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Poésie

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LES JAMBES DE BOIS (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



LES JAMBES DE BOIS

Quand on perd une jambe à la guerre
On en met une autre de bois
Car i1 parait qu’on a beau faire
Les jambes ne repoussent pas.

Mais peut-on me dire pourquoi
I1 ne pousse pas de feuilles sur les jambes de bois ?

Des feuilles toute vertes
Avec des tas d’insectes,
Des feuilles toute belles
Où les papillons viendraient réparer leurs ailes…

Le soleil voudrait se mettre de la partie
Il pourrait y grimper des fruits,
Et ça serait tout de même chic
D’avoir sur soi des poires
Qu’on prendrait sans histoires
Des pommes et des prunes et des petits pois chiches !

Si tous les hommes avaient une jambe de bois
Qu’on arroserait bien les jours qu’il ne pleut pas
Ca f’rait une forêt qui n’en finirait pas.

(René de Obaldia)


Illustration: Michel Michaux

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Les Lessiveuses (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2022



Illustration: Marfa Indoukaeva
    
Les Lessiveuses

Les femmes sont dans le verger,
où le cordeau de la lessive est
tendu entre les pommiers.

L’une est en train d’y pendre une
chemise qu’elle fixe avec des pinces de
bois (et le mouvement de ses bras fait
remonter sa jupe à pois);

la deuxième à croppetons dans le
soleil prend le linge dans une seille;
la troisième renoue en riant ses
cheveux défaits par le vent.

Dans le pré qu’on vient de faucher
les premiers colchiques ont percé;
il fait déjà froid soir et matin, l’eau coupe
la peau des mains et la fait sauter;
les blanchisseuses ont les mains rouges.

Elles lèvent des mains rouges devant le linge blanc ;
mais, parce qu’elles sont jeunes, elles rient dans le vent
qui vient sur elles, les pressant
entre ses bras comme un danseur,

et leur fait faire un tour sur place en
les serrant contre son coeur.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Moi j’irai dans la lune (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



Moi, j’irai dans la lune
Avec des petits pois,
Quelques mots de fortune
Et Blanquette, mon oie.

Nous dormirons là-haut
Un p’tit peu de guingois
Au grand pays du froid
Où l’on voit des bateaux
Retenus par le dos.

Bateaux de brise-bise
Dont les ailes sont prises
Dans de vastes banquises
Et des messieurs sans os
Remontent des phonos.

Blanquette sur mon coeur
m’avertira de l’heure :
Elle mange des pois
Tous les premiers du mois.

Elle claque du bec
Tous les minuits moins sept.
Oui, j’irai dans la lune !
J’y suis déjà allé
Une main dans la brume
M’a donné la fessée,

C’est la main de grand-mère
Morte l’année dernière.
(La main de mon Papa
Aime bien trop les draps !)

Oui, j’irai dans la lune,
Je vais recommencer.
Cette fois en cachette
En tenant mes souliers.

Pas besoin de fusée
Ni de toute une armée,
Je monte sur Blanquette
Hop ! on est arrivé.

(René de Obaldia)

Illustration: Corinne Delhaye

 

 

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Mémé écosse des petits pois (Jean-Pascal Dubost)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

petits pois

Mémé écosse des petits pois,
tu fais tourner la meule
aiguises les couteaux la faux
et la sarclette,
il y a
le silence pesant et tacite
des vieux paysans,
il y a
moi qui cours partout
et qui n’ai pas encore compris.

J’AI L’AGE DE COMPRENDRE PLUS TARD

(Jean-Pascal Dubost)

 

 

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La servante écosse les pois (Marie Rose de France)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Myles Birket Foster Ecosser les pois

La servante écosse les pois
Sans voir leurs sourires

(Marie Rose de France)

Illustration: Myles Birket Foster

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Brillent tes yeux (Cécile Guivarch)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
brillent tes yeux tant que lumières
en sont tous fous de les voir
s’agrandir devant trois petits pois

(Cécile Guivarch)

 

Recueil: Te visite le monde
Traduction:
Editions: Les carnets du Dessert de Lune

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MARCHAND DE BALLONS (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



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MARCHAND DE BALLONS

Au marché de petite banlieue
Un homme loquace fait l’article de ses ballons de couleur :
— « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Autour de lui, un cercle de petits enfants pauvres,
Regarde avec des yeux extasiés les grands ballons ronds.

Cependant le marché bat son plein.
Voici qu’arrivent les dames pauvres,
Et les servantes des dames riches,
Et les femmes du peuple, et les blanchisseuses des alentours.
Sur l’étal des poissonniers,
Dans les échoppes de céréales,
Auprès des paniers de légumes,
On marchande avec acrimonie pour un sou.

Les enfants pauvres ne voient ni les tendres petits pois
Ni les tomates écarlates,
Ni les fruits,
Ni rien.

On comprend bien que pour eux ici au marché
la seule marchandise utile et vraiment indispensable
ce sont les ballons de couleur.
Le vendeur infatigable bonimente :
– « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Et autour de l’homme loquace les petits enfants pauvres font
un cercle inamovible de désir et d’émerveillement.

(Manuel Bandeira)

Illustration

 

 

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Réveil (Malcolm Lowry)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Réveil

L’homme ressemble à un homme qui se lève tard
Contemple l’assiette sale de son dîner
Aussi les bouteilles vides
Toutes lampées dans les larges comment vas-tu d’une nuit
Un verre pourtant contenant encore
Un fond comme sinistre appât
Combien l’Homme ressemble à celui-là
Titubant parmi les arbres rouillés
Allant chercher un déjeuner de pois de sardines
Et de rhum éventé.

***

Eye-Opener

How like a man, is Man, who rises late
And gazes on his unwashed dinner plate
And gazes on the bottles, empty too,
All gulphed in last night’s loud long how-do-you-do,
—Although one glass yet holds a gruesome bait—
How like to Man is this man and his fate—
Still drunk and stumbling through the rusty trees
To breakfast on stale rum sardines and peas.

(Malcolm Lowry)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Ce que devient ton cœur sous les pois de senteur (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Ce que devient ton cœur sous les pois de senteur
Tes mains dures et dorées par les saisons elles changent
Ton cœur est sous tes mains et toi sous les fleurs.

(Valérie Rouzeau)

 

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Les liserons mangent des bonbons (Huguette Amundsen)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Les liserons mangent des bonbons
et boivent de grands verres d’eau au sirop
ils se lèvent très tôt
tombent à la renverse
avalent l’eau du puits
avec maintes courbettes
puis grimpent sur les bancs
avec des lorgnettes pour voir les passants
ils sont très avenants
se pincent les bras
conversent avec les racines volubiles
ils disent des gros mots
à un tas de crottin hautain
qui dit je suis mondain
et rient d’un grand dindon
avec son hoquet qui bat la breloque
le jour ils font la sieste
en se tournant les sangs
avec des airs absents
le soir ils se bercent car ils sont délicats
puis s’endorment à nouveau comme des chats câlins
ils se croient au château
dans du terreau bien gras
où ils jouent du violon
en écossant des pois

(Huguette Amundsen)

Illustration

 

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