui fout l’camp
C’est l’dégel
Des amants
Jolie môme
Ta prairie
Ça sent bon
Fais-en don
Aux amis
Jolie môme
T’es qu’un’ fleur
Du printemps
Qui s’fout d’l’heure
Et du temps

T’es qu’un’ rose
Eclatée
Que l’on pose
A côté
Jolie môme
T’es qu’un brin
De soleil
Dans l’chagrin
Du réveil
T’es qu’un’ vamp
Qu’on éteint
Comm’ un’ lampe
Au matin
Jolie môme
Tes baisers
Sont pointus
Comme un accent aigu
Jolie môme
Tes p’tits seins
Sont du jour
A la coque
A l’amour
Jolie môme
Ta barrière
De frou-frous
Faut s’la faire
Mais c’est doux
Jolie môme
Ta violette
Est l’violon
Qu’on violente
Et c’est bon
Jolie môme
T’es qu’un’ fleur
De pass’ temps
Qui s’fout d’l’heure
Et du temps
T’es qu’une étoile
D’amour
Qu’on entoile
Aux beaux jours
Jolie môme
T’es qu’un point
Sur les « i »
Du chagrin
De la vie
Et qu’une chose
De la vie
Qu’on arrose
Qu’on oublie
Jolie môme

T’as qu’un’ paire
De mirettes
Au poker
Des conquêtes
Jolie môme
T’as qu’un’ rime
Au bonheur
Faut qu’ça rime
Ou qu’ça pleure
Jolie môme
T’as qu’un’ source
Au milieu
Qu’éclabousse
Du bon dieu
Jolie môme
T’as qu’un’ porte
En voil’ blanc
Que l’on pousse
En chantant
Jolie môme
T’es qu’un’ pauv’
Petit’ fleur
Qu’on guimauv’
Et qui meurt
T’es qu’un’ femme
A r’passer
Quand son âme
Est froissée
Jolie môme
T’es qu’un’ feuille
De l’automne
Qu’on effeuille
Monotone
T’es qu’un’ joie
En allée
Viens chez moi
La r’trouver
Jolie môme

T’es tout’ nue
Sous ton pull
Y a la rue
Qu’est maboule

JOLIE MÔME !

(Léo Ferré)

Illustration: Harding Meyer

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bonjour, bonjour, mon vieil âge (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Olga Naletova_ Vieux clown

Bonjour, bonjour, mon vieil âge
(j’avais perdu mon visage)
Pour vingt sous moins un écu
je vends mon chapeau pointu.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Olga Naletova

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DISSIDENT (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



DISSIDENT

Turlututu-chapeau pointu,
par un temps de jeu de l’oie,
s’amusait à la cachemanille.
Il y a des choses qu’on ne fait pas.
Turlututu-chapeau pointu pleurait des larmes de sang un jour de quolibets.
Il y a des choses qu’on ne fait pas.
Renversez le monde, il vous renverse.
Turlututu est condamné à vivre sur sa pointe comme une toupie.

(Norge)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Devant l’écran pâle du soir (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



    
Devant l’écran pâle du soir,
l’église, avec ses tours pointues,
et le large campanile
où doucement se balancent les cloches,
se dresse, haute et sombre.

L’étoile est une larme
dans l’azur céleste.
Sous l’étoile claire
flotte, flocon échevelé,
un chimérique nuage d’argent.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’épine d’une passion (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



épine au coeur

l’épine d’une passion;
un jour j’ai pu me l’arracher :
je ne sens plus mon coeur.

Et toute la campagne un instant
demeure, muette et sombre,
pour méditer. Le vent retentit
dans les peupliers de la rivière.

Mais le soir s’obscurcit encore;
et le chemin qui tourne, tourne,
et blanchit doucement,
se trouble et disparaît.

Mon chant recommence à pleurer :
«Épine pointue et dorée,
ah! si je pouvais te sentir
dedans mon coeur clouée.»

(Antonio Machado)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Emploi du temps (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Emploi du temps

Le vent pointu
Secoue les démons de la fête
Il me reste très peu de temps
Pour reconnaître enfin la nuit

Je ne sais pas si je vais vivre
Assez pour suivre ces flocons
Oui s’entêtent à ne pas fondre

Je ne sais pas si ce sang fluide
Oui fait comme un rempart entre les jours
Où rien ne se passe et les arcs-en-ciel de gaieté
Fera assez de bruit aux tempes des années

Mais il faudra quand même se lever
Et pousser cette porte
Oui donne sur les pavés du soleil
Et chasser les lièvres de l’aube
Avant que les démons de l’intérieur donnent l’alarme

Il faudra bien faire toilette
Pour les amis qui vont venir
Ensemble nous nous posterons près du sablier.

(Robert Momeux)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UN POÈTE RIT DANS SON BATEAU (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018




    
UN POÈTE RIT DANS SON BATEAU
Ouan-Tsi

Le petit lac, pur et tranquille,
ressemble à une tasse remplie d’eau.

Sur ses rives, les bambous ont des formes de cabanes,
et les arbres, au-dessus, font des toitures vertes.

Et les grands rochers pointus, posés au milieu des fleurs,
ressemblent à des pagodes.

Je laisse mon bateau, glisser doucement sur l’eau,
et je souris, de voir la nature, imiter ainsi les hommes.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un poème obscène (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Albert Lichten
    
Un poème obscène

La fille en bikini, ma
femme, la dame — elle s’assoit sur
les rochers, à croupetons
derrière un obstacle pointu.

Calamars, cannelloni —
la fille du pêcheur.
La nuit, un ressac monotone
au long des plages

et légère à marée basse
sur les rochers
doucereuse onduleuse
elle revient.

(Robert Creeley)

 

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je voudrais pas crever (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



Illustration: Martin Matje
    

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j’apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algues
Sur le sable ondulé
L’herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L’odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort…

(Boris Vian)

 

Recueil: Je voudrais pas crever
Traduction:
Editions:

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :